décembre 2, 2020

Michelle Williams – Journey to Freedom

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Avis :

Au tout début des années 2000, le r’n’b connut sa décennie de gloire grâce à des girls band qui ont rapidement senti un nouveau filon. Arpentant aussi bien le chemin du gospel que de la pop ou du rap, la musique urbaine allait connaître un nouvel essor et bon nombre de groupes se jettent dedans à corps perdu. Parmi les références du genre, on trouve Destiny’s Child qui a eu un succès phénoménal et qui a permis à chaque membre de faire une carrière solo après la dissolution du groupe en 2006. Michelle Williams n’est donc pas l’actrice blonde qui a incarné Marylin Monroe et encore moins une sœur cachée jouant au tennis, mais bel et bien la troisième personne après Beyoncé Knowles et Kelly Rowland. De ce fait, voyant ses deux collègues réussir leur carrière solo (plus l’une que l’autre, c’est certain), elle décide de se lancer dans l’aventure en 2002 et douze plus tard et quelques 500 000 albums écoulés dans le monde, elle revient avec Journey to Freedom qui est son quatrième effort toute seule. Mais doit-on y voir ici un revival du r’n’b commercial old school comme à la belle époque ? Certainement pas et si l’album n’est pas mauvais en soi, il respire la thune et une non-volonté de chercher la difficulté pour bousculer les codes.

Le skeud débute avec Need Your Help et il s’agit d’un titre tout à fait classique du genre dans lequel opère la chanteuse. Musique électro, boîte à rythmes et jolie voix sont au programme pour fournir un titre qui remplit son cahier des charges mais qui ne va pas plus loin. Le plus surprenant, c’est que le morceau reste sur la même ligne de tempo. Alors que parfois on peut avoir des variations, des moments plus rapides, d’autres plus lents, des moments où la chanteuse lâche sa voix, ici, rien de tout ça. Bien au contraire, le titre est aussi plat que la ligne de vie d’un mort. Et ce sera le même constat sur les trois premiers titres que sont Yes et Everything (oui, ne nous cassons pas trop le cul pour les titres). Le problème, c’est que l’on a la sensation que Michelle Williams livre un album avec des années de retard sans jamais proposer un hommage ou un revival appréciable comme pourrait le faire Duffy par exemple, même si le genre est totalement différent. Certains titres frôlent aussi le foutage de gueule au niveau de la rythmique à l’instar de Fire qui ne mettra le feu à rien du tout tant le titre est mou. D’ailleurs, ce sera l’un des plus gros problèmes de l’album qui n’a de cesse de se ralentir et de proposer des morceaux en mid-tempo parfois détestables ; Dans le même genre, on peut parler de Free qui ne sert pas à grand-chose.

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Mais y-a-t-il des choses à retenir dans ce skeud ? Oui, c’est là le plus étonnant, c’est que malgré tout, quelques morceaux sauvent de justesse l’album d’un naufrage mercantile. Premièrement, l’album se réveille à la quatrième piste avec Fall en featuring avec Lecrae et Tye Tribbett. Le morceau se tourne plus vers le rap, avec notamment un refrain plus scandé et une instrumentalisation plus saccadée, permettant aux deux rappeurs de faire des variations intéressantes, bien loin des trémolos de la chanteuse. Ce sera d’ailleurs l’un des seuls morceaux proposant vraiment une variation de rythme au sein même de la chanson. Alors bien évidemment, il faudra attendre les sempiternelles ballades pour se rendre compte que la chanteuse possède un bel organe, même si les aigus sont parfois trop hauts. On pourra se réjouir d’entendre de vrais instruments dans les titres Beautiful ou encore Believe in Me. Le problème viendra de la production qui colle ses deux morceaux calmes et beaux côte à côté. Enfin, on pourra croire à un titre un peu plus construit avec If We Had Your Eyes en duo avec Fantasia qui effleure rapidement le côté soul/jazz/gospel, mais très rapidement. Enfin, difficile de passer à côté du dernier morceau qui réunit les Destiny’s Child pour le titre Say Yes, qui sera une réelle catastrophe. Le morceau démarre comme du Pitbull pour partir ensuite vers quelque chose de chaud et d’estival avec comme unique but d’accumuler un maximum de vues et d’écoutes. Malheureusement, ce n’est franchement pas bon et c’est dommage car le titre aurait pu laisser plus de place aux voix des chanteuses.

Au final, Journey to Freedom, le quatrième album de Michelle Williams, n’est pas si désagréable que ça même s’il est loin d’être parfait ou même intéressant. Se contentant du minimum syndical afin d’avoir un maximum de blé, la chanteuse se plante complètement sur les morceaux solos et trouve un second souffle dans les featurings qui sauvent in extremis l’album d’un naufrage culturel. Rien de transcendant donc et Beyoncé peut dormir à poings fermés.

  1. Need Your Help
  2. Yes
  3. Everything
  4. Fall feat Lecrae & Tye Tribbett
  5. Fire
  6. Free
  7. Just Like You
  8. Beuatiful
  9. Believe in Me
  10. In the Morning
  11. If We Had Your Eyes feat Fantasia
  12. Say Yes feat Beyoncé & Kelly Rowland

Note: 09/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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