octobre 30, 2020

Point Break – Braqueurs Flotteurs

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De : Kathryn Bigelow

Avec Keanu Reeves, Patrick Swayze, Gary Busey, James LeGros

Année: 1991

Pays: Etats-Unis

Genre: Policier

Résumé:

Pour retrouver les braqueurs responsables de 26 attaques de banques, Johnny Utah, jeune inspecteur du FBI inexpérimenté et naïf, s’infiltre dans le milieu des surfeurs de Los Angeles.

Avis:

L’univers cinématographique est un milieu très masculin. Contrairement à d’autres corps de métiers comme l’enseignement ou le milieu hospitalier, le cinéma est comme le BTP et laisse peu ou prou de place à la gente féminine derrière une caméra. Et pourtant, de plus en plus de femmes prennent la caméra dans l’autre sens et se lance dans la réalisation pour apporter une touche de féminité et des histoires vues sous un autre angle. Si certaines d’entre elles sont passées par la case actrice comme Angelina Jolie Pitt ou Sylvie Testud, donnant une certaine crédibilité à leur métier, d’autres ont préféré empoigner directement la caméra et montrer ce qu’elles savaient faire. Et Kathryn Bigelow est un exemple en la matière.

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Elle a su imposer son style dans un milieu machiste et même si certains pourront dire qu’elle doit sa place à son ex, James Cameron, elle a depuis longtemps prouvé qu’elle ne devait rien au piston, mais tout au talent. Ces derniers films parlent d’eux-mêmes avec Démineurs ou encore Zero Dark Thirty. Mais bien avant cela, elle avait déjà marqué les esprits dans les années 90, à un tel point qu’un remake a vu le jour, avec Point Break, un film policier ambigu qui oscille constamment entre une ambiance tendue et une cool attitude, le faisant ressembler à aucun autre film. Et si le remake ne vaut pas tripette, abandonnant toute ambiguïté et n’arrivant pas à instaurer un lien étroit entre les deux personnages principaux, il en est tout autre avec le film de Bigelow.

S’ancrant d’entrée de jeu dans une époque malheureusement révolue, Point Break montre un parti pris évidemment sur l’ambiance et la volonté d’opposer deux mondes. En effet, dès le générique de début, un parallèle est fait entre le monde de Johnny Utah, jeune prodige du FBI et celui de Bodhi, surfer utopiste. A partir de là, le film prend la trajectoire du buddy movie avec deux flics aux caractères opposés qui vont devoir se fondre dans un monde qui leur est inconnu. Et cette fusion va se faire de manière lente, progressive, mettant en avant la relation amicale qui va lier les deux personnages principaux. Et c’est de là que va naître la vraie force du film, créant un lien fort entre deux personnages qui ont des objectifs totalement différents et dont les repères vont être mis à mal. Et si parfois on ressent quelques longueurs autour des discours de Bodhi ou de l’installation de cette amitié, c’est pour mieux surprendre par la suite et pousser le déchirement de Utah à son paroxysme.

L’autre force de l’histoire, c’est de proposer des méchants qui ne sont pas forcément méchant. Il y a une vraie dimension spirituelle dans ce film qui présente une vraie complexité dans les protagonistes mais aussi leurs actions. Ainsi, Bodhi est un braqueur de banques, mais il ne fait pas ça pour l’argent, trouvant un bien-être dans une dimension plus intellectuelle. Seulement, Kathryn Bigelow n’est pas dupe et ne présente pas de personnages aussi simples. Le dénouement final prouvera que Bodhi n’est pas si sympathique que ça et qu’il peut y avoir une distance entre ce qu’il dit et ce qu’il fait. Johnny Utah ne sera pas en reste, tiraillé entre son métier et le rôle qu’il joue, qui prend de plus en plus de place.

Enfin, si le film se veut relativement lumineux, la réalisatrice n’oublie pas pour autant son sujet principal, l’infiltration et le sabotage d’un groupe de braqueurs. Ainsi, le film possède vraiment deux ambiances différentes, entre des moments presque oniriques, montrant des paysages d’une grande beauté, et d’autres moments plus bruts, où le sang gicle. Encore une fois cette dissemblance va finir par se confondre, à l’image de la relation entre Bodhi et Utah, pour arriver à son paroxysme dans un braquage qui tourne mal. Bigelow montre toute sa maestria dans des scènes nerveuses et parfaitement lisibles, à la mise en scène inspirée come cette attaque dans une maison avec le premier groupe de trafiquants de drogue. A l’image de sa réalisation, les deux acteurs principaux font des merveilles, avec un Patrick Swayze ultra charismatique et un Keanu Reeves en jeune premier attachant.

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Au final, Point Break premier du nom est une belle réussite qui n’a pas pris une ride et qui demeure l’une de ces madeleines de Proust que l’on déguste avec avidité. Plus sulfureux qu’il ne le laisse croire, ambivalent sur plusieurs points (réalisation, ambiance, jeux d’acteurs) et très intelligent dans le traitement des personnages, Point Break est une belle réussite qui ne trouvera pas d’égal avec son remake, qui lorgnera plus du côté de Fast & Furious que du film de Kathryn Bigelow. Un film devenue culte des années 90 et qui n’a pas usurpé son statut.

Note: 16,5/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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