décembre 1, 2020

Stephen King – Dôme

Dome_King

Résumé :

La petite ville de Chester’s Mill, dans le Maine est soudain coupée du monde par un dôme transparent qui apparaît aux limites de la commune, causant plusieurs accidents mortels le temps que la situation soit connue. L’armée des États-Unis se révèle incapable de détruire ce dôme et les habitants de Chester’s Mill sont donc désormais livrés à eux-mêmes. Le deuxième adjoint municipal Jim Rennie profite de cette situation pour asseoir sa mainmise sur la ville grâce à son contrôle de la police, nommant policiers plusieurs jeunes gens particulièrement brutaux, dont son fils, Junior, qui est sujet à des accès de violence incontrôlables causés par une tumeur du cerveau non détectée. Dale Barbara, un vétéran de la guerre d’Irak désormais cuisinier à Chester’s Mill, se voit chargé par son ancien supérieur hiérarchique de découvrir l’origine du dôme. Avec l’aide des quelques habitants qui le soutiennent (dont la rédactrice en chef du journal local, le responsable médical et un trio de petits génies de l’informatique), il tente également de contrecarrer les plans de Jim Rennie.

Avis :

Est-il encore nécessaire de présenter Stephen King ? Maître incontesté et incontestable de l’horreur littéraire, il a publié à ce jour plus de 50 romans et nouvelles qu’il a écoulé à plus de 350 000 000 d’exemplaires. Connu grâce à des romans sombres et pourtant plausibles, comme Carrie ou encore Cujo, Stephen King a connu une baisse de régime vers le début des années 2000 et beaucoup de fans ont été déçu par ses derniers romans. Etant un fan absolu du maître, je me suis décidé à lire les deux tomes du Dôme, l’un des derniers romans sorti en France et qui propose un scénario atypique dans la bibliographie de l’écrivain, s’éloignant de l’horreur surnaturelle pour aller vers quelque chose de plus insidieux et surtout de plus réaliste et terre à terre. Exit donc Ça et son clown extraterrestre, adieu La Tour Sombre et son pistolero et bienvenue à Chester’s Mill, petite bourgade sympathique coincée sous un dôme de verre et avec un adjoint municipal un peu trop entreprenant.

L’histoire de ce roman de plus de 1000 pages se situe dans la petite ville de Chester’s Mill. Alors que Barbie, ancien de la guerre et cuisinier s’en va de la ville suite à une bagarre avec des jeunes, il se retrouve confronté à un accident d’avion puis à un accident de voiture, alors que rien ne laissait présager un tel chaos. C’est alors qu’il ressenti une barrière invisible, sorte de bulle de verre, recouvrant toute la ville. Le deuxième adjoint municipal Jim Rennie, voit une opportunité de faire main basse sur la ville et il va pour cela abuser de ses droits, créant une milice avec son fils à moitié fou et ses amis, voyous de leur état. Pendant que l’armée tente de détruire ce Dôme avec des moyens parfois drastiques, la ville cède peu à peu à la panique et Barbie et ses amis vont être un obstacle à l’ascension de Rennie. L’histoire va poser un problème très intéressant, c’est celui de la survie en milieu urbain mais aussi d’aller explorer le côté le plus sombre de l’esprit humain, pour voir jusqu’où un homme peut aller pour assouvir sa notoriété. En ce sens, le roman demeure passionnant, car King va essayer de trouver différents types de personnages et leur donner des réactions différentes et plausibles. Il se montre aussi sans pitié avec des gens attachants, voulant coller au maximum à un réalisme effrayant et nihiliste.

La plupart des personnages ne laisse pas indifférent. Le héros, Barbie, est le point d’orgue de l’histoire, car il demeure attachant, fort et malin, mais il est aussi très fragile. Heureusement pour lui, il va s’entourer d’un groupe d’amis très réactifs et de tout horizon. Présentant une palette incroyable de protagonistes, King ne se perd pas et donne consistance à une ville entière, nous faisant partager leurs doutes et leurs craintes. Ainsi, Rennie et son fils représente le mal absolu, l’extrême droite libidineuse voulant instaurer une paix sous couvert d’un régime totalitaire. La présence de la milice, plus proche des jeunesses hitlériennes que d’une police montre la haine de l’écrivain envers tous les politicards républicains et racistes. Dans ce roman, il montre aussi la facilité déconcertante qu’ont les autres personnes à suivre la majorité et à ne plus penser comme eux-mêmes. D’ailleurs, le jeune garçon qui semble pousser les autres à ne pas suivre le mouvement est un surdoué, démontrant que l’intelligence et le raisonnement sont des choses qui s’égarent de plus en plus.

Toujours fana de l’horreur et du surnaturel, Stephen King nous propose une réponse fantastique pour l’apparition du dôme, qui finalement ne servira pas à grand-chose mais permettre de nous voir comme des fourmis, et de nous faire comprendre que nous ne sommes pas grand-chose dans l’univers, si ce n’est les fourmis de quelqu’un d’autre. Montrant à travers cela notre cruauté insatiable, King va aligner les morts et les passages dramatiques pour bien mettre en avant cette cruauté indélébile. Certains détails sont assez durs à lire, comme le viol collectif d’une jeune femme ou encore la folie absolue à tendance nécrophile du fils du grand méchant, mais encore une fois, tout cela montre à quel point l’être humain peut être abject et mauvais, justifiant peut-être la présence du Dôme comme un acte divin. Cependant, ils ne sont pas tous à mettre dans le même panier et il laisse une lueur d’espoir à travers des personnages comme Rusty, Barbie ou encore Julia la journaliste, mettant en avant des gens profondément bons. Mais attention, King ne tombe pas non plus dans le sentimentalisme à deux balles, car des enfants meurent, des nouveau-nés meurent et l’incident final résulte finalement de la folie destructrice de l’homme et de sa volonté à tout contrôler et tout posséder.

Au final, le Dôme est un roman absolument génial, reflétant notre incapacité à pardonner et à s’excuser, mais aussi montrant du doigt nos plus bas instincts. Puissant et nihiliste au possible, King envoie valser tout ce qu’il déteste d’un grand coup de stylo et personne ne sera épargné. Les symboliques sont nombreuses et le feu destructeur final apporte presque une liberté. Etouffant, voir suffocant, le dernier livre de King est une réussite et on ne lâchera l’affaire qu’à la tout dernière page.

Note : 17/20

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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2 réflexions sur « Stephen King – Dôme »

  1. J’ai avalé les 2 tomes/pavés en 4 jours. Il manquait juste la perfusion. Chouette critique (encore)mais j’aurais mis un 20/20 ^^ au quasi même titre que le Fléau. Oui oui. (et je mets 0/20 à la série).

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