décembre 2, 2020

L’Ordre du Dragon – James Rollins

51LDIzJePlL._SX295_BO1,204,203,200_

Auteur : James Rollins

Editeur : Fleuve Noir/Pocket

Genre : Thriller

Résumé :

Le carnage est indescriptible : lors d’une messe dans la cathédrale de Cologne, des moines encapuchonnés interrompent brusquement l’office ; alors qu’ils abattent le prêtre, les fidèles qui venaient de communier, empoisonnés, meurent les uns après les autres ; puis les assassins profanent le tombeau qui contient les saintes reliques des Rois mages, avant de fusiller les derniers survivants. Pour lever le voile sur ce sacrilège, le gouvernement américain réclame l’intervention de Sigma Force, groupe d’action secrète spécialisé dans les enquêtes délicates. Très vite, les agents sont confrontés à une mystérieuse société ésotérique datant du Moyen Âge et baptisée l’Ordre du Dragon…

Avis :

Si la première aventure de Sigma Force (La cité de l’enfer/Tonnerre de sable) est restée assez discrète dans l’hexagone à cause d’une distribution plus modeste, L’ordre du dragon est le roman qui a révélé James Rollins au public français. Sorti deux ans après le raz de marée du Da Vinci Code (sorties américaines), ce best-seller tend à emprunter le même chemin de par les thématiques qu’il brasse et le ton donné dès les premières pages. Pour autant, James Rollins n’est pas Dan Brown et parvient à trouver une réelle continuité au fil de ses ouvrages grâce à des sujets historiques et ésotériques assez peu connus en dehors de cercles d’érudits ou de passionnés.

Après la cité d’Ubar, l’unité d’élite Sigma Force se retrouve confrontée à un nouveau mystère : l’histoire controversée des rois mages et leur rôle réel au sein du christianisme. Si d’autres romans se penchent sur des aspects dissemblables de la religion, James Rollins choisit une approche moins exploitée dans le domaine. Pour ce faire, il repose le cœur de son intrigue sur une documentation et des bases solides en remontant aux origines du mythe ; plus précisément avant et après la nativité. De fait, il en découle une progression cohérente et crédible qui évoluera crescendo au fil des chapitres.

Pourtant, ceux-ci s’avèrent très longs et forment une structure dense où les coupures se font rares. Un choix qui n’était pas forcément le plus judicieux pour entretenir un rythme dynamique et un suspense de rigueur. C’était sans compter les talents de narrateur de James Rollins pour susciter l’intérêt chez ses lecteurs. L’équilibre entre l’aspect théorique et les phases d’action fait l’objet d’un soin particulier. Ces dernières s’avèrent nombreuses et assez travaillées dans leur mise en scène. Des séquences complexes où le style direct et percutant de l’auteur explose entre fusillades, combats rapprochés et exploration sous-marine.

Les passages de réflexion, eux, permettent d’étayer des hypothèses plausibles pour résoudre différentes énigmes à la difficulté variable, mais dont leur construction respective nécessite autant de bonnes notions historiques que d’excellentes capacités intellectuelles. En cela, L’ordre du dragon ne faiblit pas devant l’effort pour nous offrir un jeu de piste aussi trépidant que fascinant pour parvenir au bout de la quête. On remarquera quelques ajouts fictifs suffisamment réalistes pour que l’intrigue se tienne du début à la fin en flouant constamment les frontières avec la réalité.

Si les personnages s’avèrent dissemblables les uns des autres, on regrettera le rôle secondaire de Painter Crowe (qui occupait le devant de la scène dans le premier tome). Toutefois, l’équipe qu’il dirige se montre à la hauteur des objectifs à atteindre, ainsi que des enjeux précités. Quant aux antagonistes, le constat est plus nuancé, car leur traitement et leur comportement se révèlent nettement plus prévisibles. Des poncifs qui ont néanmoins le mérite de faire progresser les tenants par le biais d’un jeu du chat et de la souris à travers le globe (États-Unis, Europe, Égypte…) et faire voyager le lecteur autrement que par les mots.

À mi-chemin entre le thriller ésotérique et le roman d’action nerveux, L’ordre du dragon s’avère un ouvrage entraînant et maîtrisé. Deuxième tome de la série Sigma Force, il se montre plus équilibré que son prédécesseur dans sa narration tout en peaufinant des scènes décrites avec une indéniable efficacité. En dépit de son apparente longueur et de quelques errances (on aborde le thème de l’alchimie et des Templiers sans le développer plus que cela), un livre hautement recommandable pour les férus du genre. Les amateurs de Steve Berry ou David Gibbins apprécieront à coup sûr pour percer l’un des nombreux mystères de la chrétienté.

Note : 15/20

Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.