octobre 24, 2020

Rocky V – Fils Ingrat

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De : John G. Avildsen

Avec Sylvester Stallone, Talia Shire, Burt Young, Tommy Morrison

Année: 1990

Pays: Etats-Unis

Genre: Drame, Action

Résumé :

Des séquelles physiques irréversibles amènent Rocky Balboa à prendre sa retraite. Ruiné, il devient l’entraîneur d’un champion en devenir, Tommy Gunn. Mais celui-ci ne va pas rester insensible à l’appât du gain et va quitter Rocky pour rejoindre les rangs d’un coach plus fortuné.

Avis :

Il est étrange de voir comment un film peut évoluer avec le temps. Alors que Rocky suit indéniable la carrière de Sylvester Stallone, le montrant gravir les échelons pour devenir le monstre indestructible que l’on connait, c’est dans les années 90 que la traversée du désert commence pour l’acteur. De ce fait, il utilise la licence qu’il a créée pour tenter de rebondir et de revenir sur le devant de la scène. Malheureusement, Rocky V fut très mal accueilli, bien plus mal que Rocky IV et son manichéisme sur fond de guerre froide au centre d’un ring. Pourquoi ? Difficile de le dire aujourd’hui tant le métrage est plutôt réussi et semble ne pas subir le poids des ans. Mais le cinéma, c’est aussi ça, des films mal aimés que l’on réhabilite avec le temps, soit parce qu’ils sont trop avant-gardistes, soit parce qu’il tombe dans une mauvaise époque. Et visiblement, c’est clairement le cas de ce cinquième épisode qui brasse beaucoup de thèmes, dont un très important, le pouvoir de l’argent.

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Car pour une fois, Rocky n’a pas de véritable adversaire. Apprenant qu’il est malade et qu’il possède des lésions au cerveau, il est interdit de ring. C’est à ce moment-là que l’on voit l’évolution d’un personnage vieillissant, qui commence à se poser des questions sur sa vie, sa carrière et son avenir. Logique implacable, il va devenir entraineur et prendre sous son aile un jeune boxeur issu de la rue, Tommy Gunn. Ainsi, en premier lieu, on va voir un Rocky d’une grande justesse, dans un rôle plus dramatique où il ne va pas arriver à éteindre la bête qui sommeille en lui. Plus qu’un retour sur lui-même ou qu’une psychanalyse, le personnage de Rocky va subir de plein fouet l’excitation et la déception d’être entraineur. Il est donc assez étonnant de voir que le film fut si mal aimé alors que l’évolution de Rocky est parfaite et totalement juste.

D’autant plus que le film va s’attarder longuement sur le rôle de père. En effet, Rocky délaisse son fiston au profit de Tommy Gunn, puisque ce dernier voue un culte à la boxe au contraire de son fils qui préfère le dessin. La filiation, ainsi que les troubles de l’adolescence, vont bercer ce film qui essayera de trouver un ton juste pour aborder les conflits père/fils. On verra aussi un Rocky totalement dépendant de sa famille, autant pour les conseils que pour les remises en questions. Paulie devient le petit ange sur l’épaule de Rocky et Adrian joue son rôle de mère, essayant d’ouvrir les yeux de son mari qui se fait dévorer par sa passion. Ainsi, Rocky devient un personnage presque antipathique à cause de son égoïsme et du délaissement de son fils. Fort heureusement, grâce à sa famille, Rocky retrouvera le droit chemin et redeviendra le personnage que l’on aime, surtout face à Tommy Gunn, un être détestable au possible que joue très bien Tommy Morrison. Soit disant méchant du film, il sera le ringard de service, celui qui tombe dans la facilité et qui se fait littéralement bouffer le cerveau par l’argent.

Car le vrai méchant de ce film, c’est le pognon. Et c’est d’une rare intelligence de livrer un ennemi invisible qui rôde depuis le deuxième film. Car après avoir tout gagné, Rocky a tout perdu à cause d’un banquier véreux et Tommy Gunn va se faire acheter par un magnat de l’immobilier. Ingrat, mère de tous les vices, l’argent sera le fléau de ce film et l’ennemi juré de Rocky qui découvre qu’il s’est fait manipuler. Le seul vrai manque ce film, c’est un combat digne de ce nom. En effet, hormis le pupille de Rocky qui se bat comme un bourrin, il n’y aura pas de combat de boxe. Le film se termine sur un combat de rue dans lequel Rocky prend l’ascendant sur Tommy. Cliché au possible et à la fin inéluctable, le métrage pêche par ce manque de dynamisme dans les combats et John G. Avildsen n’a pas le panache de Stallone derrière la caméra. D’autant plus que le film porte sur lui une imagerie devenue un poil ringarde aujourd’hui, à l’image de ce magnat de l’immobilier et sa longue veste à fourrure.

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Au final, Rocky V n’est pas du tout un mauvais film, bien au contraire. Certainement au-dessus du quatrième épisode, il n’est pas loin d’être meilleur que le troisième. Bien plus touchant et intelligent, ce cinquième opus tient toutes ses promesses, hormis celle d’une beau combat de boxe au profit d’un combat de rue un peu trop prévisible. Il aborde néanmoins des thèmes logiques et bien foutus autour du personnage de Rocky, qui se cherche encore dans le milieu de la boxe et au sein même de sa structure familiale. Bref, un film convaincant et qui s’insère bien dans l’évolution des deux prochains métrages, posant Rocky comme un entraineur avec un regard dans le rétroviseur.

Note : 15/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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