Carnets Noirs – Stephen King

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Auteur : Stephen King

Editeur : Albin Michel

Genre : Policier

Résumé :

En prenant sa retraite, John Rothstein a plongé dans le désespoir les millions de lecteurs des aventures de Jimmy Gold. Rendu fou de rage par la disparition de son héros favori, Morris Bellamy assassine le vieil écrivain pour s’emparer de sa fortune, mais, surtout, de ses précieux carnets de notes. Le bonheur dans le crime ? C’est compter sans les mauvais tours du destin… et la perspicacité du détective Bill Hodges.

Avis :

Si certains écrivains se contentent d’écrire dans le genre qu’ils affectionnent ou qu’ils maîtrisent le mieux, Stephen King fait partie de ces auteurs dont les talents dépassent son genre de prédilection. Connu et reconnu pour son ouvrage dans l’horreur et l’épouvante, l’auteur n’a pas hésité à briser les frontières pour faire de la fantasy, de la science-fiction ou encore du roman feuilleton avec l’incunable La Ligne Verte. Et malgré une baisse de régime en termes de qualité sur ses dernières œuvres, l’auteur garde un rythme soutenu de publication, à savoir quasiment deux livres par an et variant les plaisirs, délaissant un petit peu l’horreur pour aller vers d’autres choses, comme du polar. Mr. Mercedes était le premier tome d’une trilogie policière avec pour personnage principal Bill Hodges, un flic à la retraite et pas loin de la dépression. Offrant une histoire aussi dynamique que prenante, l’auteur avait réussi le pari de faire un polar noir intense sans pour autant partir dans du fantastique ou de l’horreur pure. Carnets Noirs est donc le deuxième tome de cette trilogie, reprenant les mêmes personnages, le donnant une certaine évolution, mais restant beaucoup plus simpliste dans son intrigue et dans le déroulement de l’enquête.

Il faut dire que Stephen King doit être le seul écrivain à faire une introduction de 179 pages sur un livre d’un peu plus de 400 pages. Si en soit cela ne change en rien la qualité intrinsèque du livre, il faut dire que l’auteur prend son temps pour décrire une situation et livre assez rapidement une intrigue qui ne sera pas du même acabit que la première histoire. Jonglant avec les années pour délivrer une situation initiale rappelant allègrement des livres sur la jeunesse comme Stand By Me, Stephen King renoue avec l’un de ses thèmes préférés, le désespoir d’un fan lorsque son écrivain favori arrête d’écrire. Très différent de Misery, le personnage incarnant le mal n’hésite pas à buter son mentor pour avoir le droit de lire des carnets secrets. Loin de la torture angoissante du livre précédemment cité, Carnets Noirs demeure plus simple, plus direct et va surtout se concentrer sur la vision d’un adolescent pour sauver sa famille du désastre. Trouvant toujours un lien avec le tome précédent, King va surtout prendre son temps pour parler des souffrances de l’adolescence et du piège des adultes.

Car si la théorie du fan devenu fou est traitée de façon assez grossière, le livre sera bien plus intéressant lorsqu’il brassera les affres de l’adolescence et le mal-être d’un jeune qui a la sensation de se faire prendre au piège par des adultes malintentionnés. Le personnage de Peter Saubers est très attachant malgré sa faculté à se sortir des duels verbaux avec des littéraires véreux, et il volera presque la vedette au trio du premier livre, qui connait une évolution à peine effleurée. Si le personnage de Holly, quarantenaire souffrant d’un trouble du comportement, possède une belle évolution, prenant de plus en plus d’importance, les deux autres protagonistes formant le trio des Finders Keepers, sont un peu en retrait. Jerome, le black beau gosse, ne sera qu’une pièce rapportée, annonçant son succès dans les études, et Bill, le détective aux sens aiguisés, n’aura que peu d’essor personnel, se cantonnant à délivrer des hypothèses, souvent justes, et à se laisser porter par ses deux amis.

En fait, ce qui est décevant avec ce livre, c’est qu’il n’arrive jamais à se sortir de son intrigue de base pour faire bouger ses personnages. Car même s’ils sont attachants et que c’est un plaisir de les retrouver, il manque cruellement de fond pour apporter de l’eau au moulin et ainsi donner une autre dimension aux protagonistes. Par contre, la réelle réussite de ce roman, c’est le lien qu’il entretient avec le premier tome, Mr. Mercedes, en la présence du grand méchant. Devenu un légume, Bill Hodges ne peut s’empêcher d’aller le voir à l’hôpital et de suspecter quelque chose, à raison, laissant augurer du bon pour le dernier tome. Cette liaison assez malsaine est parfaitement rendue par les talents de l’écrivain qui fait tout pour rendre l’aile de l’hôpital malsaine. Entre des descriptions éthérées et une sensation de fantastique glauque, ces petits passages sont vraiment les plus dérangeants du bouquin et certainement les plus réussis.

Au final, Carnets Noirs est un livre assez mineur dans l’immense bibliographie de Stephen King, mais reste un roman singulier, prenant et qui continue sur la lancée de Mr. Mercedes. Restant dans un polar pur jus, l’auteur ne parvient pourtant pas à donner une évolution intéressante à tous les personnages, la faute à une enquête simpliste malgré des thèmes sous-jacents intelligents. Il n’en demeure pas moins un plaisir de lecture indéniable où l’auteur est touché par des fulgurances que l’on aurait aimé plus longues.

Note : 15/20

Par AqME

One Comment to "Carnets Noirs – Stephen King"

  1. Caroline dit :

    Je ne savais pas que Carnets noirs était la suite de Mr Mercedes, faudra que je lise Mr Mercedes avant alors !
    J’adore la couverture de Carnets noirs je la trouve sublime..
    Très belle chronique complète en tout cas !

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