septembre 24, 2020

Les Visiteurs

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De : Jean-Marie Poiré

Avec Christian Clavier, Jean Reno, Marie-Anne Chazel, Valérie Lemercier

Année : 1993

Pays : France

Genre : Comédie

Résumé :

Comment en l’an de grâce 1112 le comte de Montmirail et son fidèle écuyer, Jacquouille la Fripouille, vont se retrouver propulses en l’an 1992 après avoir bu une potion magique fabriquée par l’enchanteur Eusaebius leur permettant de se défaire d’un terrible sort.

Avis :

Après avoir réuni Christian Clavier, Jean Reno et Valérie Lemercier en 1991 pour son « Opération Corned-Beef« , film qui connut un très gros succès, se plaçant dans le classement des tops de l’année, Jean-Marie Poiré récidive avec la même équipe deux ans plus tard avec ce premier « Les Visiteurs » qui eut le succès qu’on lui connaît.

Immense succès critique et surtout commercial, « Les Visiteurs » est le plus gros succès de Jean-Marie Poiré à ce jour et l’on peut aisément comprendre pourquoi, tant ce premier, de ce qui sera une future trilogie, est hilarant. Sur une idée originale et un peu folle de Poiré et Christian Clavier, « Les Visiteurs » est un film qui se déguste presque sans faim tant chaque instant et chaque réplique est culte.

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Le comte de Montmirail vient de prouver sa bravoure au Roi de France Louis VI, dit le gros. Pour le récompenser, le Roi donne alors en épousaille la fille du Duc de Pouille. Allant rejoindre sa bien-aimée, sur le chemin, il arrête une sorcière. Cette dernière va alors empoisonner la gourdasse du comte. Pris d’hallucination, il va alors abattre son père d’une flèche dans la tête et ainsi compromettre son mariage. Voulant à tout pris réparer son erreur, Godefroy fait donc appel au pouvoir du grand enchanteur Eusebius. Ce dernier propose au comte de repartir quelque peu en arrière afin de dévier la flèche de son arbalesterie et ainsi éviter de tuer le Duc. Ayant peur d’être changé en cul de nonne, le comte fait d’abord boire son fidèle écuyer Jacqouille pour voir si celui-là se transforme ou meurt. Ne se passant rien, le comte boit alors la potion. L’enchanteur prononce donc la formule et voici le comte et sa fripouille envoyés dans les couloirs du temps. Mais l’enchanteur bafouille et à la place de les renvoyer quelques instants avant le drame, il les a envoyés en 1993.

« Les Visiteurs« , c’est peut-être bien la comédie la plus drôle des années 90. L’idée de ce choc des cultures est terrible et l’on peut que s’amuser devant. Avec ce film, Jean-Marie Poiré nous offre un très très bon divertissement dont le comique de situation déborde de l’écran à tout instant.

Avec un scénario plutôt astucieux, le réalisateur nous emporte dans un tourbillon de gags qui font mouche à chaque fois. Ce que l’on aime dans ce film, c’est que l’intrigue est bien foutue. Bien sûr, il y a le côté comique qui est prépondérant et le réalisateur aurait pu se contenter de faire une simple comédie qui aurait pu être un enchaînement de sketchs, ce qui aurait sûrement marché au vu du talent des acteurs et l’impact des personnages, mais c’est avec une certaine intelligence que Jean-Marie Poiré est allé chercher plus loin et nous offre une intrigue avec un arc narratif bien construit. Les héros auront des éléments à trouver, des choses à résoudre pour enfin pouvoir rentrer chez eux. Alors certes, ce n’est pas très creusé, c’est même assez simple, mais ça fonctionne et la quête de Godefroy se suit avec plaisir.

L’autre très bon côté du film, c’est bien sûr ses répliques. Écrits par Poiré et Clavier, les deux se sont lâchés et nous ont pondus des dialogues qui sont aujourd’hui gravés dans notre culture. Quand on regarde Les Visiteurs, on va de répliques hilarantes en répliques toutes plus cultes finalement les unes que les autres. Balancées avec une belle énergie et surtout une folie communicative, on se fend la gueule devant la débilité des dialogues imaginés, devant le répertoire revisité de la langue française, puis devant les situations et les réactions étonnantes de désespoir des personnages contemporains.

Très bien dosé, avec des personnages aussi exubérants et dingues qui peuplent le film, Jean-Marie Poiré arrive à ne pas trop en faire, ce qui est bien vu. Et pourtant, la limite aurait pu être très facilement franchie et le réalisateur aurait facilement pu soûler à force de surenchère. Mais ici, ça fonctionne bien, c’est plaisant et très divertissant. On en redemanderait presque encore un peu.

À toute bonne comédie culte, il faut des personnages cultes, ce que l’on trouve dans ce film. Des personnages qui sont campés par des acteurs possédés et irremplaçables dans leurs rôles. Qui d’autre que Clavier pour jouer Jacquouille ou Jacques Henri Jacquart ? Qui d’autre que Jean Reno pour jouer Godefroy ? Ou encore Marie-Anne Chazel ou Valérie Lemercier ? Personne, et ce constat se fait avec tous les comédiens. Que ce soit Isabelle Nanty, Christian Bujeau, Pierre Val, même Tara Gano qui joue la sorcière ou encore François Lalande qui joue le curé sont mémorables et irremplaçables. En fait, à bien y penser, ce premier « Visiteurs » est une leçon de casting. Les suites seront plus discutables.

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Revoir « Les Visiteurs » est donc toujours un véritable plaisir. Tout ici est excellent, que ce soit l’histoire, les comédiens, les dialogues, la musique (ah la musique d’Era) et même les décors et les costumes. Bref, avec ce premier film, Jean-Marie Poiré et ses acteurs avaient tout compris et n’en déplaise à beaucoup, « Les Visiteurs » reste de la grande comédie française.

Note : 18/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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