octobre 27, 2020

Le Gamin au Vélo

12516471_1272496279430445_2109301744_n

De : Jean-Pierre et Luc Dardenne

Avec Cécile De France, Thomas Doret, Jérémie Renier, Olivier Gourmet

Année : 2011

Pays : Belgique, France, Italie

Genre : Drame

Résumé :

Cyril, bientôt 12 ans, n’a qu’une idée en tête : retrouver son père qui l’a placé provisoirement dans un foyer pour enfants. Il rencontre par hasard Samantha, qui tient un salon de coiffure et qui accepte de l’accueillir chez elle pendant les week-ends. Mais Cyril ne voit pas encore l’amour que Samantha lui porte, cet amour dont il a pourtant besoin pour apaiser sa colère…

Avis :

Réalisateurs belges, les frères Dardenne ont débuté leurs carrières dans les années 80, notamment dans le documentaire avant de passer à la fiction. Si leur cinéma reste connu, sans pour autant être très médiatisé, il leur faudra attendre le festival de Cannes où ils vont présenter plusieurs de leurs films et se faire récompenser et primer. Ils font même partie du cercle très fermé des réalisateurs détenant deux Palmes d’or. La première datant de 1999 pour « Rosetta » et la suivante attribuée en 2005 pour « L’enfant« . Grâce à leur talent, leur conviction, leur cinéma, qui se rapproche beaucoup de celui du britannique Ken Loach, les deux frères sont aujourd’hui mondialement connus et chacun de leur film est attendu avec une certaine impatience.

Trois ans après « Le Silence de Lorna« , les frères Dardenne sont de retour avec un petit drame social qui, sans être exceptionnel, ou encore l’un de leur meilleur film, reste un film simple, beau et vrai. Les Dardenne nous entraînent dans une relation aussi tendre qu’instantanée. Une relation pleine d’espoir et de brutalité, qui est portée par deux acteurs à fleur de peau. On en ressort alors touché, même si le film peut avoir tendance à traîner en longueur.

12528652_1272497056097034_1049798439_o

Cyril est un jeune garçon de onze ans qui vit dans un foyer. Son père, un matin, l’a laissé ici, lui promettant qu’il reviendrait le chercher, mais les semaines passent et Cyril n’a aucune nouvelle de son père. L’homme a déménagé et a l’air d’être passé à autre chose. Pour le jeune garçon, ce n’est pas possible. Il se lance donc à la recherche de ce père disparu. Et c’est dans cette quête qu’il va faire la connaissance de Samantha, une coiffeuse qui va être touchée par ce gamin. Samantha décide de le revoir et petit à petit, une jolie relation s’installe entre eux. Peut-être que Samantha pourrait être la mère que Cyril n’a jamais eu. La jeune femme accepte de s’occuper de lui tous les week-ends pour le sortir du foyer, mais l’adolescent est turbulent et Samantha va avoir beaucoup de mal à le canaliser.

Avec ce film, le duo belge se lance dans un film sur l’abandon, sur l’absence d’un père et de repères. Un film sur l’adolescence et l’amour, ou du moins le manque d’amour. Un film qui aborde de manière très naturelle, une quête pour retrouver cet amour manquant. Sur la base d’un scénario lumineux et triste, les deux frangins vont tisser une intrigue belle toute en simplicité. C’est avec un certain plaisir, mais aussi une certaine tragédie, que l’on suit la quête de ce petit bonhomme qui ne comprend pas la réaction de certains adultes. Les deux réalisateurs ont bien su trouver le ton pour nous raconter cette petite tranche de vie. Sans tomber dans le pathos ou le misérabilisme gratuit, « Le gamin au vélo » s’avère touchant à plus d’une reprise. L’écriture du scénario et les thèmes que les deux réalisateurs abordent avec beaucoup de pudeur sonnent justes et vrais et c’est en grande partie ce qui fait que leur film, même s’il est simple, pour ne pas dire ordinaire, déborde de charme et de sincérité.

Puis en dehors de la simplicité, l’autre charme incroyable de ce film, c’est bien entendu son duo d’acteurs. Etonnant, prenant, convaincant, Cécile De France et Thomas Doret sont tout simplement superbes chacun à leur manière. Dans un registre moins comique qu’à l’accoutumée, Cécile De France prouve encore une fois son talent dans le drame et trouve un beau personnage. Quant au jeune Thomas Doret, il est la révélation du film, un peu comme Jérémie Renier l’avait été pour « La promesse » à l’époque. En parlant de Jérémie Renier, l’acteur fétiche des deux réalisateurs tient ici le rôle du père absent.

Mais au milieu de toute cette simplicité, le film manque parfois de profondeur. Si le fil rouge est joli, « Le gamin au vélo » laisse des parts d’ombre et parfois, on aurait aimé avoir plus d’informations sur quelques éléments, notamment sur le père et le pourquoi de cet abandon. Les deux frangins nous laissent un peu au dépourvu de ce côté-là, ce qui fait que le film, tout en étant joli, est aussi bancal et peut être décevant pour un certain nombre. Tout comme le final qui nous laisse quelque peu sur notre faim. Enfin, si ce « Gamin au vélo » est superbement filmé, le rythme lent des Dardenne ennuie parfois. Sur plusieurs scènes, on a la désagréable sensation qu’ils étirent plusieurs moments qui ne sont pas forcément nécessaires à l’avancée de l’intrigue.

12887274_1272496336097106_387420010_o

Parfois ennuyeux mais toujours touchant, les frères Dardenne livrent malgré tout un joli film qui parle aussi bien d’amour que du manque de celui-ci. Si le film est quelque peu ordinaire, son intrigue mérite d’être racontée et portée sur le grand écran. Enfin, malgré les quelques petites longueurs, « Le gamin au vélo » mérite amplement le coup d’œil pour ses deux acteurs bourrés de charme, de complicité, de dualité, parfois de provocation. C’est donc un film simple, mais touchant.

Note : 14/20

Image de prévisualisation YouTube

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.