The Possession of Michael King – Found-Footage Satanique

159483

De : David Jung

Avec Shane Johnson, Ella Anderson, Cara Pifko, Tomas Arana

Année : 2014

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Après la mort soudaine de sa femme, Michael décide de consacrer son prochain film à la recherche de l’existence du surnaturel, se faisant le centre de l’expérience, se livrant aux mains des démonologues, nécromanciens, et autres praticiens de l’occulte d’essayer dans l’espoir de prouver une fois pour toute, quand ils auront échoué, que la religion, la spiritualité, et le paranormal ne sont que des mythes. Mais quelque chose se produit. Une force maléfique et terrifiante a pris possession de Michael King. Et elle n’est pas prête à le libérer…

Avis :

Le scepticisme fait partie intégrante du cinéma d’horreur. Combien de familles doutent sur la possession de leur fils ? Combien ont du mal à appeler un prêtre pour un exorcisme ? Et c’est une pierre angulaire du cinéma d’épouvante que d’éprouver des doutes sur des situations paranormales. Seulement, ce sentiment est très peu mis en avant, ne se relayant qu’en seconde partie pour arriver à un climax qui va engendrer un roller coaster horrifique. Du moins, ce moment entre doute et découverte d’un monde fantastique n’est jamais le centre même d’un film, le sujet principal. Or, The Possession of Michael King, premier film d’un cinéaste inconnu au bataillon, David Jung (rien à voir avec le philosophe), va se permettre le luxe de mettre en avant un personnage qui va tenter par tous les moyens de prouver que les démons, les forces occultes et les fantômes n’existent pas. Réelle étude ou sujet de prédilection pour faire un found-footage économique, le film essaye, tâte, explore, sans jamais vraiment trouver sa voie, mais offrant des idées relativement intéressantes et allant quasiment au bout de son concept.

581693

Genre économique par excellence, le found-footage est devenu un véritable fourre-tout dégueulasse qui permet à des réalisateurs de se retrouver (Shyamalan avec le sympathique The Visit) et à d’autres de tomber dans des méandres de médiocrité encore jamais atteints et qui ne perceront certainement jamais à l’instar de Grégory Plotkin et son cinquième épisode de Paranormal Activity. Néanmoins, difficile de cracher dans la soupe quand on voit que seul ce style marche et rapporte un max de pognon. Ainsi donc, les « petits » réalisateurs utilisent ce procédé pour essayer, à moindre coût, de financer leurs projets. Et The Possession of Michael King est plutôt un bon exemple, car à défaut d’être original, il reste intéressant par sa montée en tension et son personnage central qui tente de faire une expérience dangereuse. En effet, Michael King vient de perdre sa femme et décide de mener une expérience : prouver que les démons, le diable et toutes les autres croyances maléfiques ne sont que des affabulations. Et de ce point de vue, le found-footage semble être une bonne option, tournant le métrage comme un rush de documentaire. On sera par contre beaucoup plus sceptique (comme le personnage principal) concernant les raisons du montage et comment une vidéo comme celle-ci a pu aboutir. Syndrome traumatique des found-footage, le film manque d’explications et de liant entre le spectateur qui est censé voir une vidéo amateur et le montage qui reste tout de même du cinéma.

Mais le film réussit là où d’autres ont échoué, faire ressentir un climat malsain et presque dangereux pour les différents protagonistes, qui se limitent au strict minimum. Bien plus dynamique que les Paranormal Activity grâce à une gestion adéquate de plusieurs caméras au sein d’une maison, le film ne perd que rarement en intensité, et sème le trouble chez le spectateur, en voyant la dégradation progressive du personnage central. Car là aussi, le film ne ment pas sur sa marchandise, montrant un personnage tour à tour sceptique jovial, puis inquiet pour finir complètement frappé et possédé (aucun spoil là-dedans quand on lit le titre du film). Les différentes étapes de la transformation font froids dans le dos, révélant ainsi un homme en complète perdition et perdant ses repères d’hommes et de père de famille. Il est dommage tout de même que l’aspect parental ne soit pas plus mis en avant, mettant la petite fille comme vecteur de la folie de l’homme et créateur de sentiments plus forts d’un point de vue horrifiques. Il s’agit-là d’un simple faire-valoir, un cliché apparent du cinéma d’horreur comme quoi un jeune enfant innocent est bien plus touchant et génère donc plus de peur lorsque sa vie est en danger. Du coup, la fin sent plus la note d’intention que le véritable intérêt scénaristique faisant peur.

Le film prend aussi son ampleur grâce à la performance de son acteur principal, Shane Johnson, qui passe du mec le plus cool du monde au possédé le plus flippant. Complètement habité par son personnage, il arrive à faire monter la sauce crescendo, devenant de plus en plus flippé puis mortel. Si certains écueils ne sont pas évités, ainsi que quelques grivoiseries mal foutues (un duel avec un écran qui est relativement ridicule), le film se permet d’offrir un dernier quart d’heure effrayant grâce à la performance physique de l’acteur. Entre des mouvements saccadés et une allure presque insectoïde, l’acteur prend sur lui et offre certaines séquences assez dérangeantes. Il est juste dommage que le twist de fin soit si classique et expédié manu militari. Enfin, dernière chose, The Possession of Michael King impose son point de vue et affirme donc que les démons existent bel et bien. Si le parti pris était quasi-inévitable, avec un peu plus de finesse, le métrage aurait pu laisser planer un doute avec un personnage plus nuancé, en proie à ses propres démons concernant la disparition de sa femme. Mais entre un budget famélique et des restrictions temporelles, il était surement difficile de faire rentrer des exigences de ce type sans perdre du rythme.

582474

Au final, The Possession of Michael King est plutôt une bonne surprise puisqu’il s’agit d’un film dont on n’attendait rien, surtout en sachant que c’est un found-footage. Il en résulte un film assez linéaire concernant la narration, mais qui a le mérite de monter crescendo et de ne jamais redescendre, présentant un personnage sceptique qui va devenir la proie à un démon affamé. Un film classique en somme, mais pas désagréable, ne mentant jamais sur ses qualités et offrant au spectateur ce qu’il était venu chercher. Glauque et malsain sans pour autant aller trop loin, le métrage trouve un juste milieu sur sa forme, mais malheureusement pas sur son fond, manquant cruellement de rapports humains forts pour ressentir une vraie empathie.

Note : 12/20

Image de prévisualisation YouTube

Par AqME

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Facebook : Lavisqteam.fr – Contact: lavisqteam@laposte.net