Les Visiteurs La Révolution – Messire, Quelle Merdasse!

12965962_1297795656900507_1581824243_n

De : Jean-Marie Poiré

Avec Christian Clavier, Jean Reno, Franck Dubosck, Karin Viard

Année : 2016

Pays : France

Genre : Comédie

Résumé :

Bloqués dans les couloirs du temps, Godefroy de Montmirail et son fidèle serviteur Jacquouille sont projetés dans une époque de profonds bouleversements politiques et sociaux : la Révolution Française… Plus précisément, la Terreur, période de grands dangers pendant laquelle les descendants de Jacquouille La Fripouille, révolutionnaires convaincus, confisquent le château et tous les biens des descendants de Godefroy de Montmirail, aristocrates arrogants en fuite dont la vie ne tient qu’à un fil.

Avis :

Si la carrière de Jean-Marie Poiré se portait très bien, le réalisateur ayant fait les beaux jours de la comédie française et du box-office pendant une bonne vingtaine d’années, celle-ci prit un terme avec le passage dans les années 2000. Il devait y avoir le bug au moment de ce passage, et si bug il y a eu, c’est bien dans le cinéma de Poiré qui n’a plus jamais fait un seul bon film. Sa carrière, à partir de ce moment-là, se résume en deux films, « Les visiteurs en Amérique » et « Ma femme s’appelle Maurice » sorti en 2002.

Depuis 2002, Jean-Marie Poiré n’était plus revenu à la réalisation et malheureusement, pas grand monde attendait son retour, un peu comme si son heure était passée. Pourtant, il y a un peu plus d’un an, le réalisateur a attisé les curiosités, puisque après presque vingt ans, il allait donner une suite aux « Visiteurs« , le deux se terminant sur un cliffanger assez fendard, où nous deux héros se retrouvaient piégés en pleine révolution française. On ne l’attendait pas, ou on ne l’attendait plus (au vu du désastre du remake), et pourtant l’annonce et la première petite bande-annonce envoyée une semaine après le début du tournage pouvait laisser espérer un bon retour.

Mais quelle naïveté va-t-on dire, car les bandes-annonces suivantes, ainsi que l’affiche, ne laissaient présager rien de bien fameux.

12966441_1297795706900502_240272614_n

Godefroy et Jacquouille ont voulu retourner dans leur époque, afin de pouvoir refermer les couloirs du temps. Mais Béatrice, voulant bien faire, a rajouté du Grand Marinier dans la potion des deux moyenâgeux, ce qui est une catastrophe, puisque les deux hommes se réveillent alors en 1789 au temps de la Révolution Française. Pris pour des espions anglais, ils sont arrêtés par le petit fils de Jacquouille, l’infâme Jacquouillet. Godefroy et son fidèle écuyer vont devoir de nouveau trouver un enchanteur et essayer entre-temps de ne pas perdre leur tête.

Que s’est-il passé pour qu’en une vingtaine d’années, Jean-Marie Poiré, mais aussi Jean Reno et Christian Clavier, le trio qui faisait rire aux éclats, ne fasse que lentement, mais sûrement, s’écraser vers les abysses du lourdingue et du mauvais goût ?

On se serait contenté d’un film qui sente le réchauffé, qui soit un peu fade, ou encore qu’il soit tout simple, regardable avec la petite notion de « sympa, mais sans plus ». On s’y serait accommodé, comme l’on avait déjà fait avec le deuxième film, mais à la place de ça, on trouve ici une hystérie collective, qui gueule à longueur de répliques. On trouve un film inintéressant de bout en bout, qui donne plus l’impression d’un film qui a eu l’idée de la révolution, avec le petit truc en plus, c’est nos « Visiteurs » au milieu.

Non mais franchement, ce nouveau chapitre est plus agaçant et éreintant qu’autre chose. On notera que pour un film qui est censé être une comédie, on ne sourira pas beaucoup et l’on n’en ressort plus épuisé et vidé que diverti et amusé.

En fait, le nouveau film de Jean-Marie Poiré est si mauvais qu’on ne sait pas par quel bout commencer sans encore une fois tomber dans la méchanceté facile, tant ce retour met en colère et cela malgré le fan service, histoire de retrouver le cœur des fans. L’intrigue est mauvaise et à la limite du ridicule. L’histoire que nous ont concoctés Poiré et Clavier fait plus penser à des saynètes qui se veulent drôles qu’à une intrigue avec un vrai fil rouge et de vrais enjeux. Des enjeux d’ailleurs qui ne sont absolument pas renouvelés dans ce film et à la longue, ça devient fatiguant, car les deux scénaristes ne sont plus capables de surprendre. Et quand ils essaient quelque chose, c’est déjà trop tard, le mal est fait.

Ensuite et c’est ce qui est le plus pénible, c’est l’humour du film. Si jusqu’à présent Poiré et Clavier avaient su trouver la limite pour offrir des personnages et des situations loufoques, décalés, jouant bien avec le choc des époques sans tomber dans l’excès et la lourdeur, avec ce troisième chapitre, ils n’ont pas fait que franchir la limite, ils ont été bien au-delà, ce qui donne un film épuisant de lourdeur et d’hystérie. Les dialogues sont lamentables, les gags et les répliques tombent à l’eau à chaque coup et franchement Christian Clavier est abominable. Son personnage n’a pas une réplique où ils ne hurlent pas et l’on a qu’une envie, c’est qu’il se taise et nous fiche la paix !

Alors au milieu de tout ceci, il reste quelques petits éléments anodins qui seront sympas, mais pas assez pour nous amuser, nous faire rire ou même nous donner envie de suivre leur personnage. Ces petits éléments sont certains des personnages secondaires. Ainsi, on trouvera une Karin Viard assez drôle dans le rôle d’une noble en fuite. On pourra noter une Sylvie Testud intéressante, une Annie Grégorio qui apparait peu mais toujours de manière juste ou un Nicolas Vaude génial en Robespierre, ou encore, étrangement, un Franck Dubosc bien loin de ses lourdeurs habituelles.

12992931_1297795666900506_1088997774_n

Ce retour est donc un magnifique raté dont on ne peut presque rien sauver. Pas drôle, lourd, hystérique, vulgaire, doté d’un scénario nuisible pour la santé, qui vole d’incohérences en trahisons, Poiré et Clavier n’ont pris aucun gant et ont livré un film dont on se serait parfaitement passé. Et comme ils n’ont pas pris de gants, on n’en prendra pas non plus et on terminera ce texte par un cri du cœur : Putain, quelle merdasse ce retour !

Note : 04/20

Image de prévisualisation YouTube

Par Cinéted

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Facebook : Lavisqteam.fr – Contact: lavisqteam@laposte.net