février 25, 2021

Saint Amour

12822182_1259531587393581_1229818238_n

De : Benoît Delépine et Gustave Kervern

Avec Gérard Depardieu, Benoît Poelvoorde, Vincent Lacoste, Céline Sallette

Année : 2016

Pays : France, Belgique

Genre : Comédie, Drame

Résumé :

Tous les ans, Bruno fait la route des vins… sans quitter le salon de l’Agriculture ! Mais cette année, son père, Jean, venu y présenter son taureau champion Nabuchodonosor, décide sur un coup de tête de l’emmener faire une vraie route des vins afin de se rapprocher de lui. Et s’ils trinquent au Saint-Amour, ils trinqueront bien vite aussi à l’amour tout court en compagnie de Mike, le jeune chauffeur de taxi embarqué à l’improviste dans cette tournée à hauts risques entre belles cuvées et toutes les femmes rencontrées au cours de leur périple…

Avis :

Benoît Delépine et Gustave Kervern, c’est le duo de réalisateur le plus déluré du cinéma français. En sept films (entre autres), le duo a su imposer un style qui lui est propre. Entre humour noir, voire méchant, et drame touchant, déjanté et à fleur de peau, les deux réalisateurs sont des ovnis auxquels on accroche ou on rejette totalement.

Malgré une première incursion décevante dans leur univers avec Mammuth, la donne a changé puisque « Saint Amour » est la très belle surprise de ce début Mars. « Saint Amour » est aussi drôle qu’il est d’une tendresse infinie. Mené par un trio d’acteurs magique, ce road movie quelque peu alcoolique est un petit régal. Un petit régal qui ouvre un autre regard sur la filmographie des deux réalisateurs. Un petit régal qui donne envie de leur laisser une seconde chance et tester des films comme « Louise Michel » ou « Le Grand Soir« .

12784717_1259531867393553_2091717937_n

Comme tous les ans, Bruno et son oncle font la route des vins, au détail près que cette dernière est effectuée au salon de l’agriculture, pendant que le père de Bruno, Jean, concourt pour l’élection du meilleur bovin de France. Bruno est quelqu’un qui sombre peu à peu dans l’alcool pour cacher ses soucis et son manque de confiance en lui. Bruno a toujours eu un rapport conflictuel avec son père. Alors pour arranger les choses et sur un coup de tête, Jean décide de quitter le salon quelques jours. Il prend un taxi, conduit par un jeune chauffeur et part sur les routes de France avec son fils pour faire la route des vins en vrai. Cette grande tournée va alors leur réserver bien des surprises…

Racontant l’histoire d’un père qui essaie de se rapprocher de son fils (rien de bien original en somme), le duo de réalisateurs nous emporte dans un road movie unique et fascinant. Un road movie où l’alcool coule à flot, pour mieux cacher l’amour et le mal-être des trois personnages. D’ailleurs, plus le film avancera et moins l’alcool va être présent. Et quand on découvre le film, on se rend vite compte que « Saint Amour » est un film qui porte très bien son nom. Construit comme un road movie type (un parcours et des rencontres), on prend plaisir à suivre l’évolution de chacun des personnages. Parfois absurde, d’autres fois fou, quand il n’est pas rendre dedans, les dix stades de l’alcool par Benoit Poelvoorde sont si francs qu’ils ne seront pas prêts de quitter votre esprit après le film, « Saint Amour » a ce petit quelque chose en plus qui fait que même quand il part trop loin, il reste en permanence dans un esprit de tendresse. Et c’est vraiment excellent, car le duo de réalisateurs réussit toujours à nous faire revenir dans l’émotion. On rit des conneries du duo père/fils, puis d’un coup, le duo nous rappelle que « Saint Amour » est un drame sur la famille, sur une famille et que leur film, derrière la comédie, est plus profond qu’il n’en a l’air et c’est tout ce qui fait la subtilité de « Saint Amour » et le fait qu’il fonctionne si bien.

De plus, le film aborde de jolie manière la position des paysans et s’ancre dans l’actualité. Abordant les problèmes d’exploitation, parlant des quotas laitiers ou de la difficulté d’assumer ou non le fait d’être « un cul-terreux », Benoît Delépine et Gustave Kervern surprennent en positionnant leur film, sans pour autant donner des leçons de morale, ce qui est le bienvenu. Le duo a fait appel à deux habitués de leur cinéma et ils vont être tout simplement magistraux. Gérard Depardieu, perdu au milieu de ses navets, reste constant en bossant sur un ou deux bons films par an. L’année dernière, c’était « Valley Of Love » de Nicloux, cette année, c’est « Saint Amour » où le comédien brille de tendresse. Dans le rôle de Jean, il sera comment vous saisir et c’est un vrai plaisir de retrouver le grand Depardieu.

Benoit Poelvoorde est, quant à lui, confondant de naturel. C’est bien simple, quand on regarde l’acteur on est en droit de se demander si le comédien joue tant il est simple et vrai dans le rôle de cet homme mal dans sa peau, qui est principalement en manque d’amour et de reconnaissance. On notera que le jeune Vincent Lacoste arrive à tirer son épingle du jeu et à exister face à ces deux grands comédiens. « Saint Amour« , c’est un road movie et comme tout road movie qui se respecte, les personnages vont en croiser d’autres et ici ce sera principalement des personnages féminins. Et sur toutes les actrices qui vont croiser la route de ce trio infernal, on retiendra principalement la beauté et la tristesse de Céline Salette, ainsi que la froideur et l’hilarante scène entre Poelvoorde et Ovidie.

12788127_1259531764060230_1251386713_n

Même si le film a parfois des baisses de régime et s’aventure sur des rencontres qui n’étaient pas forcément nécessaires (celle de Solène Rigot par exemple), il n’en reste pas moins que « Saint Amour » est un très bon moment de cinéma. Un moment aussi drôle, voire hilarant, qu’il sera vraiment touchant et singulier sur son final. C’est donc un film à voir, tout en sachant où l’on met les pieds, car « Saint Amour » reste un film qu’on aimera ou qu’on détestera.

Note : 15/20

Image de prévisualisation YouTube

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Une réflexion sur « Saint Amour »

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.