octobre 27, 2020

Rosalie Blum

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De : Julien Rappeneau

Avec Noémie Lvovsky, Kyan Khojandi, Alice Isaaz, Anémone

Année : 2016

Pays : France

Genre : Comédie

Résumé :

Vincent Machot connaît sa vie par cœur. Il la partage entre son salon de coiffure, son cousin, son chat, et sa mère bien trop envahissante. Mais la vie réserve parfois des surprises, même aux plus prudents… Il croise par hasard Rosalie Blum, une femme mystérieuse et solitaire, qu’il est convaincu d’avoir déjà rencontrée. Mais où ? Intrigué, il se décide à la suivre partout, dans l’espoir d’en savoir plus. Il ne se doute pas que cette filature va l’entraîner dans une aventure pleine d’imprévus où il découvrira des personnages aussi fantasques qu’attachants. Une chose est sûre : la vie de Vincent Machot va changer…

Avis :

Dans la famille Rappeneau, je voudrais aujourd’hui le fils, Julien. Fils du grand Jean-Paul Rappeneau qu’on ne présente plus, avec « Rosalie Blum« , Julien Rappeneau réalise son premier film. Mais si « Rosalie Blum » est son premier essai, le jeune homme est plus connu pour sa plume, puisqu’il est scénariste et on lui doit les scripts de « Zulu » de Jérôme Salle, « 36 Quai des Orfèvres » d’Olivier Marchal, « La Jungle » de Matthieu Delaporte, « Cloclo » de Florent Emilio Siri, « Pars vite et reviens tard » de Régis Wargnier et bien d’autres encore.

Mais après avoir écrit pour les autres, il s’est dit qu’il était temps d’écrire pour lui et de réaliser son film. Pour sa première œuvre, il a décidé d’adapter le roman graphique de Camille Jourdy et le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est l’une des meilleures idées qu’on ait pu trouver dans le cinéma français ces derniers temps. Sur un ton très léger, julien Rappeneau va réaliser une comédie triste qui fait du bien au moral. Une comédie qui nous fait passer des rires aux émotions. Loin de ce que la bande-annonce laisse présager, le film est un vrai rayon de soleil et l’on en ressort le sourire aux lèvres.

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Vincent Machot est un homme qui connaît sa vie par cœur. Coiffeur dans un petit village, rien n’arrive jamais dans sa vie. Enfin ça, c’était jusqu’au jour où sa mère ayant besoin de citron l’envoie en chercher. Vincent trouve une épicerie ouverte et se trouve bouleversé par sa caissière. Ne sachant trop comment l’expliquer, Vincent commence à faire une fixation sur cette femme. Il veut la connaitre, tout savoir sur elle et c’est ainsi qu’il commence à suivre Rosalie Blum dans les rues de son petit village tranquille.

Original, déroutant, drôle, voire même hilarant, mais aussi d’une tristesse incroyable, « Rosalie Blum » est un concentré d’émotions qu’on vit au naturel, sans artifice et qui fait du bien. Divisé en trois chapitres, ce qui est génial avec « Rosalie Blum« , c’est qu’il va être une belle présentation de ces personnages. Une présentation en continu qui arrive sans aucun mal à s’ancrer dans la belle intrigue que nous réserve le film. Ça commence par une voix off qui nous présente Vincent dans tout ce qu’il a de plus beau, de plus simple et de plus vrai, de plus dur, de plus seul. Partant de cette présentation, le réalisateur va alors tisser avec beaucoup d’élégance et de poésie une petite histoire de suiveurs, de voyeurs, qui va offrir son lot de gags et de retournements de situation.

Ce qui est étonnant et génial avec ce film, c’est l’abandon total des personnages. Grace à cette voix off, chacun d’eux va se présenter et surtout se livrer comme rarement. Sans tabou, avec beaucoup de pudeur, on va entrer dans leur quotidien et derrière la comédie divertissante que le film est, on va se rendre compte que « Rosalie Blum » traite principalement de la solitude et des regrets. Et c’est ce fond auquel on se s’attendait pas qui va faire toute la solidité de « Rosalie Blum« . Il en est le cœur, l’amour, les émotions et la sincérité. On est touché par chacun d’eux. Ce sont des personnages qui nous ressemblent et qui sonnent vrai. On rit, on est ému, on a les yeux humides, puis le sourire aux lèvres. Et pour un premier film, on ne peut que s’étonner de la manière avec laquelle Julien Rappeneau évite les pièges et la facilité de la comédie romantique ou encore le drame trop appuyé. « Rosalie Blum » mélange habilement les deux et en tire le meilleur. Les gags sont vraiment drôles, quant aux émotions, tout a déjà été dit.

Le réalisateur a donc très bien su nous raconter ses personnages et ses histoires, mais en prime, il a aussi très bien su la mettre en scène. Aucun temps mort, le rythme est bon, puisqu’on ne voit pas le temps passer. On ira même jusqu’à dire que le film est passé bien trop vite et qu’on aurait bien voulu qu’il ne s’arrête pas. Julien Rappeneau propose de bonnes idées de mise en scène et l’on sent qu’il a un bon sens du comique. Plusieurs plans où Kyan Khojandi suit Noémie Lvovsky sont vraiment très drôles simplement dans leur construction. Pour donner un ton léger, tout en sachant être plus sérieux parfois, Julien Rappeneau a fait appel à son frère Martin pour faire la musique de son film et c’est aussi l’un des composants qui fait que l’on en ressort le sourire aux lèvres et le cœur léger, car même quand le film sombre dans la tristesse, il est tout le temps lumineux.

Et puis « Rosalie Blum« , c’est des acteurs et l’on ne parle pas seulement de ses acteurs principaux. Julien Rappeneau nous réserve des seconds rôles tout aussi marquant et aimant que ces trois comédiens exceptionnels. En fait, c’est tout le casting qui est exceptionnel. On notera quand même que Kyan Khojandi, pour son premier grand rôle au cinéma, s’en tire avec les honneurs en prenant des risques. On notera aussi l’hilarante Sara Giraudeau qui ne peut pas en placer une sans déclencher des rires et l’hilarité dans la salle.

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Julien Rappeneau fait donc une très belle entrée pleine de douceur et tristesse. On rigole beaucoup quand on va découvrir « Rosalie Blum« , mais on est encore plus touché par la beauté des personnages et la dureté des sujets que le film aborde.

Note : 20/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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