Mean Streets

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De : Martin Scorsese

Avec : Robert De Niro, Harvey Keitel, David Proval, Richard Romanus

Année : 1973

Pays : Etats-Unis

Genre : Policier

Résumé :

Dans le quartier des immigrés italiens, la mafia a pris ses marques. Johnny Boy, tête brulée et bagarreur, a emprunté de l’argent à un parrain, sans intention de rembourser. Son ami Charlie, jeune mafioso ambitieux, tente de le protéger de ses créanciers. Mais Johnny Boy est incontrôlable.

Avis :

Troisième film pour le tout jeune Martin Scorsese qui vient d’étonner avec le classique, mais complexe et excellent, « Bertha Boxcar« . Avec ce deuxième film, Scorsese a commencé à faire pivoter les regards sur lui et son cinéma. Mais c’est avec « Mean Streets » que la touche si chère à notre cher Marty va apparaitre pour la première fois. Et c’est avec ce troisième film que l’on peut admirer la naissance du grand réalisateur qu’il est devenu.

Film personnel, « Mean Streets » est un projet qui tient à cœur à Martin Scorsese, puisque le réalisateur, avec son co-auteur, travaille alors dessus depuis la fac. Après une projection de « Bertha Boxcar« , sur les conseils de John Cassavetes, Scorsese va donc se lancer dans un film plus intime. Un film sur un quartier et des gens qu’il connaît. Bref, un film qui lui ressemble, un grand film sur l’amitié et ses valeurs et jusqu’à quel point on est prêt à soutenir un ami.

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Charlie Cappa et Johnny Boy sont deux petites frappes. Ils rêvent d’infiltrer le milieu de la mafia de New-York. Si Charlie peut y arriver, car il a un oncle dans le milieu, donc un petit nom, c’est moins sûr en ce qui concerne Johnny Boy qui est fougueux et incontrôlable. Le jeune homme est tout le temps en train de s’endetter de partout et ne rembourse personne. Mais quand Michael, à qui Johnny doit trois mille dollars, le somme de le rembourser, tout pourrait bien déraper.

Excellent cru de Martin Scorsese, « Mean Streets » est peut-être ce que l’on pourrait qualifier de premier classique dans la filmographie de son réalisateur. « Mean Streets » réunit tout ce qu’on aime et qu’on vient chercher dans un film de Martin Scorsese. Pègre, honneur, amitié, religion, trahison, amour, « Mean streets » est un petit best of de ce que le réalisateur nous offrira plus tard.

Sur un excellent scénario, le jeune réalisateur prend le temps pour développer son intrigue et les différents conflits qui règnent entre les personnages. Plus basé sur la psychologie des personnages, voire même sur le quartier dans laquelle l’intrigue évolue, que sur l’action, la première scène du film de Scorsese est surtout une description du quartier de Little Italy où l’on va donc suivre la vie de ces petits malfrats qui montent petit à petit, dans un New-York d’époque où chacun vit de petites magouilles, même les plus ridicules. Ce qui est excellent avec ce film, c’est qu’on prend plaisir à découvrir toute cette galerie de personnages et ce quartier, car le réalisateur a réussi à capturer quelque chose de très naturel, de très spontané, de très simple, qui sonne vrai. Puis la découverte se fait sur une BO qui est un petit best of de ces années-là. Avec « Mean Streets« , c’est la première fois que Martin Scorsese utilise à ce point la musique et les chansons pour habiller un film et lui donner le style qu’on lui connaît aujourd’hui. Dans un sens, même si ses deux précédents sont excellents, « Mean streets » est le premier vrai film de Martin Scorsese.

« Mean Streets« , c’est aussi un film qui dans sa forme et sa construction ressemble à ce qu’on aime chez Scorsese. Si « Bertha Boxcar » était excellent, il lui manquait ce petit truc Scorsesien que « Mean Streets » trouve et offre. Agrémenté de scènes superbes à la mise en scène intéressante, originale et novatrice (gros coup de cœur pour les scènes du bar), Martin Scorsese réalise un film qui utilise ses codes, tout en respectant ceux de la mafia et du quartier.

« Mean Streets » marque les retrouvailles entre Scorsese et Harvey Keitel qu’il avait déjà fait tourner dans son premier film « Who’s That Knocking at My Door » et dans un court-métrage. Le réalisateur lui offre le rôle du très attachant Charlie Cappa et l’acteur démontre encore une fois un talent certain. Mais plus que Keitel, « Mean streets » marque la première collaboration entre Scorsese et celui qui deviendra son acteur fétiche pour quelques décennies, Robert De Niro. De Niro écope du rôle de Johnny boy, un jeune chien fou, arnaqueur et branleur de première. Un rôle qui lui va comme un gant et ce tout jeune De Niro fait absolument bouillonner ce Johnny Boy. Le final reste un grand moment de cinéma, de tension et de jeu. Avec ce film, Martin Scorsese braque tous les projecteurs sur l’acteur qui est alors un jeune comédien talentueux parmi tant d’autres. C’est bien simple, il crève l’écran à chaque instant. Pour le reste du casting, on remarquera David Proval ou encore Martin Scorsese lui-même.

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« Mean Streets » est donc un tournant dans la filmographie de Martin Scorsese. Un film « pilier » qui n’a pas pris une seule ride et reste toujours aussi plaisant à suivre. « Mean Streets » est un film qu’on a envie de placer d’emblée à côté de « Casino« , « Les nerfs à vif » ou encore « Les infiltrés« . Bref, c’est un très bon film à découvrir pour ceux qui ne le connaissent pas encore.

Note : 17/20

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Par Cinéted

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