octobre 29, 2020

Les Derniers Jours

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Titre Original : Los Ultimas Dias

De : Alex et David Pastor

Avec Quim Gutierrez, José Coronado, Marta Etura, Leticia Dolera

Année : 2013

Pays : Espagne

Genre : Science-Fiction

Résumé :

Depuis la propagation d’un étrange et foudroyant virus, le monde est devenu terrifiant : sortir est désormais impossible. Dans leurs maisons, leurs bureaux, les gares, les gens sont condamnés à vivre cloitrés et doivent se battre pour leur survie. A Barcelone, Marc, piégé dans son bureau, se retrouve séparé de sa femme Julia. Contraint de faire équipe avec Enrique, son pire ennemi, il part à sa recherche dans les entrailles de la ville …

Avis :

Arrivant un peu plus tard que d’autres, les frères Pastor font partie de la nouvelle vague du cinéma espagnol des années 2000. Une vague amenée avec Alejandro Amenabar, Juan Antonio Bayona, Jaume Balaguero, Paco Plaza, Cesc Gay ou encore Daniel Monzón et Alberto Rodriguez pour ne citer qu’eux. Choisissant un autre chemin, c’est aux Etats-Unis qu’ils ont commencé leur carrière en 2009 avec le film « Infectés« , un petit échec commercial. Depuis, ils sont revenus en Europe pour ce second film ambitieux.

Sorti en 2013 dans très peu de salles, « Les derniers jours« , thriller post apocalyptiques des frères Pastor, est passé totalement inaperçu malgré des bandes-annonces plutôt alléchantes et un bon concept. Le film a d’ailleurs eu du mal à avoir une sortie en DVD. Peu édité, il reste difficilement trouvable. Mais doit-il rester dans l’ombre, comme les producteurs et autres distributeurs ont l’air de le penser ? Et bien la réponse est négative et sans que ce film soit extraordinaire non plus, il mérite qu’on s’y attarde ne serait-ce que pour son concept, son intrigue qui se laisse suivre volontiers et surtout pour son ambition qui démontre une volonté de vouloir offrir du neuf et ça même s’il reste quelques petits progrès à faire pour que ce soit génial. « Les derniers jours » est donc le genre de film injustement méconnu et caché, qu’aujourd’hui, je vais me faire un petit plaisir de mettre en lumière.

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Un mal étrange s’est peu à peu répandu sur la planète. Un mal que personne n’explique et qui a fini par jeter le monde dans le chaos. Ce mal, c’est la peur d’être à l’extérieur. Il frappe n’importe quand, d’un coup, homme, femme, enfant ou vieillard, qui se retrouve pris d’effroi de sortir de là où il se trouve. Les populations se sont donc retrouvées piégées chez elles, mais aussi au bureau, dans les centres commerciaux, chez le médecin ou encore à l’école et sont condamnées à vivre sur les lieux où ce mal les a touchées. À Barcelone, Marc est coincé depuis trois mois maintenant sur son lieu de travail, mais grâce aux efforts des gens de l’immeuble, ils ont réussi a creusé un trou qui rejoint le réseau de métro de la ville. Marc n’a qu’une idée en tête, traverser les couloirs de métro et les égouts de la ville pour rejoindre sa femme, restée, il l’espère, chez eux. Marc ne pouvant se diriger seul dans les soubassements de la ville, il va faire équipe avec Enrique, un homme qui était venu pour dégrossir la société dans laquelle travaillait Marc.

« Les derniers jours » est un film très appréciable sur bien des points, arrivant à divertir avec un projet intéressant, original, qui fait peau neuve, alors même que le fil rouge en lui-même n’a rien de spécialement bien innovant, puisqu’il s’agit encore une fois d’un personnage qui va se donner tous les moyens pour retrouver celle qu’il aime. C’est ce manque d’originalité dans l’intrigue et les deux/trois évènements liés à cette dernière qui feront retomber le film dans la bonne surprise, alors que si les deux avaient bossé un peu plus l’originalité du fil rouge, « Les derniers jours » avait de quoi être grandiose. Après, ce manque d’originalité n’est pas agaçant, on apprécie même le déroulement et le film nous réserve de bonnes surprises sur le parcours de ces deux personnages. En fait, c’est juste que le sujet est si original et l’ambiance si travaillée, qu’on avait envie de plus. Car le sujet qu’ils ont choisi, la peur de l’extérieur, et le traitement qu’ils lui donnent est vraiment bon à suivre. Intriguant, ce sujet, cette peur, nous tient en haleine jusqu’à la fin et le film est loin d’aller vers les facilités que beaucoup d’autres métrages auraient pu se permettre.

Les deux réalisateurs en profitent pour aborder les sujets qu’on avait envie de trouver dans un film sur la fin du monde. Folie humaine, rivalités, gangs, survie, insécurité, troc, violence, mais aussi espoir, reconquête, amour ou encore l’envie de vivre simplement, malgré ces conditions exceptionnelles. Les deux réalisateurs traitent à part égale les différents sujets ainsi que leur sujet général et ainsi, il dresse une vision de l’apocalypse neuve qui pourrait offrir de belles possibilités pour l’avenir.

Les deux réalisateurs offrent de bonnes idées de mise en scène. Ils tiennent leur film et offrent même d’excellentes scènes d’effroi ou d’apocalypse. L’ambiance aurait mérité d’avoir un poil plus de caractère, mais franchement, au vu des idées, du projet et de l’ambition, on a envie de pardonner ça, surtout que ce n’est que leur deuxième film et qu’ils ont réussi à nous concocter un bon film. Belle mention en ce qui concerne les effets spéciaux qui ont de la tronche, alors qu’ils sont loin d’avoir un budget de blockbuster.

« Les derniers jours » est aussi bien tenu par ses deux acteurs principaux, Quim Gutiérrez et José Coronado, qui s’affrontent autant qu’ils finissent par se compléter, et même être touchant par moment. Puis, j’aimerais vous parler de la belle Marta Etura qui irradie de son sourire chaque film sur lequel elle participe. L’actrice détient une belle présence et démontre si besoin est encore toute l’entendue de son talent. C’est vraiment dommage qu’on ne la voit pas plus souvent dans d’autres films.

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Malgré des faiblesses qui auraient pu être évitées, ces « Derniers jours » reste tout de même un bon film sur la fin du monde. Et c’est surtout un bon film original qui prend le risque de l’agoraphobie et rien que pour ça (entre autres), le film vaut le coup d’œil et mérite de sortir de l’ombre dans laquelle on l’a jeté.

Note : 15/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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