décembre 4, 2020

Supergirl Saison 1

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D’Après une Idée de : Allison Adler, Andrew Kreisberg et Greg Berlanti

Avec Melissa Benoist, Mehcad Brooks, Calista Flockhart, Chyler Leigh

Pays : Etats-Unis

Genre : Super-Héros

Nombre d’Episodes : 20

Résumé :

Les aventures de Kara Zor-El, la cousine de Superman, alias Supergirl. A 24 ans, la jeune femme, qui mène sa vie en marge de celle de son célèbre cousin, se sent impuissante face à ses pouvoirs extraordinaires qu’on lui a appris à ne pas utiliser. Employée dans un grand média de National City, elle va se retrouver à mener une double vie pour combattre le crime dans sa ville.

Avis :

L’univers des super-héros connait un essor sans précédent ces dernières années, notamment grâce à l’avènement des effets spéciaux. Si auparavant, faire voler des hommes était visible et devenait vite ridicule, les producteurs et les réalisateurs n’ont plus ce problème là avec le numérique. Nouvelle mythologie de nos chères têtes blondes, les super-héros de comics ont remplacé peu à peu les dieux grecs et romains afin de s’installer tranquillement au panthéon des références culturelles populaires. Et si le cinéma s’est vite vu le médium idéal pour mettre en mouvement les planches de comics existant depuis la fin des années 30 (Superman date de 1938 et Batman de 1939), la télé a trouvé le créneau pour parfaire ces univers ou proposer une vision parallèle plus humaine.

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Seulement, aujourd’hui, le super-héros commence à phagocyter les écrans et les idées. Totalement omniprésents, il ne se passe pas un jour sans qu’un mutant ou un homme costumé ne soit derrière un écran à sauver le monde ou sa petite ville. Ainsi, Marvel et DC se font une guerre sans merci et on a parfois l’impression de n’avoir aucun choix dans les salles obscures. Il suffit de voir cette année avec Batman V Superman, X-Men Apocalypse, Deadpool, Captain America Civil War et sûrement d’autres que j’oublie. Mais la télé n’est pas en reste, puisque les séries commencent aussi à devenir redondantes dans leurs univers à l’image de DC qui propose en simultanée Arrow, The Flash, Supergirl et DC’s Legends of Tomorrow. Et si les deux premières sont déjà bien installées, ce n’est pas le cas pour le lénifiant Supergirl et le tout naze Legends of Tomorrow.

Pourtant Supergirl partait plutôt bien, prenant à contre-pied ce qui fait le succès des films de super-héros aujourd’hui, la noirceur. Très positif et optimiste, Supergirl s’ancrait dans un courant old school mais salvateur dans le domaine des héros en collant. Très proche du comic et arpentant le chemin initiatique d’une super-héroïne en devenir, la série tient la route sur ses premiers épisodes. D’autant plus que les thématiques tiennent plutôt la route, affichant un féminisme volontaire, où toutes les femmes sont fortes et les hommes gravitant autour d’elles n’ont pas beaucoup de pouvoir. Pour preuve, il s’agit d’un journaliste et d’un informaticien. Seul demeure le Limier Martien, mais qui se révélera vers la fin. Bref, tous les ingrédients sont présents pour faire de Supergirl une réponse à Smallville tout en proposant un univers différent des films, plus sombres et plus adultes.

Seulement, la série va vite montrer ses limites, aussi bien sur le papier que visuellement. N’ayant pas les moyens des grosses boites de production du cinéma, certains effets visuels sont assez moches, notamment les scènes de vol, et certains passages peineront vraiment à convaincre. Mais finalement, le plus embêtant reste l’évolution des personnages et la tournure romantique sans intérêt que prend la série. En effet, alors qu’il aurait été de bon ton de faire monter la pression et de jouer sur les différents liens familiaux pour tendre un piège à Supergirl (qui s’est fait adopter sur Terre et dont la tante veut détruire la planète), la série préfère jouer sur des faux-semblants grossiers et des amourettes de village qui n’ont aucun enjeu. Et c’est là-dessus que la série se plante en beauté. On se retrouve encore avec des épisodes inutiles où le fil rouge n’avance pas, mais on nous présente un vilain qui va se faire fracasser la tronche. Si cela est sujet à présenter des personnages de comics que l’on n’a pas l’habitude de voir comme Red Tornado, Maxwell Lord ou encore Silver Banshee, il n’empêche que la série masque juste sa vacuité au niveau de l’histoire principale. D’autant plus que ces épisodes sont dénués de dramaturgie, la faute à un personnage quasiment indestructible qui trouvera toujours une solution à la fin, enlevant tout suspens.

Ceci étant dit, on ne peut pas imputer cela aux comédiens qui sont relativement bons et certains attachants. Melissa Benoist montre toute l’étendue de son talent et sa plastique superbe, dans des moments de rage où elle demeure absolument parfaite. Chyler Leigh jouant sa sœur et comme une seconde mère pour elle et l’actrice, très charmante, tient bien son rôle sans jamais trop en faire. Le principal problème proviendra de Maxwell Lord joué par Peter Facinelli, qui surjoue à mort son rôle de bad guy qui sont devenir gentil. Enfin, Calista Flockhart trouve un rôle détestable au départ, mais elle deviendra attachante par a force des choses et sera peut-être le personnage le plus intéressant, faisant preuve d’une autodérision ahurissante, en témoigne une réflexion sur l’âge avancé d’Harrison Ford qui lui ferait des avances. Le vrai problème reste l’évolution de certains personnages et la fin complètement incompréhensible qui ne tient absolument pas la route.

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Au final, la première saison de Supergirl n’aura tenu que quelques épisodes, noyant le poisson avec un optimisme assumé et cachant sa vacuité derrière une bonne humeur ambiante. Seulement, tenir sur vingt épisodes demande une certaine rigueur d’écriture que n’a clairement pas la série, se contentant d’ajouter un alien par épisode pour cacher la maigreur de son scénario et le manque d’idées pour parvenir à brasser des thèmes différents de Superman comme la déité. Il en résulte une baisse flagrante de régime à partir de la seconde moitié, générant des codes déjà vus et revus qui n’ont pour but que de satisfaire la midinette de quatorze ans, essayant de se projeter en working girl super-héroïne. Un féminisme finalement puant masqué derrière un optimisme opaque et qui fait feu de paille.

Note : 08/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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