septembre 24, 2020

Kavinsky – Outrun

Kavinsky-outrun

Avis :

Qui est Kavinsky ? Il faut dire que depuis la sortie du film Drive, excellent film au demeurant, on entend beaucoup parler de ce nouveau musicien de la scène électronique. Et en plus, on apprend rapidement que le monsieur est français et qu’il a de bonnes relations, puisqu’il a fait les premières parties de Daft Punk, et qu’il a joué aux côtés de Sébastien Tellier et qu’il est très proche de Quentin Dupieux, alias Mr Oizo, réalisateur et musicien électro. Vincent Belorgey de son vrai nom se fait connaître durant les années 2000 et sort quelques EP qui font être fortement utilisés pour de la pub  mais aussi dans le cinéma. C’est alors que début 2013 sort Outrun, son premier vrai album avec pas moins de 13 pistes. La concurrence étant rude au niveau de ce genre musical, possédé par tous les pseudos Dj français qui polluent avec leur son vaguement dancefloor (David Guetta qui n’aura jamais de crampes aux doigts), l’album de Kavinsky sort-il du lot ? L’aura si attirante de Drive est-elle toujours présente dans cet album ? Alors voir cela d’un peu plus près à bord de notre belle voiture surpuissante qui fait un bruit d’enfer et qui réveille les voisins !

L’album commence comme beaucoup de skeud en ce moment, avec une petite introduction qui met l’eau à la bouche. On entend une date, rappelant au bon souvenir des années 80 et les premières sonorités qui font le succès de Kavinsky arrivent lentement mais surement. Puis on attaque véritablement le skeud avec Blizzard, un morceau qui fait une grosse référence à Daft Punk, dans le schéma narrative. Comment ne pas entendre planer le fantôme de Around the World dans la répétition et dans la rupture qui devient plus silencieuse pour revenir en force ! Néanmoins, on ressent aussi un affranchissement, avec une consonance presque plus violente, mais surtout une guitare électrique en fond qui rend le tout bien plus énergique et dansant. Protovision, la troisième pièce sera dans le même genre, mais en encore plus électro, avec des gros coups brutaux de sons électro des années 80 et une guitare électrique rappelant des morceaux e hard rock de la belle époque. Le morceau est très rythmé et donne vraiment envie de bouger. On retrouvera d’ailleurs certains morceaux dans le même tout au long de l’album comme Testarossa Autodrive, l’un des premiers succès du français. Mais l’album possède ses morceaux plus calmes, plus planants, à l’image de Deadcruiser, rappelant un peu la sonorité des films des années 80 dans les génériques. Mais si on entend un domaine qui doit influencer le Dj, c’est vraisemblablement les musiques de film. Il suffit d’écouter Rampage pour avoir un mélange incroyable entre Ennio Morricone et Kavinsky, faisant penser à un mélange de SF et de Western. Enfin, il y a aussi le lot de morceaux chantés, mais là aussi, on aura une jolie variation. Si First Blood est peut-être la plus mainstream de l’album, on aura toujours ses sonorités si brutales et eighties. Au pourra aussi se satisfaire avec Suburbia, plutôt dans une ambiance urbaine et rap/hip-hop ou encore Odd Look, plus planant, jusque dans la voix très électro. Bien entendu, on ne pourra pas passer à côté de Nightcall, le succès du musicien, que l’on entend dans Drive mais aussi dans La Défense Lincoln.

Kavinsky

Ce qui fait la différence entre Kavinsky et les autres (David Guetta, Bob Sinclar, Martin Solveig), c’est qu’il ne cherche pas à faire dans le tout public, il ne cherche pas à faire quelque chose de commercial et c’est bien malgré lui qu’une majorité de ses morceaux aient été repris par la publicité. Mais il possède un son tellement marquant, qui lui appartient pleinement que cela en devient logique. Loin des sons dancefloor qui font danser les jeunes filles faciles et les mongols dans les boîtes de nuit, Kavinsky se concentre sur des morceaux plus travaillé et donne un album hétérogène et qui, même s’il s’épuise un peu sur la fin, laissant trois morceaux calmes avant Roadgame et son violon endiablé, demeure presque un incontournable du genre, presque en même temps qu’un certain Tetra de C2C ! La production est parfaite, le personnage mystérieux comme on les aime, bref, on peut dire que ce gars a tout compris !

Au final, Outrun, le premier album de Kavinsky est un excellent album. Préférant mettre des sonorités rappelant les années 80 et les débuts de la musique électro, Kavinsky livre un album hétérogène, complet et rythmé qui montre encore une fois que les musiciens électroniques français sont les meilleurs. Si l’album s’essouffle un peu vers la fin, il reste très bon et ne déçoit par rapport à la sublimation de Nicolas Windin Refn et de la chanson Nightcall.

  1. Prelude
  2. Blizzard
  3. Protovision
  4. Odd Look
  5. Rampage
  6. Suburbia
  7. Testarossa Autodrive
  8. Nightcall
  9. Deadcruiser
  10. Grand Canyon
  11. First Blood
  12. Roadgame
  13. Endless

Note : 18/20

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AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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