octobre 24, 2020

Room

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De : Lenny Abrahamson

Avec Brie Larson, Jacob Tremblay, Joan Allen, William H. Macy

Année: 2016

Pays: Canada, Irlande

Genre: Drame, Thriller

Résumé :

Jack, 5 ans, vit seul avec sa mère, Ma. Elle lui apprend à jouer, à rire et à comprendre le monde qui l’entoure. Un monde qui commence et s’arrête aux murs de leur chambre, où ils sont retenus prisonniers, le seul endroit que Jack ait jamais connu. L’amour de Ma pour Jack la pousse à tout risquer pour offrir à son fils une chance de s’échapper et de découvrir l’extérieur, une aventure à laquelle il n’était pas préparé.

Avis :

« Room » est le cinquième film de l’Irlandais Lenny Abrahamson et son deuxième qu’il présente en un tout petit peu plus d’un an, puisqu’en Février dernier, le réalisateur nous avait présenté un ovni du nom de « Franck« , emporté par un Michael Fassbender tout de casque sorti. Alors qu’on en attendait pas grand-chose, le film s’était révélé être une très bonne surprise et un excellent divertissement.

Et c’est un peu ce que va faire le réalisateur cette année avec « Room« . On ne l’attendait pas spécialement, même si la bande-annonce était très bien construite et laissait présager un drame touchant. Mais un Oscar de la meilleure actrice plus tard pour la talentueuse Brie Larson, « Room » a bien piqué notre curiosité et à la sortie de la salle, la surprise est totale, car c’est un drame puissant et violent que nous offre-là le réalisateur. Un drame qui vous coupera les jambes et humidifiera vos joues, et même si l’on n’a pas encore vu l’intégralité de la filmographie de Lenny Abrahamson, on peut aisément dire que « Room » fait partie du haut de son panier.

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Jack est un petit garçon qui fête ses cinq ans. Il vit seul avec sa mère dans une petite chambre étroite, sale et sombre. Avec sa mère, Jack s’est créé tout un monde dans cette chambre. Un monde qui s’étend jusqu’au mur de la pièce et ne va jamais plus loin. Mais ce que Jack ignore, c’est que ce monde qu’il croit petit et réel n’est en fait qu’un mensonge. Car en réalité, Jack et sa mère sont retenus captifs par le vilain Nick. L’homme a kidnappé la mère de Jack, voilà sept années et c’est pendant cette captivité que Jack est né. Un soir, Joy, la mère de Jack, décide de tout lui avouer et prend la décision de s’évader. Par amour pour son fils, elle va alors tout tenter pour que Jack puisse voir autre chose que les quatre murs qui l’entourent et qui lui servent d’horizon.

Chaque année au cinéma, on vit de très belles découvertes, de très belles surprises et « Room » fait désormais partie des surprises les plus touchantes que nous réserve 2016. Partant sur un drame des plus sombres, puisque le film aborde la séquestration d’une femme et de son fils pendant des années dans une petite pièce, Lenny Abrahamson va surprendre tout le monde en offrant un film extrêmement dur émotionnellement, mais traité avec une luminosité qui fait du bien. La belle réussite de « Room« , c’est qu’une grande partie du film est vue à travers les yeux d’un petit garçon. Il y a donc une certaine innocence, une certaine naïveté qui s’impose à l’écran. Et cette innocence, cette naïveté, va s’entrechoquer avec la dureté de son sujet, son drame et son réalisme psychologique par rapport à ses personnages tous plus ou moins détruits et écorchés à vif, depuis que cette jeune fille a disparu voilà sept années. Vous l’aurez compris, le film de Lenny Abrahamson ne devrait laisser aucun spectateur indifférent.

Le réalisateur a construit son film en deux parties qui sont toutes deux très différentes, logiques et très intéressantes. La première est assez incroyable, car le réalisateur a créé un univers sombre, étouffant, dangereux, tendu et en même temps assez poétique, presque paisible et très touchant de par la force de cette mère qui essaie de donner une enfance normale à son enfant, dans des conditions anormales. Cette première partie est terriblement triste et en même temps, elle est très lumineuse et le réalisateur s’amuse vicieusement à jouer avec ces deux sentiments, passant des rires entre cette mère et son fils, à des moments qui peuvent mettre assez mal à l’aise. Des moments tendus, qui tiennent en haleine et accrochent toute notre attention.

La deuxième partie est elle aussi tout autant partagée et touchante en sentiment. Une fois sorti de cette pièce, une fois la liberté retrouvée, Lenny Abrahamson emporte son film dans une renaissance magnifique, mais aussi un drame psychologique encore plus dur qu’il ne l’était déjà, particulièrement tout le traitement qui est fait à cette jeune mère. Sans tomber dans la gratuité du pathos, c’est avec beaucoup de finesse que le réalisateur nous touche et nous surprend de scène en scène. Chaque personnage est important, les questions qui sont posées sont pertinentes et nécessaires, et au fur et à mesure que l’intrigue avance, Lenny Abrahamson affine cette tranche de vie, ce défi, cette injustice, pour nous emporter vers un final unique et beau.

« Room » est donc une réussite d’un point de vue scénaristique et esthétique, mais le film de Lenny Abrahamson va plus loin puisque il est aussi superbement interprété par deux acteurs incroyables. La talentueuse Brie Larson, qu’on avait déjà repéré dans le très beau « State Of Grace » de Destin Cretton, tient un rôle on ne peut plus difficile et la comédienne, toute en retenue, est marquante. Évitant les clichés et les évidences, elle compose un personnage aussi fort qu’elle est fragile et brisée et l’on peut qu’être touché par elle. Pour jouer son fils, Lenny Abrahamson nous a sortis de son chapeau le petit Jacob Tremblay, huit ans au moment du tournage, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est une véritable révélation. Incroyable de bout en bout, le jeune acteur démontre une maturité folle et une aisance bluffante. On tient là un petit nom à surveiller car on devrait en réentendre parler (surtout qu’il est devenu la nouvelle petite coqueluche d’Hollywood). Dans des rôles moins présents à l’écran et pourtant tout aussi important dans l’histoire et le portrait psychologique, on trouvera Joan Allen, William H. Macy, Tom McCamus et Sean Bridgers.

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Véritable force d’écriture, de jeux et de mise en scène, Lenny Abrahamson nous offre un film puissant, tout simplement superbe, qu’il est plus que conseillé d’aller voir.

Note : 17,5/20

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AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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