Moby Dick

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De : John Huston

Avec Gregory Peck, Richard Basehart, Leo Genn, Harry Andrews

Année: 1956

Pays: Etats-Unis

Genre: Aventure

Résumé:

Achab, capitaine d’un baleinier, n’a pas oublié sa première rencontre avec Moby Dick. Son corps en porte les traces, son esprit aussi d’ailleurs. Il n’a qu’une idée, retrouver la baleine blanche. Cet acharnement passionné va mettre en péril son équipage.

Avis:

John Huston est un réalisateur américain qui, après avoir été boxeur, scénariste et acteur, s’est finalement imposé en tant que cinéaste. Longue d’une quarantaine d’années, sa carrière contient énormément de films devenus des classiques aujourd’hui. D’emblée, on pense à des titres comme « Le faucon maltais« , « Quand la ville dort« , « L’Odyssée de l’African Queen« , « L’homme qui voulait être roi » et bien entendu, son adaptation de « Moby Dick« .

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Ishmael est un jeune homme qui vit de petits boulots. Parfois, quand il est déprimé, il n’a qu’une envie, c’est de prendre la mer. Rejoignant les côtes, il décide de se faire engager sur un baleinier. Il fera partie de l’équipage du Capitaine Achab. Mais alors qu’il pensait partir dans une simple chasse à la baleine, Ishmael et l’équipage vont être entraînés dans une vengeance. Il y a plusieurs temps de cela, le capitaine Achab a croisé sur sa route une immense baleine blanche et son corps, comme son esprit, en garde les cicatrices. Depuis cette première rencontre, Achab n’a qu’une idée en tête, chasser et tuer celle qu’on appelle désormais Moby Dick…

Pour son quinzième film, John Huston a décidé cette fois-ci de partir à l’aventure avec un film on ne peut plus ambitieux, surtout quand on le replace dans son époque, car adapter le roman d’Herman Merville en 1956 n’était pas une partie de plaisir et même si aujourd’hui le film fête ses soixante ans, et qu’il a forcément pris un bon coup de vieux, il reste encore une œuvre très plaisante à découvrir.

Mélangeant parfaitement les styles, « Moby Dick » est aussi bien un film d’aventure qu’un film de vengeance, un drame humain et une réflexion sur la religion, notamment sur le blasphème, dont tout le film est parcouru. Un thème que le réalisateur traite sans jugement, en insistant quelque peu sans trop en faire non plus. John Huston a très bien su trouver le ton juste pour l’aborder. Le réalisateur aborde aussi les thèmes de l’obsession, le dépassement de soi, frôlant le fantastique entre le rêve de capturer l’impossible, l’impensable entre vengeance et gloire, et fortune, et les désillusions face à la force incontestée du monstre blanc.

Ce qui est très bon avec ce « Moby Dick« , c’est que le réalisateur prend tout le temps pour présenter ses personnages. L’introduction est extraordinaire, l’arrivée au bar, l’ambiance, les marins qui chantent, le tableau avec une baleine immense qui terrasse une barque. Bref, on est de suite dans l’ambiance, on sait ce qu’on regarde. Les personnages nous sont présentés au compte-goutte, et l’on appréciera chacun d’eux. On appréciera énormément que John Huston garde son capitaine Achab caché une partie de son film. Tout le monde en parle, on apprend les légendes qui l’entourent, on l’entend errer la nuit sur le pont du bateau, et avec ce procédé, le réalisateur prend le temps de l’iconiser et sa première apparition « publique » est donc marquante. Et il répète le scénario avec la célèbre Moby Dick. Pendant tout le film, on en entend parler, peut-être même un peu trop, car elle se fait vraiment désirer, on voit le temps défiler et elle apparaîtra bien tard, certes pour un excellent affrontement, mais on aurait aimé l’avoir plus longtemps à l’écran. On reste un peu sur notre faim, dans le sens où l’on en a tant entendu parler, qu’on en veut clairement plus. Bien sûr, il faut remettre le film dans son époque, et ce qu’il nous monte est extraordinaire et innovant et l’on ne peut que penser aux sensations incroyables que le film devait fournir à l’époque. Aujourd’hui, il a vieilli, et même s’il a gagné en charme, il perd un peu en intensité et en frissons et comme l’on a imaginé cet affrontement pendant plus d’une heure et demi, on en ressort partagé, entre les effets spéciaux exemplaires pour l’époque et ce petit quelque chose qui manque aujourd’hui.

Par contre, là où le film reste impeccable, c’est du côté de ses acteurs et principalement du côté de Gregory Peck qui campe à merveille l’envie de vengeance, presque la démence du capitaine Achab. Plus le personnage se rapproche de son but et plus il parait possédé et l’on devine que rien au monde ne serait arrêter sa chasse. On découvre Achab à travers les yeux d’Ishamel, très bien tenu par Richard Basehart. Le comédien communique très bien ses sentiments et ses craintes. Belle mention pour Harry Andrews, qui joue un marin plein de joie, d’entrain et de bonne humeur. On notera aussi un petit rôle incroyable d’Orson Welles qui incarne le Père Mapple et nous offre un sermon intense !

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Cette version de John Huston est donc un bon film d’aventure, parlant très bien de l’envie de vengeance et de la détermination. C’est vrai que le film a pris un coup de vieux, et on reste parfois sur notre faim à force d’entendre parler de Moby Dick (il est peut-être un poil trop bavard), mais franchement, si on le remet dans son contexte et son époque, le film est tout simplement stupéfiant. Le frisson est donc quelque peu « gâché », mais on ne peut que pardonner le tout et finalement apprécier l’ensemble, tant le film reste remarquable sur son tout. « Moby Dick » est donc un film à redécouvrir.

Note : 13/20

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Par Cinéted

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