décembre 2, 2020

Louise Attaque – Anomalie

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Avis :

Il semblerait que depuis quelques temps, la mode soit à la reformation de groupe. Si Téléphone s’est reformé pour une tournée de concerts en France sous le pseudonyme Les Insus (la faute à la bassiste qui n’a pas voulu revenir), il n’est pas le seul groupe de rock à faire un grand retour, aussi bien sur les planches que dans les bacs. En effet, Louise Attaque revient sur le devant de la scène après plus de huit ans d’absence. Fondé en 1994 autour de Paris, le groupe de rock français a battu tous les records dès son premier album éponyme, écoulant plus de deux millions d’exemplaire et faisant sensation lors des performances scéniques. Porté par la voix chevrotante de Gaëtan Roussel, le groupe a sorti deux autres albums qui se sont moins vendus, puis chacun est parti de son côté pour faire divers projets. Ainsi Gaëtan Roussel a fait deux albums solos et à former un groupe avec le violoniste du groupe pour créer Tarmac. Mais les choses sont ce qu’elles sont et après huit ans de sommeil et de moments plus ou moins égocentriques, Louise Attaque se relance dans un quatrième album, Anomalie, et franchement, c’est plutôt réussi.

Le skeud débute avec ce que le groupe sait faire de mieux, un titre axé rock, avec des paroles très poétiques parlant de l’amour et de la différence. Le morceau fait la part belle à une sorte d’onirisme au sein de son refrain, restant tout de même relativement dynamique, notamment grâce à une gestion parfaite de la batterie qui prend une place prépondérante dans tout le skeud. On la retrouvera bien présente dans tout l’album, donnant une dimension plus rock au groupe, qui s’était un peu perdu dans des flagorneries de variété française. On pense notamment au morceau La Chute, qui débute comme un David Guetta (durant les quatre premières secondes), pour ensuite se lâcher avec ce qu’il faut de batterie scandant un rythme rapide et forçant à suivre avec la gratte, offrant quelque chose de dynamique et de très efficace. On retrouvera cela dans une moindre mesure avec Du Grand Banditisme, un titre ultra court mais diablement efficace ou encore Avec le Temps, alliant parfaitement violon et batterie et un doux relent d’Olivia Ruiz dans les intonations au tout début, pour laisser place à un refrain épique et d’une grande facilité de mémorisation. Néanmoins, le groupe ne se repose pas seulement sur des titres ultra nerveux et taillés pour la scène. Louise Attaque propose aussi des ballades plus douces, laissant libre court à une écriture fine et ciselé et d’une efficacité impertinente. On peut citer A l’Intérieur, Les Pétales, mais le titre le plus efficace, c’est résolument l’Insouciance, un long titre parlant de la perte de l’insouciance, de ce vide qui vous assaille lorsqu’il faut grandir et prendre des responsabilités, sans la possibilité de s’amuser. Au niveau musicalité, le groupe fait dans la simplicité, mais surtout l’efficacité, le skeud étant un concentré de tubes.

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Ce qui peut laisser dubitatif sur l’album, c’est l’écriture. Tantôt poétique, tantôt cynique, elle essaye d’allier deux styles qui ne vont pas forcément ensemble et qui pourtant, ici, s’accordent parfaitement. Si La Chute parle de ce monde sombre dans lequel nous vivons où tout n’est que désespoir et violence, Les Pétales contrebalance tout ça en parlant d’amour et de nostalgie. C’est relativement intéressant d’entendre ça, car même si le groupe brasse encore et toujours les mêmes thèmes depuis plus de vingt ans, il arrive à trouver un juste milieu qui ne le rend ni inoffensif, ni politiquement engagé. Alors bien entendu, on pourrait s’étendre sur les allégories poétiques qui sont souvent obscures (Avec le Temps), ou encore sur le peu de textes que contiennent certaines chansons, mais force est de constater que tout cela est efficace et très facilement mémorisable, rendant chaque titre entêtant. Mais encore une fois, si Louise Attaque choisit parfois la facilité, il prouve au sein même de l’album qu’il peut faire des compositions plus complexes et touchantes, avec l’Insouciance.

Au final, Anomalie, le quatrième album de Louise Attaque, est une excellente surprise et prouve que le groupe n’est pas fini, bien au contraire, mais qu’il peut surprendre et toucher son auditeur. Il s’agit-là d’un album plutôt nerveux, taillé pour la scène, mais le groupe n’oublie pas pour autant les mélodies et les titres plus doux, offrant un skeud varié, intelligent, direct et sans ambages. S’il fallait lui trouver un petit défaut, c’est sa durée, dépassant à peine les 30 minutes. Après huit ans d’attente, ça fait long la minute d’écoute.

  1. Anomalie
  2. La Chute
  3. Chaque Jour Reste le Nôtre
  4. A l’Intérieur
  5. Avec le Temps
  6. L’Insouciance
  7. Il n’y Avait que Toi
  8. Les Pétales
  9. Du Grand Banditisme
  10. Un Peu de Patience

Note : 16/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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