octobre 26, 2020

Point Break – Extrême Limite (Intellectuelle)

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De : Ericson Core

Avec Edgar Ramirez, Luke Bracey, Teresa Palmer, Ray Winstone

Année : 2016

Pays : Etats-Unis

Genre : Action

Résumé :

Une série de braquages spectaculaires aux quatre coins du monde met en péril l’équilibre des marchés financiers. Les criminels opèrent aussi bien en motos dans des gratte-ciels new yorkais qu’en « wingsuits » pour s’échapper d’avions au-dessus de la jungle. Johnny Utah, une ancienne légende du moto-cross devenue agent du FBI, va devoir infiltrer le groupe de sportifs de l’extrême que l’on soupçonne d’être à l’origine de ces sidérants braquages. Pour gagner leur confiance, Utah affronte des défis insensés, du surf au snowboard en passant par la chute libre ou l’escalade à mains nues. Alors qu’il pense avoir identifié le cerveau des braquages, il se retrouve entrainé contre son gré dans les activités criminelles du groupe dopé à l’adrénaline…

Avis :

Il se passe quelque chose de pourri à Hollywood en ce moment. Est-ce une sclérose d’idées ? Une certaine facilité dans un monde régi par le pognon et le profit ? Peu importe, mais le cinéma n’a jamais autant engrangé de remakes de mauvaise qualités depuis des lustres. Et c’est problématique, voire très grave, car la jeune génération risque fort d’être nourri aux films insipides et non pas à la liberté de ton des années 80 et même 90. En fait, le remake peut servir, mais encore faut-il qu’il soit bien fait. C’est-à-dire qu’il peut actualiser un ancien métrage dont le fond n’a plus de sens aujourd’hui et il peut aussi rappeler au doux souvenir d’un film que l’on a envie de revoir.

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Mais outre l’aspect revival sympathique, le remake a plus de défauts que de qualités. En ce sens, il dénature souvent nos souvenirs de jeunesse, les réadaptant pour une société qui s’aseptise de plus en plus, malgré une violence qui se fait de plus en plus prégnante. Le remake montre aussi que les scénaristes d’Hollywood sont un peu à court d’idées, ressassant à chaque fois le passer pour faciliter une écriture qui peut faire des entrées. Et c’est là le troisième dommage collatéral des remakes, celui de ne pas prendre de risque, le cinéma étant devenu une entreprise qui ne voit pas par la qualité, ais par la quantité d’entrées. Du coup, les scénaristes ne veulent plus prendre de risques et c’est bien dommage. De là à faire un remake de Point Break, on se fout un peu de notre gueule.

Sorti en 1991 sous l’œil acéré de Kathryn Bigelow, Point Break premier du nom était un excellent film qui prenait à revers tous les films d’action de l’époque. Entre le buddy movie et le policier à tendance actioner, ce film avait fait sensation et continue aujourd’hui d’avoir des fans qui se le repassent de temps à autre. Mais fondamentalement, le point fort de Point Break, c’est d’avoir une certaine spiritualité au sein d’un groupe de braqueurs qui sont des bandits malgré eux, voulant simplement vivre comme ils l’entendent. Seulement, fallait-t-il faire un remake 25 ans plus tard ? Bien évidemment que non, puisque le film se suffit à lui-même et aujourd’hui encore il a une certaine portée. Malheureusement, Hollywood ne l’a pas entendu de cette oreille.

Concrètement, ce Point Break cru 2016 est un purge sur tous les points et il ne réussit jamais à se démarquer de son aîné. Pire que cela, il préfère évoquer Fast & Furious sur son affiche plutôt que son frère. A partir de là, la messe est dite et le respect n’est plus présent. L’histoire en elle-même n’a plus rien à voir avec l’original. Si on a encore un groupe de gangster amateur de sport extrême et d’adrénaline, les raisons des méfaits sont complètement opposées. Priorité à la bienséance, dans ce film, les voleurs sont des robins des bois modernes essayant de réaliser un défi impossible à faire dans les sports extrêmes. Exit la dichotomie des personnages du premier épisode, ici, tout est clair et tout est expliqué à haute voix. Entre un discours sociétal politiquement correct (qui se veut sulfureux par les moyens employés) et une farce écologique sur la Terre donne et on doit rendre, le film nous ressort des poncifs du genre qui ne sortent jamais du carcan contemporain afin de caresser le public dans le sens du poil. Encore une fois, le propos qui se veut sulfureux est finalement lissé au maximum afin de ne pas faire de vagues (un comble pour un Point Break).

Jusqu’aux personnages et leurs relations toxiques qui ne trouveront aucun écho. Très rapidement les deux personnages principaux se rencontrent et vont se lier d’amitié. Seulement, on n’y croira pas une seule seconde, la faute à un montage cut qui favorise l’action et qui ellipse volontairement certains passages qui auraient renforcé le lien entre Bodhi et Utah. Tout comme l’histoire d’amour qui en découle et qui est vraiment trop rapide. En fait, on comprend bien qu’Ericson Core, dont c’est la première grosse réalisation, veut en mettre plein la vue avec des scènes d’action non-stop, mais cela au détriment de relations qui ne se font pas ou de manière trop abrupte. Et de ce fait, on ne ressentira aucune empathie pour les personnages. Bodhi veut se la jouer mystique écologiste mais Edgar Ramirez pose comme une star du porno et Johnny Utah devient un adepte des sports extrêmes qui touche à tout, aussi bien au snowboard qu’à la moto cross et Luke Bracey n’arrive pas à lui donner la moindre épaisseur, ce qui est relativement triste.

Mais le plus triste dans tout ça, c’est le manque créatif de la part du réalisateur qui est aussi le directeur de la photographie (qui est son métier de base). C’est bien simple, on a l’impression d’être devant un documentaire sur le snowboard ou le surf, sans jamais arriver à trouver un bon angle qui pourrait prendre aux tripes le spectateur. Même les effets de vertige sont mal gérés et sont bien mieux dans Vertige d’Abel Ferry avec pourtant beaucoup moins de budget. Mais le réalisateur va au-delà du mauvais gout avec une partie en wingsuit imbuvable où le fond vert se voit comme dans un film des années 80. C’est dramatique pour un film contemporain. C’est d’autant plus dramatique que la jeune génération va se servir de ce film comme référence du film d’action sur fond de sport extrême alors que ça n’arrive même pas à la voûte plantaire de l’original.

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Au final, Point Break est une grosse déception qui ne mérite même pas cette appellation. Blockbuster d’action qui lorgne plus vers la licence des Fast & Furious que du film de Bigelow, ce remake ne vaut pas grand-chose et n’arrive jamais à happer son spectateur, que ce soit dans des relations fortes et ambigues ou dans des moments éprouvants d’action intense et dangereuse. Il en ressort un métrage sans saveur, comme Hollywood en produit chaque année, et qui montre que faire un remake est aussi dure que de surfer sur une vague sans se casser la gueule. Là, c’est la noyade assurée.

Note : 03/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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