La 5ème Vague – Marée Basse

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Titre Original : The 5th Wave

De : J Blakeson

Avec Chloë Grace Moretz, Liev Schreiber, Nick Robinson, Alex Roe

Année : 2016

Pays : Etats-Unis

Genre : Science-Fiction

Résumé :

Quatre vagues d’attaques, chacune plus mortelle que la précédente, ont décimé la presque totalité de la Terre. Terrifiée, se méfiant de tout, Cassie est en fuite et tente désespérément de sauver son jeune frère. Alors qu’elle se prépare à affronter la cinquième vague, aussi inévitable que fatale, elle va faire équipe avec un jeune homme qui pourrait bien représenter son dernier espoir – si toutefois elle peut lui faire confiance…

Avis :

La littérature adolescente. Voilà un vaste sujet qui n’a pas fini de faire couler de l’encre. Sur le principe, c’est plutôt une bonne chose. La lecture étant tombée en désuétude avec l’avènement d’internet et des smartphones, il est vital que le médium livresque continue à vivre et c’est d’autant plus important de donner le gout de la lecture aux jeunes. Cependant, ces différents succès que sont Harry Potter, Le Labyrinthe, Hunger Games, Divergente, The Giver, sont autant de plaie pour le septième art que pour l’imaginaire collectif. Pourquoi ? Tout simplement parce que les producteurs ont senti un sacré filon doré et ont commencé un travail destruction massive du format papier avec des adaptations calamiteuses. Calamiteuses parce qu’elles rentrent toute dans le même carcan, remplissant assidument leur cahier des charges afin de plaire à tous les ados et seulement aux ados. Et ces pauvres hères de se faire berner, espérant retrouver des héros fantasmés ou alors trouver une économie d’effort dans un visuel tout mâché et plus dans un plaisir de lire et de s’imaginer par soi-même.

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Mais le pire, c’est qu’à force de faire des films calqués sur le même modèle, les producteurs et scénaristes (qui font une économie de travail en piochant dans le travail des autres) sont les premiers auteurs d’une destructuration progressive de l’imaginaire collectif. Ainsi, le formatage est en place, les jeunes ne sont plus que des numéros sur un tableau à double-entrée pour voir les chiffres d’affaire et les cinéphiles sont floués, écœurés par un tel manque d’innovation et une telle manipulation par la machine Hollywood. Ecris par Rick Yancey, La 5ème Vague est une trilogie littéraire se déroulant dans un monde dystopique suite à une invasion alien insidieuse. Si sur le plan purement littéraire, cela peut sembler intéressant, l’objet filmique n’échappera pas à la règle des teen movies actuels, reprenant sans aucune vergogne les poncifs du genre et n’essayant jamais de viser plus haut ou de tenter quoi que ce soit.

Dès le début, le film se tire une balle dans le pied. Voulant jouer la carte du flash-forward, c’est-à-dire de voir une action pour repartir en arrière afin d’expliquer les causes de cette première scène, le film va, sans le vouloir, annihiler toute émotion et tout effet de surprise concernant le devenir de la famille de l’héroïne. L’utilisation de cette première scène, qui veut présenter les différentes vagues, est très maladroite car on va très vite deviner le sort de la famille de l’héroïne et les passages douloureux ne le seront pas, le spectateur sachant par avance ce qu’il va arriver. Mais finalement, cela est un moindre problème.

En effet, le film va rapidement se perdre dans une sorte de survival avec ce qu’il faut d’action et de romance pour sustenter les bas instincts des adolescents. Mais le réalisateur en oublie l’essentiel : l’invasion alien. C’est bien simple, il y avait un tout petit travail à fournir pour que le spectateur se sente oppressé, c’est de mieux présenter l’omniprésence extraterrestre dans le ciel. En l’état, on ne voit que très peu cette base aérienne aux allures menaçantes et on ne sent pas du tout de danger à cause d’une non-exploitation de ce vaisseau spatial. C’est pour cela que le film manque vraiment d’épaisseur, ou tout du moins de parti pris pour faire ressentir la moindre émotion au spectateur. Il ne suffit pas d’aligner deux enterrements et des enfants tristes pour susciter la moindre empathie. Fort heureusement, Chloé Grace Moretz sauve les meubles avec son joli minois, jouant les Jennifer Lawrence dans un monde post-apocalyptique.

Mais au-delà de cette absence de tension, qui aurait été salvatrice, le film se contente du minimum syndical aussi bien dans ses grandes lignes scénaristiques que dans sa réalisation. J Blakeson ne cherche pas à faire des plans intéressants, des plans-séquences ou d’autres essais qui auraient pu rebuter le pauvre adolescent globuleux, et il se satisfait pleinement de quelques ralentis inutiles lorsque son héroïne galope dans les bois. Lisse sur tous les bords, le film est à l’image des ados d’aujourd’hui, superficiel et d’une bêtise crasse (je ne dis pas ça parce que je n’aime pas les ados, mais il fallait entendre les conversations des nanas dans la salle, smartphone en main). D’autant plus que le scénario ne prend pas de risque, jouant la carte du flash-forward au départ, le reste sera une course en avant vers un objectif et une rencontre amoureuse. Rien de neuf, La 5ème Vague se contente de suivre ce qu’ont fait ses aînés sans apporter une pierre à l’édifice.

Mais finalement, le pire là-dedans, c’est les invraisemblances qui peuplent tout le métrage. Outre le fait que tout soit prévisible et que chaque rencontre ou action se devinent des semaines à l’avance, le film essaye de nous faire croire, dans une sorte d’ellipse temporelle, que de jeunes enfants peuvent devenir des super-soldats en une semaine. Complètement à côté de ses pompes, le film va livrer la pire scène de fusillade depuis des lustres avec des effets spéciaux datant d’avant-guerre. Le spectateur, quant à lui, sera consterné par l’évidence de l’intrigue et la bêtise des personnages qui mettent quasiment deux heures s’en rendre compte. La première vague était une onde électromagnétique et lorsque des militaires arrivent avec des véhicules en état de marche, personne ne se pose de question. Vraiment ? C’est clairement dans ces moments-là que l’on sent que l’on se fiche éperdument du spectateur, le prenant pour un imbécile sans cervelle. Très clairement, le film n’a rien pour lui et on va retrouver ce qui fonctionne auprès des ados attardés, le triangle amoureux. On l’a déjà eu avec Twilight, Hunger Games, il faut maintenant compter sur La 5ème Vague, qui s’inscrit finalement dans une démarche rétrograde et débilitante du teen movie, arpentant même le chemin du voyeurisme malsain lorsque la jeune héroïne mate le beau gosse (très musclé évidemment) prendre un bain dans une rivière.

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Au final, La 5ème Vague est une farce éhontée qui ne fait pas honneur aux différentes adaptations littéraires pour adolescents. Complètement foireux du début à la fin, le métrage se ramasse sur toute sa longueur par une réalisation impersonnelle, une histoire rocambolesque faisant la part belle à l’incongrue et une absence totale de la moindre émotion. Vide de tout sens et lisse jusqu’au torse glabre d’un petit enfant, La 5ème Vague est un film à oublier rapidement, sous peine de de laisser des vagues à l’âme. En espérant vraiment que le film ne trouve pas son public, puisqu’il s’agit ici d’une nouvelle trilogie.

Note : 03/20

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Par AqME

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