octobre 27, 2020

Green Room – Vert de Rage

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De : Jeremy Saulnier

Avec Anton Yelchin, Imogen Poots, Alia Shawkat, Joe Cole

Année: 2015

Pays: Etats-Unis

Genre : Thriller, Horreur

Résumé :

Au terme d’une tournée désastreuse, le groupe de punk rock The Ain’t Rights accepte au pied levé de donner un dernier concert au fin fond de l’Oregon… pour finalement se retrouver à la merci d’un gang de skinheads particulièrement violents. Alors qu’ils retournent backstage après leur set, les membres du groupe tombent sur un cadavre encore chaud et deviennent alors la cible du patron du club et de ses sbires, plus que jamais déterminés à éliminer tout témoin gênant…

Avis :

Jeremy Saulnier est un réalisateur qui commence à faire parler de lui tout doucement. Après deux courts-métrages réalisés en 1998 et 2004, suivi d’un premier long, « Murder Party« , une comédie d’horreur avec en tête d’affiche Tim Curry et Forest Whitaker, le réalisateur a marqué les esprits l’année dernière avec son « Blue Ruin« , un thriller âpre et crépusculaire. Sorti assez discrètement, le film a réussi à trouver son public. Du coup, Jeremy Saulnier n’a pas perdu de temps et le voici de retour avec « Green Room« , le deuxième choc de ce festival de Deauville après le « Green Inferno » d’Eli Roth.

« Green Room » est le film que l’on n’attendait pas. Interdit au moins de seize ans, le moins que l’on puisse, c’est que « Green Room » s’est révélé comme une puissante claque ! C’est un électrochoc qui a secoué la plupart des festivaliers. Violent, primitif, injuste, le réalisateur nous offre un film redoutable de bout en bout.

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The Ain’t Rights est un petit groupe de rock très peu connu. À bord de leur van, ils sillonnent les États-Unis pour essayer de vivre de leur musique. Leur tournée est assez calamiteuse, car les clubs et autres bars où le groupe se produit sont bien loin d’être valorisants. Leur agent vient de leur décrocher un set dans un club au fin fond de l’Oregon. Le club en question est un club de punks et skinheads à tendance nazi. Malgré quelques provocations, le set des rockeurs se passe sans encombre, mais pour la suite, ça se gâte, car l’un des membres du groupe va tomber sur le cadavre d’une jeune femme. Témoin gênant, le groupe se retrouve piégé dans une pièce et le patron du club en question n’est pas décidé à les laisser vivre.

Jeremy Saulnier avait déjà secoué ses spectateurs avec « Blue Ruin » et il réitère la chose ici avec « Green Room » un thriller d’une rare violence.

Partant d’une base inhabituelle, Jeremy Saulnier va nous entraîner dans un film bien foutu. Doté d’un scénario rigoureux et astucieux, on va prendre un certain plaisir dans la crainte de rester enfermé avec cette bande au bon milieu de ce club. Le film est très bon et jouit d’une ambiance incroyable. La tension qu’installe le réalisateur est terrible. Au fur et à mesure que le film avance, on sent un certain malaise nous envahir. Dur, réaliste, gore, et surtout très surprenant, Jeremy Saulnier va très loin dans sa violence et c’est atrocement jouissif.

Cette violence est décuplée par son ambiance que le réalisateur maîtrise parfaitement. Tout parait réaliste et rien n’est fait dans ce film pour qu’on se sente en sécurité. Le réalisateur nous immerge et nous frappe à grands coups d’images chocs. Mais il ne se contente pas de choquer pour nous choquer, il fait bien plus, car il nous entraîne dans une intrigue qui tient très bien la route. Son histoire est haletante, il y a beaucoup de suspens, elle est imprévisible et trop souvent injuste, ce qui a tendance à jouer avec nos nerfs. Bref, on reste complètement accroché devant. Si le début est un peu long pour arriver aux choses concrètes, une fois le film lancé, il ne va pas nous laisser une seconde de répit. Les rebondissements s’enchaînent avec beaucoup de fluidité.

On sourit parfois car le réalisateur arrive de temps à autre à nous détendre grâce à un bon humour noir, mais la plupart du temps, on souffre pour les personnages et l’on espère une bonne issue pour au moins l’un d’être eux. Le seul petit bémol du film, c’est qu’à un moment, le réalisateur sacrifie trop de personnages d’un coup. C’est vraiment la seule chose dérangeante car elle arrive assez vite et surtout l’intrigue sacrifie de bons personnages.

Le casting est terrible. Jeremy Saulnier nous a réuni une belle brochette de comédiens dans des rôles tous forts et bien écrits. Les palmes reviennent à Anton Yelchin est qui surprenant à chaque film et bien sûr Patrick Stewart fabuleux et glaçant en patron de ce club. Les deux acteurs sortent du lot, chacun pour une raison différente et l’on s’attache à chacun d’eux, même pour Patrick Stewart qui joue une ordure finie. Joe Cole, qui joue l’un des membres du groupe est un joli coup de cœur. L’acteur déjà vu dans la série « Peaky Blinders » trouve là un bon rôle. Un rôle touchant même. En découvrant ce film, on prendra aussi plaisir à voir Imogen Poots, Callum Turner, Macon Blair, ou Alia Shawkat pour conclure ce beau casting.

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« Green Room » est donc la baffe inattendue. Une baffe jouissive, essoufflante et marquante. Car oui, plus que le fait de voir ce film, Jeremy Saulnier le fait vivre et aux vues des différentes réactions, bonnes ou mauvaises, à la sortie de la salle, le film risque fort de refaire parler de lui.

Note : 17/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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