octobre 27, 2020

Heat

affiche

De : Michael Mann

Avec Al Pacino, Robert De Niro, Val Kilmer, Tom Sizemore

Année : 1995

Pays : Etats-Unis

Genre : Policier, Action

Résumé :

La bande de Neil McCauley à laquelle est venu se greffer Waingro, une nouvelle recrue, attaque un fourgon blindé pour s’emparer d’une somme importante en obligations. Cependant, ce dernier tue froidement l’un des convoyeurs et Chris Shiherlis se retrouve obligé de « terminer le travail ». Neil tente d’éliminer Waingro, mais celui-ci parvient à s’échapper. Parallèlement, le lieutenant Vincent Hanna mène l’enquête…

Avis :

Michael Mann est un réalisateur qui possède une touche personnelle très marquée dans ses films. Saturant souvent son image de lumière bleue ou rouge, aimant filmer de nuit avec l’éclairage artificiel des néons, le cinéaste s’est fait une spécialité du thriller nocturne et hard boiled. Si Collatéral est certainement l’un de ses plus réussis et Hacker l’un de ses moins bons (restant tout de même très bien), le réalisateur américain connait un succès retentissant en 1995 avec le thriller Heat. Après Le Sixième Sens et Le Dernier des Mohicans, Michael Mann marque au fer rouge le cinéma avec ce thriller chaud bouillant dans lequel deux grandes légendes du cinéma s’affrontent pour un résultat exaltant. Car plus de vingt ans plus tard, le film est toujours considéré comme le meilleur métrage de son genre et personne n’est encore venu le détrôner. Et pour cause.

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Nanti d’un casting impressionnant, Heat n’est pas qu’un simple film de braquage lambda. Si le démarrage est grandiloquent et montre que l’on est face à des professionnels, le film ne se base pas que ça et c’est surtout les relations humaines qui vont prévaloir. En effet, dans une volonté de plonger le spectateur dans une espèce de désarroi en ce qui concerne les sentiments ressentis, Heat va présenter une bande de copains très attachante et pourtant hors la loi. Et c’est là que le réalisateur va faire très fort, en présentant des malfrats, des gens prêts à tuer pour avoir de l’argent et remplir des contrats, de façon positive et de ressentir de l’empathie pour eux. Bien entendu, le talent des comédiens n’est pas à renier, bien au contraire, mais cette volonté de montrer des gens plutôt communs, avec une famille, des sentiments, fait que l’on s’attache particulièrement à eux. Du coup, lors de la célèbre fusillade, on est pris dedans, car tout un travail a été fait en amont pour que le spectateur se sente concerné par ce qui arrive à l‘écran.

Entre un Robert De Niro en pleine idylle, un Tom Sizemore proche de sa famille ou encore un Val Kilmer instable fou amoureux de sa femme, on est vraiment face à des gens crédibles et dans lesquels on peut s’identifier. Mais finalement, l’autre point fort de cette histoire, c’est le développement parallèle des deux grands héros du film, Robert De Niro et Al Pacino. Deux légendes du cinéma qui vont s’affronter tant sur le plan physique que sur le plan amoureux. Non pas qu’ils aiment la même femme, mais d’un côté, l’un tombe sous le charme d’une jeune bibliothécaire et l’autre s’éloigne progressivement de sa femme à cause d’un boulot trop prenant, trop envahissant. Cette évolution en parallèle est très bien pensée jusqu’à atteindre un climax de folie lors de la fameuse scène du restaurant, une scène tirée d’un fait réel par rapport à un ami détective du cinéaste à Chicago. Quoiqu’il en soit, Heat est un film qui gravite autour de ses personnages et de leur évolution, aussi bien sentimentale que psychologique, la toute fin montrant que finalement les deux protagonistes ne sont pas si éloignés que ça.

Enfin, en dehors de l’histoire, il y a la réalisation de Michael Mann. Comme évoqué auparavant, le réalisateur a un amour démesuré pour les plans de nuit et les éclairages artificiels, et Heat ne déroge pas à la règle. Si le cinéaste atteint son paroxysme avec Collatéral et son road trip nocturne, le film qui nous intéresse n’est pas en reste. Si certaines séquences les plus marquantes se font de jour, comme la fusillade, d’autres moments plus intimistes sont avec des saturations de couleurs. Entre le moment où De Niro tombe amoureux avec les lumières bleues et la scène finale qui est éclairée au rythme des avions qui atterrissent, la mise en scène de Mann se révèle aussi spectaculaire qu’intimiste avec un réel sens de la photographie. D’ailleurs, on occultera volontiers les quelques fautes de gout avec les arrière-plans vert pour y implanter des décors qui sont vraiment visibles. Et pour terminer, comment ne pas se sentir au centre de la fusillade en pleine ville. Michael Mann possède vraiment un œil pour poser le spectateur au centre de l’action.

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Au final, Heat reste encore aujourd’hui le chef d’œuvre de Michael Mann et un grand film tout court. Entre un casting luxueux, une histoire prenante et bien plus profonde qu’il n’y parait et une mise en scène exemplaire, on attend toujours un film qui lui arrive à la cheville sur le thème des braquages. Bien plus humain que les scènes qui ont fait la renommée du métrage, Heat est un incunable du genre, un immanquable qui donne une leçon de cinéma et un réel sens de la mise en scène dans les fusillades. Bref, ce métrage devrait être vu par tous les cinéastes voulant faire un film de braquage afin de bien voir tout ce qu’il faut faire et ne pas seulement s’asseoir sur des acquis bancals pour fournir un film qui manque de fond.

Note : 20/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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