octobre 27, 2020

Raging Bull

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De : Martin Scorsese

Avec Robert De Niro, Cathy Moriarty, Joe Pesci, Frank Vincent

Année : 1980

Pays : Etats-Unis

Genre : Drame

Résumé :

Raging Bull retrace les moments forts de la carrière flamboyante de Jack La Motta, champion de boxe poids moyen. Issu d’un milieu modeste, il fut le héros de combats mythiques, notamment contre Robinson et Cerdan. Autodestructeur, paranoïaque, déchiré entre le désir du salut personnel et la damnation, il termine son existence, bouffi, en tant que gérant de boîte de nuit et entraineur. Quand l’ascension et le déclin d’une vie deviennent épopée…

Avis :

1981, une nouvelle décennie qui commence et voilà que Martin Scorsese est arrivé il y a quinze ans avec son premier long métrage « Who’s that Knocking at My Door« . Depuis, le réalisateur a déjà six films et un documentaire à son actif, plus une Palme d’or au festival de Cannes 1976, et même un échec avec son dernier film, « New-York New-York« . Mais l’avenir s’ouvre à lui et c’est avec beaucoup de fureur et de violence qu’il aborde cette nouvelle décennie.

« New-York New-York » fut donc un échec pour le réalisateur qui aura bien du mal à s’en remettre. Après s’être éloigné de la fiction pour un documentaire, « The Last Waltz« , le réalisateur revient naturellement vers le drame et se lance cette fois-ci dans le pari du biopic en nous racontant le parcours d’un boxeur dans les années 40.

Mais le pari aura des tons en demi-teinte, puisque le film sera un « semi-échec » et c’est bien le temps, le bouche à oreille et les cinéphiles qui vont le faire passer de « semi-« chec » au film culte que tout le monde connaît aujourd’hui. « Raging Bull » est même considéré comme l’un des meilleurs films sur la boxe jamais réalisé. En deux heures dix, Martin Scorsese nous entraîne dans un parcours déterminé, brutal, cru et complexe à la fois. Un parcours qui nous emporte vers un grand film !

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Issu d’un milieu modeste, Jake La Motta est un jeune boxeur très ambitieux. Des petites salles d’entraînements aux grandes salles de spectacle, Jake La Motta, à force de fureur de vaincre, fait rêver plus d’un spectateur et offre des combats mythiques contre les plus grands noms de la boxe. Mais si sur le ring il fait des merveilles, dans sa vie privée Jack est autodestructeur. Partagé entre l’amour et la jalousie, c’est peu à peu qu’il va provoquer sa chute et finir tristement sa vie loin du champion qu’il a été.

Après quatre années d’absence, Martin Scorsese est de retour sur les écrans avec un film audacieux, énervé et encore une fois incontournable. Et ça dès son incroyable scène d’ouverture, qui nous laisse deviner l’immense film auquel on s’apprête à assister. Et c’est dans un noir et blanc de toute beauté que Martin Scorsese nous livre un film qui n’a pas pris une seule ride en trente-cinq ans.

Sur un scénario coécrit avec Paul Schrader (déjà scénariste de Taxi Driver), Scorsese arrive à faire d’une histoire plutôt convenue (la montée en flèche d’un sportif et sa descente aux enfers), un grand film sur l’autodestruction. Car plus qu’un film sur la boxe, ou sur la mise en lumière d’un grand champion, « Raging Bull » est avant tout un film qui sonde l’âme humaine dans ce qu’elle peut avoir de plus sombre et incohérente. Alors que Jake La Motta a tout ce qu’il peut rêver d’avoir, il se laisse envahir par la solitude et ses démons qui vont le mener a sa propre perte. Et Martin Scorsese a très bien su comment mettre en scène cette chute. Magnifiquement raconté, « Raging Bull » fait partie de ces films qui vous collent à votre fauteuil et ne vous lâchent qu’une fois le générique de fin arrivé. « Raging Bull » est le genre de film dont le héros est fascinant, même dans ses défauts. Et même si au final, il est détestable, on ne peut s’empêcher d’être touché par son parcours et le portrait qu’en livre son réalisateur, mais aussi son acteur, qui mérite amplement son Oscar remporté pour son incroyable interprétation qui le poussa à se transformer physiquement.

« Raging Bull« , en plus du très beau portrait qu’il fait de son personnage, c’est aussi un film à la mise en scène extraordinaire, flamboyante et marquante. Ici, Martin Scorsese nous offre des scènes de combat impressionnantes de brutalité et réalisme. Des scènes de combats parfois ensanglantées, dont même le superbe noir et blanc choisi n’arrive pas à atténuer la violence des blessures, et l’épuisement des combattants pour être vainqueur. Cette mise en scène incroyable s’applique aussi en dehors du ring, car là, le réalisateur arrive à sublimer et passionner avec des scènes ordinaires du quotidien. Ou encore, il arrive à nous tendre d’un coup dans des scènes de disputes violentes et banales à la fois. Des scènes où l’on reste attentif au moindre emportement, au moindre geste qui peut faire très mal.

« Raging Bull« , c’est la quatrième collaboration entre Scorsese et De Niro et le moins que l’on puisse dire, c’est que le réalisateur en demande à chaque fois plus à son acteur. Après l’avoir fait jouer du saxophone divinement, il le transforme en une véritable brute, qui s’avère être fragile et peu sûr de lui une fois les projecteurs éteints et l’acteur est tout simplement magistral du début à la fin. Si Joe Pesci est génial dans le rôle du frère de Jake, j’aimerais parler de l’interprétation tout en discrétion et pourtant si nécessaire de Cathy Moriarty, qui joue la femme de La Motta. L’actrice, dont c’est le premier rôle, est souvent injustement oubliée quand on parle de ce film, alors qu’elle y livre une magnifique prestation et non seulement arrive à tenir tête à De Niro, mais elle arrive à exister en plus de ça, ce qui n’était pas une mince affaire.

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« Raging Bull » est bien l’un des plus grands films de Martin Scorsese qu’on ne cesse de redécouvrir à chaque visionnage. « Raging Bull » est un film magistralement imaginé, écrit, tenu et interprété. Encore une fois, Martin Scorsese prouve qu’il a tout compris de ce qui fait du très grand cinéma. Décidément, Scorsese était en très grande forme à cette période, puisqu’il était capable de livrer coup sur coup trois immenses films, « Taxi Driver« , « New-York New-York » et Raging Bull.

Note : 19/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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