La Maison de Dracula – Sang Gîte

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Titre Original : House of Dracula

De : Erle C. Kenton

Avec John Carradine, Lon Chaney Jr., Onslow Stevens, Jane Adams

Année: 1945

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur

Résumé:

Le comte Dracula se rapproche du Dr Edelman afin de se débarrasser des effets du vampirisme. Mais ce n’est qu’une ruse pour se rapprocher de la belle assistante du docteur et la convertir en vampire. Pendant ce temps, Larry Talbot cherche à rencontrer ce docteur, lui qui souhaite sincèrement guérir de sa lycanthropie…

Avis:

Si aujourd’hui les films fantastiques mélangent allègrement les lycanthropes avec les vampires, ce ne fut pas le cas au tout début de la création des personnages. En effet, que ce soit dans le roman de Bram Stoker ou encore dans celui de Mary Shelley, il n’est cas que d’une seule figure fantastique ou horrifique, en la présence du comte Dracula ou de la créature de Frankenstein. Mais après tout, pourquoi ces deux monstres, ainsi que les autres, n’évolueraient-ils pas dans le même monde, le même univers? C’est exactement ce que ce sont dits les producteurs de chez Universal durant les années 40, voyant là une idée novatrice pour se faire de l’argent auprès d’un audimat en attente de frissons. Et si la créature de Frankenstein a déjà eu droit à sa maisonnette, c’est au tour de Dracula d’avoir son manoir, mais pas tout à fait.

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Titre mensonger comme le fut Le Fils de Dracula (le film traitant de Dracula et nullement son fils), La Maison de Dracula sera en fait le laboratoire d’expérience d’un médecin chercheur altruiste qui propose son aide à tout le monde. En fait, ici, le terme maison désigne simplement un lieu où vont se retrouver plusieurs créatures déjà rencontrées comme le Loup-Garou ou bien l’inénarrable comte Dracula. La première chose qui frappe quand on regarde ce film, c’est l’absence volontaire d’humour, poursuivant ainsi dans la lignée du film suscité et s’éloignant de La Fille de Dracula qui oscillait entre drame et comédie. Néanmoins, il garde un profond lien de parenté dans son premier thème abordé. En effet, le comte souhaite guérir de sa porphyrie et décide de se faire soigner, un peu comme ce fut le cas pour sa fille. Cependant, les enjeux seront complètement différents, tout en jouant avec les nuances. John Carradine s’en amuse, cabotine un peu, mais arrive à laisser planer un doute sur les raisons ultimes de sa visite dans cette baraque. En ce sens, Dracula sera le moteur de l’intrigue, l’élément perturbateur qui va déclencher la folie d’un homme, sans pour autant avoir d’interaction avec les autres protagonistes.

Et c’est un peu cela que l’on va reprocher à ce film. On promet au spectateur une réunion de trois, voire même quatre si on y inclut le savant fou, monstres horrifiques, et finalement, ils ne se côtoient jamais. Le film est donc penser donc une réunion de trois actes où chaque créature s’entrecroise sans jamais se voir, permettant ainsi de développer des thèmes complètement différents. Si Dracula reste un élément suspect, le Loup-garou continue sur sa lancée dépressive et délivre toujours les mêmes problèmes. Si au départ cela était une excellente, livrant un homme désespéré face à une malédiction qu’il n’a jamais demandé,  la longue, cela devient un peu lourd. Alors certes, il y a une petite lueur d’espoir dans cet opus, mais on sent que Lon Chaney Jr est fatigué de ce rôle et il se livre beaucoup trop, surjouant par moments l’état de crise. Rien de bien méchant en soi, mais tout de même, on commence  avoir du mal à s’attacher à ce personnage pourtant si complexe.

Enfin, en dernier lieu, on va avoir droit à la créature de Frankenstein, qui fait un petit retour sur la fin, renouvelant encore le mythe du savant se prenant pour Dieu. Là aussi, la référence aux films précédents est assez grossière et le film en lui-même ne livre pas assez de nouveauté pour pleinement convaincre dans ce domaine. En fait, le plus intéressant dans ce film se résume en deux choses, la possibilité de guérir, ce qui signifie avoir un regard tourné vers la science et le progrès médical, changeant ainsi les origines des mythes et leur donnant une explication presque rationnelle, puis la mise en scène qui renoue avec les anciens films, notamment dans la richesse des ombres portées sur les murs, renforçant une ambiance gothique. Il est aussi intéressant de noter la place importante de la femme dans le film, même si cela reste bien peu de choses, car ici, le bossu est une femme au doux visage, ce qui rompt avec le côté monstrueux du serviteur. On sent une profonde volonté de changer les codes sans vraiment y parvenir, la faute à un scénario pas assez précis et ressemblant davantage à trois saynètes collées les unes aux autres.

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Au final, La Maison de Dracula n’est pas un mauvais film, même s’il demeure un peu plus faible que les deux suites précédentes. Non dénué de qualités (la beauté de la mise en scène, les références assumées et cette volonté d’aborder les mythes sous un angle scientifique et cartésien), le film se prend un peu les pieds dans le tapis, ressassant encore et toujours les mêmes thématiques autour des monstres, reprenant les mêmes codes et les mêmes réactions. Bref, un film sympathique mais qui se repose un peu trop sur ses lauriers.

Note: 13/20

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Par AqME

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