octobre 26, 2020

Pink Floyd The Wall

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De : Alan Parker

Avec Bob Geldof, Christine Hargreaves, James Laurenson, Eleanor David

Année : 1982

Pays : Etats-Unis, Angleterre

Genre : Drame, Musical

Résumé :

Après le décès de son père pendant la Seconde Guerre mondiale, Pink est élevé par une mère tyrannique. Devenu rock star, il mène une vie tourmentée et s’enferme sur lui-même dans sa chambre d’hôtel. Peu à peu, il sombre dans la drogue tandis que la folie commence à s’emparer de lui…

Avis :

Alan Parker est sûrement l’un des plus grands réalisateurs contemporains encore vivant. Réalisateur visionnaire, il s’est bâti une œuvre mémorable. Chacun de ses films est un bouleversement à sa manière, de « Midnight express » à « Birdy« , de « Pink Floyd, The Wall » à « La vie de David Gale« , sans oublier « Mississippi Burning » ou « Angel Heart » et « Évita« , le réalisateur, qui a pris sa retraite voilà plus de dix ans, reste encore et toujours indémodable et ses films n’ont pas pris une ride et reste un vrai plaisir à revoir encore aujourd’hui.

Dans la carrière d’Alan Parker, « Pink Floyd, The Wall » est un film à part. Immense clip de deux heures, « The Wall » est une expérience démente et incroyable qu’on ne cessera de repasser une fois qu’on l’aura découverte. Une expérience visuelle et auditive qui hypnotise celui qui la regarde. Un film unique en son genre. Un film osé, audacieux, conceptuelle, bref, un chef d’œuvre assez fou pour un pari risqué.

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Pink est une star du rock adulée, mais Pink n’est pas aussi bien dans ses baskets qu’on pourrait le croire. Sa personnalité est incertaine, il la sent même s’échapper de lui. Alors pour la retenir, Pink s’enferme dans un refuge psychique. Là, il se construit un mur infranchissable. Un mur où la folie, les souvenirs et les désirs vont venir, s’entrechoquer, se bousculer et se fracasser. Dans cet endroit à part, il va alors analyser les différentes étapes de sa vie et finalement se faire son propre procès.

« Pink Floyd, The Wall« , c’est l’illustration d’un album mythique d’un groupe tout aussi mythique. Avec ce film, Alan Parker réalise un métrage que l’on peut qualifier d’insensé tant il sort des sentiers battus pour s’aventurer vers du jamais vu. Presque sans aucun dialogue, dans un ensemble d’images toutes plus intéressantes les unes que les autres, le film enchaîne les scènes réelles magnifiques et les scènes animées démentielles dans leur concept, leur originalité et leurs graphismes. « Pink Floyd, The Wall » est dans un sens le reflet d’une époque qui osait proposer des choses différentes sans mâcher le travail à son public. Une époque qui est révolue, car des films comme celui-ci, on ne va pas en voir souvent en salles à l’avenir et c’est vraiment dommage, car c’est un genre de cinéma vraiment intéressant à découvrir. Un cinéma qui est capable de nous surprendre dès sa scène de départ et peu de films peuvent s’en vanter.

Quand on commence « Pink Floyd, The Wall« , on ne sait pas trop à quoi s’attendre, clip ? Comédie musicale ? Film expérimental ? Eh bien « Pink Floyd, The Wall« , c’est un peu un patchwork de tout ça. Alan Parker mélange énormément de style, il les fait s’entrechoquer, se confondre et tout en mélangeant des styles connus, il en ressort quelque chose d’incroyablement neuf. Même plus de trente ans plus tard, cet état est le même. Le film pourrait paraître difficile d’accès quand on le survole. C’est vrai que le tout est surprenant et nous ne sommes pas habitués à ce genre de cinéma. Mais pourtant, il réussit à nous emporter et ça, malgré le peu de dialogues, malgré l’intrigue très imagée et assez difficile à suivre, perdue dans la schizophrénie. D’ailleurs, l’essentiel n’est peut-être pas spécialement de tout comprendre à ce qui nous ait proposé en terme d‘intrigue. Le film d’Alan Parker est plus comme une œuvre d’art qui laisse entrevoir des idées, des pensées, des ébauches, des illusions dans lesquelles on se laisse s’évader et l’on se perd volontiers. Certains passages sont incroyables, dantesques et flippants (l’école qui broie des enfants, la marche des marteaux…). On est emporté par une beauté, une musique, une ambiance fantasmagorique et psychédélique, une folie furieuse et belle. C’est du grand art. Parfois, « Pink Floyd, The Wall » rappelle « Koyaanisqatsi » de Godfrey Reggio qui est sensiblement de la même époque et qui laisse le même ressenti. Bref, le film s’avère être une expérience fascinante que l’on ne voit pas passer. Mieux encore, on laisse « Pink Floyd, The Wall » avec un petit goût de déception, tant on aurait aimé prolonger l’expérience. Dans un sens, on peut dire que ce film est l’achèvement de l’album des Pink Floyd.

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Alan Parker, avec tout le génie qui l’habite, a donc livré un film indéfinissable. Un film dont la musique est le film et le film est la musique et plus qu’un film, c’est une œuvre d’art. Un film capable de nous faire sourire, rire, pleurer, enchanter, évader, étonner, agacer aussi. Les mots ne sont pas assez nombreux pour définir avec précision ce poème mis en images avec une main de maître.

Note : 20/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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