octobre 27, 2020

Rocky II

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De : Sylvester Stallone

Avec Sylvester Stallone, Talia Shire, Burt Young, Carl Weathers

Année : 1979

Pays : Etats-Unis

Genre : Drame, Action

Résumé :

Après avoir fait trembler le champion Apollo Creed, Rocky Balboa obtient le droit de l’affronter à nouveau. Apollo Creed ne supporte en effet pas d’avoir été ainsi bousculé…

Avis :

En 1976, Sylvester Stallone, alors qu’il était sans-abri et qu’il avait vendu son chien pour survivre, a créé l’un des personnages les plus cultes du cinéma. Avec Rocky, il construit un personnage iconique, profondément bon malgré des origines modestes et une volonté inébranlable de montrer au monde qu’il existe et qu’il se battra bec et ongles pour ceux qu’il aime. Immédiatement perçu comme une œuvre part entière, il était logique qu’une suite voit le jour et c’est trois ans plus tard que le plus célèbre boxeur du septième art refait surface sur fond de revanche. Ecrit et réalisé cette fois-ci par Sylvester Stallone lui-même, cette suite sera l’occasion de voir une véritable évolution du personnage et, encore une fois, de dresser le portrait d’une société qui n’évolue pas vraiment, contrairement à son personnage central. Il naîtra alors un film qui use de grosses ficelles sur l’aspect sportif mais qui se révèlera terriblement juste sur le côté social et l’évolution humaine des personnages gravitant autour de Rocky et d’Adrian.

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Car encore une fois, plus que la boxe, qui fait office de toile de fond et de comparaison de niveau social, c’est la tranche de vie de Rocky qui va faire le plus gros du travail chez le spectateur. Dans la continuité directe du premier film, cette suite, qui peut se voir comme une revanche de la part d’Apollo Creed, est l’évolution logique et touchante de tous les personnages du premier. Ainsi, la relation entre Rocky et Adrian prend une toute autre ampleur entre un mariage (à l’image du personnage, d’une grande simplicité) et l’arrivée d’un bébé qui va tout chambouler. Bien évidemment, tout cela sent l’émotion pour faire de l’émotion, mais cela marche et on ressent une telle empathie pour le personnage que tout ce qu’il fait ou dit touche le spectateur en plein cœur. D’autant plus que chaque parole a une signification et prouve combien Sylvester Stallone est intelligent dans la construction de ses personnages et dans l’évolution sociale de la société.

Evolution d’autant plus flagrante qu’elle est en déséquilibre entre le personnage central, qui devient connu et a de l’argent et un quartier en perdition, qui continue de se dégrader à cause de la crise et du manque de boulot. Et Rocky II arrive parfaitement à faire ressentir cette différence de vie, tout en gardant un personnage toujours humble et prêt à aider les autres. A contrario, Apollo Creed devient un véritable méchant qui est obsédé par sa victoire de justesse lors du premier match. Il en vient à délaisser sa femme et ses enfants pour avoir une revanche et de nouveau devenir le boxeur préféré des Etats-Unis. De ce fait, il va devenir encore plus détestable dans une démarche douteuse. Néanmoins, il devient aussi plus méfiant, plus humble et on remarquera la grande différence entre les deux entrées du boxeur entre le premier film et le deuxième. Reflet d’une société qui se perd dans le paraître et l’argent mais qui est vite rattrapée par les démons psychologiques et l’envie d’en découdre, Rocky II aborde aussi le besoin de se battre pour exister et que la nature de l’homme combattant ne peut changer, que c’est un besoin. Là aussi, ce penchant humaniste est bien mis en avant, bien évidemment avec le personnage de Rocky, mais aussi celui d’Adrian qui ne peut refuser cette exigence à son mari, malgré la douleur de le voir se battre.

Et puis il y a la boxe. Fond de toile du film qui préfère se concentrer sur la vie des personnages gravitant dans l’histoire, Rocky II n’oublie pas pour autant le sport et propose une véritable revanche à la fin du métrage. Bien mieux construit que dans le premier, plus dynamique, le combat entre Apollo Creed et Rocky tient toutes ses promesses et, malgré les grosses ficelles utilisées pour donner la victoire à Rocky, reste l’apogée du métrage qui se termine de façon tonitruante. Mais là aussi, en plein milieu du combat, Stallone n’oublie pas les relations entre les personnages, comme Mickey, l’éternel entraineur grande gueule de Rocky ou encore Paulie, le beau-frère au caractère si bizarre et pourtant si attachant. Et même dans la rivalité, le spectateur se délectera du grand cœur du personnage central, héros émérite et combattant au grand cœur qui se réconcilie avec son ennemi de toujours.

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Au final, Rocky II est encore une fois un grand film. S’il demeure moins puissant que le premier à cause de grosseurs scénaristiques, notamment au niveau du combat qui est gagné sans grande surprise, le film reste d’une logique implacable sur le regard qu’il porte sur la société et sur l’évolution de personnages qui demeure parfaite. Bref, encore un grand film qui n’a pas pris une ride et qui trouve un équilibre parfait entre chronique sociale et film de sport.

Note : 18/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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