Rocky Balboa – Calmer la Bête

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De : Sylvester Stallone

Avec Sylvester Stallone, Burt Young, Antonio Traver, Geraldine Hughes

Année: 2006

Pays: Etats-Unis

Genre: Drame, Action

Résumé :

Rocky Balboa, le légendaire boxeur, a depuis longtemps quitté le ring. De ses succès, il ne reste plus que des histoires qu’il raconte aux clients de son restaurant. La mort de son épouse lui pèse chaque jour et son fils ne vient jamais le voir.
Le champion d’aujourd’hui s’appelle Mason Dixon, et tout le monde s’accorde à le définir comme un tueur sans élégance ni cœur. Alors que les promoteurs lui cherchent désespérément un adversaire à sa taille, la légende de Rocky refait surface. L’idée d’opposer deux écoles, deux époques et deux titans aussi différents enflamme tout le monde. Pour Balboa, c’est l’occasion de ranimer les braises d’une passion qui ne l’a jamais quitté. L’esprit d’un champion ne meurt jamais…

Avis :

Trente ans. Trente années à trainer une carcasse musclée et une pointe de stylo sur un papier pour coucher un personnage devenu une icône du cinéma et un message de combativité pour les jeunes. Parce qu’il ne faut pas croire, mais le cinéma est un magnifique vecteur de messages, de volonté et de motivation pour de nombreuses personnes, s’identifiant à leurs héros et trouvant ainsi du courage pour se battre et retrouver la foi en quelque chose. Et bizarrement, Sylvester Stallone et son alter ego, Rocky Balboa, a réussi de façon aisée à implanter son histoire dans une réalité sociétale impressionnante. Plus que la boxe qui sera un fil rouge et une métaphore sur le combat que l’on mène dans la vie de tous les jours, la saga Rocky portera surtout sur les gens, l’évolution, les façons de penser. Et finalement, Rocky s’est imposé de lui-même comme une évidence pour beaucoup de monde. Prouvant par ailleurs que Stallone n’était pas seulement une montagne de muscles, mais aussi un cerveau brillant et un créateur de génie. Seulement, tout mythe a une fin et c’est avec un sixième épisode que le grand Rocky revient faire une révérence, un dernier combat pour calmer la bête. Avant que Ryan Coogler vienne tout chambouler de manière magistrale dans Creed.

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Comment essayer de clore une saga devenue, avec le temps, un poil ringarde. Parce que ne nous voilons pas la face, mais Rocky III et Rocky IV avaient laissé des traces malsaines et le cinquième épisode fut injustement boudé. D’ailleurs, seize ans séparent les deux derniers épisodes, histoire de bien faire mûrir le fruit. Projet opportuniste pour relancer Stallone ? Certainement pas et mieux que cela, le film posera l’acteur comme un vieux sage qui aura un regard apaisé sur sa carrière et sur ses faits. Véritable reflet de la vraie vie de Stallone, Rocky Balboa s’impose d’emblée comme une référence à la carrière de la star, qui se voit vieillissante et qui ne pourra plus remonter sur le ring. Malheureusement, le feu est toujours présent et l’envie de ne pas mourir se fait ressentir. Un besoin humain, dévorant et il suffira d’une étincelle pour relancer la machine et se prouver une dernière fois que l’on vaut encore quelque chose. Rocky Balboa, c’est ça. Cette volonté incroyable de continuer à exister malgré les pertes de notre vie. Cette envie folle de se prouver que l’on peut encore se dépasser, que l’on n’est pas bon à enterrer au fin fond d’un resto italien où des mexicains font des bolognaises. Rocky Balboa, c’est réagir face au déclin, c’est se relever en gardant la tête haute. Et qu’importe la victoire ou la défaite, le plus important, c’est tenir et se dire qu’on l’a fait, apaiser la bête. Véritable leçon de vie et de bravoure, le sixième film du plus célèbre boxeur est d’une justesse impertinente sur l’évolution de ses personnages, alternant des moments d’une émotion folle (les souvenirs, Adrian) avec des moments d’une grande combativité. De ce côté-ci, on tutoie le chef d’œuvre.

Mais à côté de cela, le film ne se contente de narrer les exploits de Rocky. Il aborde aussi la notion de vivre dans l’ombre de quelqu’un, de ne pas pouvoir s’affirmer en portant un nom relativement lourd. En ce sens, le film va apporter une dimension sociale importante, qui sera plus ou moins reprise dans Creed. Néanmoins, cet attachement père/fils sera bien plus fort que tout, notamment grâce à un dialogue qui pousse à la réflexion et à un lien invisible mais bien plus prégnant que dans le cinquième épisode.

Et puis il y a le combat avec la nouvelle star, qui ne souhaite qu’une chose, redorer son blason. Vu comme un tueur sans classe et qui n’enchaine que des combats faciles à cause de ses coachs, le champion va accepter de défier Rocky des suites d’une simulation par ordinateur donnant Rocky pour vainqueur. Choc des générations, choc des cultures et choc des techniques de boxe, ce ne sera pas seulement les coups qui tomberont, mais aussi et surtout le cœur et cette volonté de montrer l’autre que l’on est le meilleur et que l’on ne mérite pas d’être oublié. Rocky Balboa arrive à toucher le public durant ce match, à le faire vibrer grâce à une humanité exacerbée et à deux boxeurs qui au bout du compte va se respecter. Et chacun repartira gagnant, Rocky apaisé et Mason respecté.

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Au final, Rocky Balboa est un incroyable tour de force de la part de Sylvester Stallone. Revenir trente ans après le premier film et offrir un métrage au même niveau, autant d‘un point de vue émotionnel que d’un point de vue énergique, cela tient aussi bien de l’humanité de son personnage que de son créateur. Véritable chef d’œuvre poignant et juste, ce sixième opus fait oublier les regrets du passé et pose Stallone comme un ancien, prêt à faire la passation de pouvoir à une génération qui ne demande que le même respect qui fut octroyé aux stars des années 70/80. Chapeau l’artiste.

Note : 19/20

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Par AqME

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