Dream Theater – The Astonishing – Opéra-Rock Dystopique

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Avis :

Fleuron du métal progressif, Dream Theater s’est imposé dès la fin des années 80 avec un style très marqué et assez difficile d’accès. Il faut dire que ce genre est assez peu diffusé, que ce soit à la radio ou sur les chaines musicales et qu’hormis les concerts, les albums en magasins spécialisés et le bouche à oreille, il est difficile de se faire un nom dans le milieu et d’y survivre. En ce sens, après trente ans d’existence et une actualité toujours en éveil, il faut reconnaître que Dream Theater fait partie des grands de ce monde. Comme tout groupe qui perdure, la formation a connu des périodes plus difficiles, à l’image d’un album trop commercial en 1989, qui fut un flop et qui lui permit de refaire ce que le groupe avait envie de faire par la suite, ou encore le départ de Mike Portnoy, batteur et membre fondateur du groupe. Mais rien n’a arrêté Dream Theater, pas même les critiques acerbes sur un virage artistique, lorgnant désormais plus vers le lyrique et des compositions plus complexes, alliant deux styles différents. Et fort d’un très bon album éponyme en 2013, le groupe revient avec un projet très ambitieux cette année, The Astonishing, un opéra-rock qui tient sur deux cd et trente-six morceaux.

Le problème avec les albums conceptuels, c’est qu’il faut y être préparé. C’est-à-dire que s’il y a un fil conducteur, un thème utilisé, il faut être au courant pour mieux cerner la musique, l’ambiance mais aussi l’histoire racontée. Ici, le groupe choisit de placer son histoire dans un monde dystopique (il faut croire que c’est la mode avec Megadeth et son excellent Dystopia) où la musique n’est jouée que par des robots nommé Nomacs. Un beau jour, un enfant nommé Gabriel nait avec le pouvoir de la musique. Une résistance va donc se mettre en place pour contrer la musique électronique et inhumaine. Faut-il y voir un combat contre la musique pop que l’on nous sert tous les jours et qui ne se base que sur des boîtes à rythmes et des samples électro tout faits ? Possible. Cependant, quand on chronique un album de musique, c’est justement la musique qui nous intéresse et un peu moins l’histoire, même si elle apporte du grain à moudre. Et comme à son habitude, Dream Theater livre une partition techniquement incroyable et quasiment sans faille. Quasiment car dans la masse de la trentaine de titres proposés, certains seront plus faibles que d’autres et il manquera un petit peu de variations à certains moments. Rien de bien méchant, mais le groupe s’évertue à balancer des ballades ou des titres lyriques à tout bout de champ, laissant finalement moins de place aux riffs agressifs et à des partitions plus métal. On pense par exemple à The Answer ou encore Act of Faythe, deux titres lénifiants et qui colle plus à l’aspect théâtral de la chose. Les interludes avec les bruits de robots sont aussi moins intéressants et moins palpitants, même s’ils servent à renforcer une ambiance déjà bien prégnante.

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Mais la force du groupe réside aussi dans sa capacité à rebondir et à proposer des titres variés au sein même de leur composition. Ainsi, Dream Theater va brasser plusieurs de leurs influences, comme le métal, le symphonique et parfois même la chanson française, à l’image de Lord Nafaryus, dont les ruptures font immédiatement penser à du Edith Piaf. Ainsi, on retrouvera des titres à la fois lyrique et métal, à la manière d’un Nightwish, comme les titres Three Days ou encore Ravenskill, qui sont les meilleurs du genre dans l’album. Mais le titre où l’on retrouve le plus le groupe, c’est dans A New Beginning, qui débute avec des riffs assez agressifs avant de lancer des violons et une jolie batterie. En fait, Dream Theater arrive parfaitement à allier des styles antonymes pour fournir des pièces imposantes et qui collent parfaitement à l’univers créé. Un petit bémol concernera le lien étroit entre les deux parties. Si la ressemblance permet d’avoir un liant entre les deux parties, cela peut s’avérer redondant, surtout que la première partie dépasse déjà les 80 minutes, ce qui est très conséquent. Album décrié lors de sa sortie fin janvier, force est de constater que les difficiles sont bien présents, car hormis une ou deux scories, The Astonishing se révèle être un album complet et une prise de risque conséquente pour le groupe qui relève le défi haut la main.

Au final, The Astonishing, le treizième album de Dream Theater, qui se compose comme un opéra-rock en deux parties, est plutôt une bonne et agréable surprise. D’une générosité et d’une technicité sans faille, cet album conceptuel montre que le groupe californien en a encore sous la caboche et qu’il n’est pas prêt de laisser tomber la scène. Car finalement, c’est bien sur les planches que l’on verra ce que donnera cet album, très long, mais contenant quelques pépites et ayant la richesse de raconter une histoire complète et qui pourrait se rapporter à notre époque, avec une musique de plus en plus formaté et impersonnelle.

Acte 1

  1. Descent of the NOMACS
  2. Dystopian Overture
  3. The Gift of Music
  4. The Answer
  5. A Better Life
  6. Lord Nafaryus
  7. A Savior in the Square
  8. When Your Time Has Come
  9. Act of Faythe
  10. Three Days
  11. The Hovering Sojourn
  12. Brother, Can You Hear Me?
  13. A Life Left Behind
  14. Ravenskill
  15. Chosen
  16. A Tempting Offer
  17. Digital Discord
  18. The X Aspect
  19. A New Beginning
  20. The Road to Revolution

Acte 2

  1. 2285 Entract
  2. Moment of Betrayal
  3. Heaven’s Cove
  4. Begin Again
  5. The Path That Divides
  6. Machine Chatter
  7. The Walking Shadow
  8. My Last Farewell
  9. Losing Faythe
  10. Whispers on the Wind
  11. Hymn of a Thousand Voices
  12. Our New World
  13. Power Down
  14. Astonishing

Note: 16/20

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Par AqME

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