Le Régulateur

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Auteurs : Eric Corbeyran, Eric Moreno et Marc Moreno

Editeur : Delcourt

Genre : Science-Fiction

Résumé :

Bras armé d’une organisation dont le but déclaré est de renverser le gouvernement, Aristide Nyx est un Régulateur doté de nerfs d’acier et d’une technique en béton armé. Mais il possède aussi un secret : son cœur est rongé par les vers… Il sait qu’il va mourir, mais il ignore quand. Alors, en attendant, il tue… Jusqu’au jour où on lui propose d’assassiner une tueuse à gages en qui il reconnaît une amie d’enfance… À partir de cet instant, la « machine à tuer » s’enraye. Et un Régulateur qui doute devient aussi imprévisible et dangereux qu’un tigre blessé…

Avis :

L’univers Steampunk est un univers très particulier. Affichage une image rétrograde avec de nouvelles technologies, le steampunk est une branche de plus en plus appréciée dans le domaine de la science-fiction. Le problème, c’est que cet univers est bien souvent pris pour explorer les mêmes thématiques, à savoir une enquête policière en réutilisant les codes de Sherlock Holmes ou de tout autre détective anglais connu. Les raisons du succès de cet univers résident dans une imagerie forte, une uchronie fantasmée qui change radicalement des space opéra ou des mondes dystopiques désertiques. Alors forcément, quand des auteurs franco-belges s’intéressent de près au steampunk pour faire une série en BD, ça titille, ça pousse à la curiosité. Le Régulateur est donc de cette branche qui commence à pousser de la science-fiction dont le premier tome date de 2002. Et c’est douze ans plus tard, et six tomes, que la série prend fin, pour un résultat très discutable.

Regulateur

La grande force du Régulateur tenait à deux choses. Un dessin incroyable doté d’une colorisation à tomber à la renverse et un scénario innovant dans un univers réellement atypique. D’ailleurs, les deux premiers tomes sont des modèles du genre, arrivant à allier un superbe dessin avec un scénario qui tient la route et un mystère gouvernemental très intéressant. Mais même au-delà de ces deux choses indispensables pour faire une bonne BD, la série savait ménager le mystère grâce à un personnage central charismatique au background surdéveloppé. Tellement surdéveloppé qu’on en oublierait presque les personnages secondaires, moins prégnants et pourtant tout aussi important pour la réussite de la quête. De ce fait, les deux premiers tomes sont vraiment très bons et ne laissaient augurer que du bonheur pour la suite, ancrant son récit dans une manipulation gouvernementale.

Seulement voilà, les deux tomes suivants seront des catastrophes. Pourquoi ? Tout simplement parce que le scénario ne tient pas la distance des six tomes et que l’histoire principale aurait pu (et même dû) s’arrêter dès ce troisième tome. Mélangeant trop de thèmes, Le Régulateur se perd dans une histoire de jeunesse éternelle et de vengeance non assumée. C’est relativement triste à dire, mais on a l’impression que le principal souci du scénariste était de placer de l’action afin de contenter les bas instincts du lecteur lambda. Sauf que ça ne marche jamais, la série se retrouvant reléguée au rang de série B de mauvais goût. Les personnages voyagent, les explications se compliquent, et on rajoute çà et là des souvenirs d’enfance du héros. Et si aborder l’enfance du héros était au départ une bonne idée et permettait d’aborder des thèmes importants comme le handicap et le déchirement de perdre un être cher, cela devient du remplissage par la suite, prenant le pas sur des choses pas forcément importantes. D’autant plus que ces insertions narratives cassent le rythme et ne servent pas forcément à grand-chose.

Et puis il y a le dessin. Encore une fois, les deux premier tomes sont splendides à regarder, grâce à de superbes planches d’Eric Moreno, mais aussi et surtout à une colorisation en totale adéquation avec l’univers. Les teintes sont grises, marron et on sent une certaine pollution dans l’air. Le petit hic viendra de certains visages, et notamment cela d’Hestia, une belle rousse, qui sont assez inégaux allant de la beauté fatale au visage désagréable au nez aquilin. Mais ce qui n’était que du chipotage au départ devient vite une redondance par la suite, enlevant tout le côté sexy des héroïnes. Même le héros prend un léger coup de vieux. Mais finalement, le plus désagréable dans cette BD, c’est la rigidité des dessins. C’est bien simple, il devient difficile de croire aux scènes d’action et aux différents mouvements des personnages tant le dessin s’exprime mal dans le mouvement. Les personnages sont relativement rigides et certaines grandes planches sont même gênantes, à l’image de l’explosion dans le quatrième tome. Fort heureusement, le dernier tome rehausse la barre, notamment dans son dernier quart avec de grandes planches splendides et une dernière image de toute beauté.

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Au final, Le Régulateur est une série qui déçoit plus qu’elle ne subjugue. Si le départ fait illusion, le lecteur déchante assez vite avec un terrible ventre mou en son milieu qui ne raconte que du vide et qui ne tente même pas de rattraper le coup avec des pistes secondaires pour sauver un récit qui ne se contente que d’action et de rencontres fortuites. Bref, si dans son ensemble la série n’est pas mauvaise, elle reste très décevante quant à ses prétentions de départ. Et c’est bien dommage quand on voit le potentiel qu’a cette série.

Note : 12/20

Par AqME

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