septembre 28, 2020

Daredevil Saison 2 – Juré, Juge, Punisher

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D’Après une Idée de : Drew Goddard

Avec Charlie Cox, Deborah Ann Woll, Elden Henson, Vincent D’Onofrio, Jon Bernthal, Elodie Yung

Pays: Etats-Unis

Genre: Fantastique

Nombre d’Episodes: 13

Résumé:

Aveugle depuis l’enfance, mais doté de sens incroyablement développés, Matt combat l’injustice le jour en tant qu’avocat et la nuit en surveillant les rue de Hell’s Kitchen, à New York, dans le costume du super-héros Daredevil.

Avis:

Rares sont les séries qui arrivent à avoir une deuxième saison supérieure, ou tout du moins égale, à la première. Cela est en partie dû à deux choses, soit des choix scénaristiques douteux ne faisant jamais évoluer les personnages centraux, soit des ajouts ubuesques qui ne collent plus vraiment à une réalité ancrée dans l’aspect de la série. Mais il existe encore des séries qui se bonifient avec le temps et qui au fil des saisons arrivent à maintenir un suspens et parfois à devenir encore meilleur. Ce fut le cas par exemple des Sons of Anarchy, de Banshee ou encore de Breaking Bad et il va falloir compter maintenant sur Daredevil. Le cas de cette dernière est assez intéressant, car les séries de super-héros ne sont pas forcément les plus plébiscitées par le grand public, préférant bien souvent des sagas dramatique. Or, depuis sa première apparition sur Netflix l’année dernière, le démon de Hell’s Kitchen a fasciné et à prouver qu’un traitement adulte et réaliste était possible. Mieux, cette saison deux montre que l’on peut coller au comic book sans pour autant partir dans un délire coloré et rester terre à terre tout en abordant des thèmes fantastiques.

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La force du récit de Daredevil est de rester très réaliste, aussi bien sur le ton que sur l’environnement exclusivement urbain. Très sombre, la première saison avait eu du mal à démarrer pour trouver un rythme de croisière, prenant son temps pour bien développer une intrigue à tiroirs dans laquelle chaque personnage commence à montrer son vrai visage. En treize épisodes, cette première saison posait des bases solides avec notamment quatre personnages clefs, dont le héros. Cette deuxième saison sera l’occasion de travailler allègrement l’évolution du héros, mais plutôt dans sa vie civile. En effet, Drew Goddard préfère montrer les difficultés d’un homme à allier deux vies distinctes, celle d’un avocat aveugle et celle d’un super justicier. Les rapports entre les personnages sont très justes, surtout avec les humains classiques, et on sent la dérive qu’aborde le héros, n’arrivant pas à faire des choix entre son passé et son futur. L’écriture de cette saison est particulièrement fine, réussissant à aller vers quelque chose de fantastique (des ninjas faisant partie d’une secte) tout en gardant un aspect hyper réaliste.

Comme dans la première saison, l’environnement et l’ambiance seront les points forts de cette saison, qui garde les tonalités de couleurs, mélangeant l’orange avec le jaune et le noir, pour obtenir un milieu urbain chaud mais relativement sensible. La mise en scène est exemplaire et digne de certains grands films, aimant toujours autant les plans-séquences lors des bastons, avec ici un moment d’anthologie lors d’une baston dans un club de bikers. Encore une fois, Daredevil arrive à adopter un ton adulte dans le milieu du super-héros, ce qui n’était pas forcément évident. D’ailleurs, de nombreuses se cassent la gueule sur le même sujet, à l’image d’Arrow qui ne fait que baisser au fil des saisons, jusqu’à devenir un marasme inutile brassant du vent. C’est d’ailleurs cette tonalité mature qui va faire que l’on s’attache grandement aux personnages, même les nouveaux venus.

Et il y a un casting de choix, car Dareveil va être confronté à deux personnages cultes de la BD, le Punisher et Elektra. Mais encore une fois, l’écriture fait que ces deux personnages n’interviennent pas dans la même histoire, la série adoptant deux fils rouges qui se complètent parfaitement. Dans un premier lieu, l’histoire du Punisher va être d’une puissance émotionnelle incroyable. Méchant malgré lui, homme détruit par la perte de ses proches, il sera certainement le protagoniste le plus touchant malgré la violence qui l’habite. La prestation de Jon Berthnal est sans faille et donne une grande épaisseur au personnage. Comment ne pas pleurer lorsqu’il évoque sa fille dans un monologue où il est entre la vie et la mort ? Son histoire sera d’ailleurs l’occasion de parler de certains thèmes chers à la série, comme la corruption du milieu judiciaire et l’injustice pour éviter d’éclabousser de grands noms. De l’autre côté, il y a Elektra, qui aura une relation ambigüe avec Daredevil. Entre amis, amants et ennemis, les deux personnages se cherchent sans cesse pour aborder cette fois-ci le clan de la main, une secte cherchant le don d’immortalité. Peut-être moins subtil et plus personnel que le cas du Punisher, la relation conflictuelle entre les deux protagonistes est très plaisante et donne une certaine épaisseur aux personnages. C’est d’ailleurs la grande force de cette saison, ne jamais cesser de faire évoluer les personnages, que ce soit dans leurs réflexions, leurs crédos ou encore leurs relations. Et puis la jeune française Elodie Yung est vraiment impeccable sous les traits d’Elektra, lui donnant une force de caractère impressionnante.

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Au final, la deuxième saison de Daredevil est bien supérieure à la première. Gommant tous les défauts de rythme de la première saison, celle-ci se révèle d’une grande richesse et d’une grande profondeur. Bien loin des clichés que véhiculent les comics books, Daredevil a su imposer une vision très mature du super-héros, sans jamais le dénaturer et abordant toujours un ton réaliste malgré les aspects fantastiques qui le parcourt. Bref, il s’agit là de LA meilleure série de super-héros à ce jour, restant juste, aussi bien dans les relations qu’entretiennent les personnages que dans l’évolution de ceux-ci.

Note : 19/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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