Entombed A.D. – Dead Dawn

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Avis :

Quand on est un pilier d’un genre bien précis, il est toujours difficile de sortir un nouvel album sans pour autant décevoir. D’ailleurs, beaucoup de groupes se contentent de faire la même chose afin de s’assurer une manne de fans inflexible. C’est un peu le cas avec Entombed, qui deviendra après quelques déboires judiciaires, Entombed A.D. Pilier de la scène death métal, fondé en 1987 en Suède, le groupe assume très vite sa notoriété et en profite pour changer un peu de style, incluant très souvent des brins de punk et de hard rock dans ses compositions death. Répudié par certains, adulé par d’autres, Entombed a réussi à se faire un nom malgré des changements de ton radicaux et une volonté constante de toujours surprendre. Alors bien évidemment, lorsqu’un nouvel album sort, cela attise la curiosité et donne une forte envie d’écouter pour voir vers quel axe se situe ce nouveau skeud, et sans grande surprise, Entombed livre un album puissant, violent, mais qui contient toujours des envolées vers d’autres styles, brisant ainsi une monotonie pachydermique et sans finesse. Parce que Dead Dawn, par bien des aspects, se révèle être plus finaud qu’il n’y parait et arrive à renouveler un genre qui en a bien besoin.

Le skeud débute avec Midas in Reverse. Intro ultra rapide, riffs agressifs, montée en puissance, on se croirait presque sur un nouveau Slayer, jusqu’à ce que le chanteur se mette à chanter. Une voix gutturale qui suit un rythme ultra rapide, un break puissant, enchainant sur un refrain simple et ultra efficace, le groupe revient en force et ne fait pas dans la dentelle. Et pourtant, en plein milieu du skeud, on retrouve un solo d’une grande efficacité, montrant que le groupe est capable de plus qu’une musique bourrine et rentre-dedans. Ce sera d’ailleurs le cas avec Dead Dawn, un titre ravageur, d’une puissance difficilement contenue, qui fait passer le batteur pour un extraterrestre tant tout va vite. Le plus surprenant, c’est que malgré cette vitesse et cette agressivité vocale, le titre demeure écoutable grâce à une gestion maline de la rythmique, qui reste relativement groovy, sans toujours aller dans une violence exacerbée. Down to Mars to Ride confirmera cette sensation grâce à une construction plus pointue mais aussi et surtout une rythmique diabolique en parfaite osmose entre guitare et double pédale. C’est-à-dire que malgré la violence du groupe, il y a une véritable recherche du rythme, trouvant toujours un groove agréable lorgnant vers le sludge.

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Mais finalement, dans cet album, le groupe surprend assez peu sur certaines compositions qui se révèlent assez simples et ne marquent pas suffisamment les esprits. Voulant toujours aller trop vite malgré des éléments plus hard ou punk, le groupe se perd un peu en milieu d’album avec des titres plus lourds et moins marquants à l’image de Total Death ou The Winner Has Lost. Non pas que tout cela soit mauvais, mais certains titres rentrent dans un cadre bien précis et ne restent pas en tête tant ils semblent simplistes ou bien trop bourrins pour susciter le moindre émoi. Là où le groupe surprend vraiment, c’est autour de Hubris Fall. Ralentissant grandement le rythme pour fournir quelque chose de plus lourd et de plus sombre, le morceau résonne comme une ballade très dark et mélancolique dans un monde totalement dévasté. Entre des riffs de grattes d’une grande maîtrise en fond et une dominance pour une certaine lourdeur sur les rythmiques, on est face au meilleur morceau de l’album, qui rompt d’ailleurs pleinement avec le reste du skeud pour le surélever et en faire un incontournable de cette session. La fin de l’album reste du même acabit que ce que le groupe proposait au départ, avec néanmoins Black Survival qui s’avère plus technique que certains titres et qui n’hésite pas à alterner les rythmiques et les genres, faisant parfois penser à un morceau de punk hardcore dans ses élans de rapidité.

Au final, Dead Dawn, le deuxième album d’Entombed A.D., est un bon album de death métal teinté de quelques incursions dans le domaine punk ou hard rock. Mais si l’album se révèle plutôt intéressant, il pêche tout de même par quelques titres inutiles ou manquant de finesse et d’un deuxième sens d’écoute. On se retrouve donc devant un album assez lourd, pas si facile d’accès, mais qui possède un intérêt et qui montre que même après trente ans d’existence, les piliers du death sont toujours aussi présents.

  1. Midas in Reverse
  2. Dead Dawn
  3. Down to Mars to Ride
  4. As the World Fell
  5. Total Death
  6. The Winner Has Lost
  7. Silent Assassion
  8. Hubris Fall
  9. Black Survival
  10. Not What it Seems

Note : 14/20

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Par AqME

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