mars 3, 2021

Siniter 2 – Bughuul, Ce Branleur

433405.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

De : Ciaran Foy

Avec James Ransone, Shannyn Sossamon, Robert Sloan, Dartanian Sloan

Année : 2015

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Alors qu’il reprend son enquête inachevée sur les homicides non résolus, l’ex-shérif adjoint fait la connaissance d’une jeune mère de famille et de ses jumeaux. Ces derniers viennent de s’installer dans une maison où des événements macabres se sont produits. Tout porte à croire qu’il s’agit une nouvelle fois de la même entité surnaturelle et que la famille est en danger…

Avis :

Il y a des films qui ne sont pas destinés à avoir des suites ou donner lieu à des licences. L’exemple le plus flagrant étant la licence des Saw, dont seul le premier (et à la rigueur le deuxième) vaut le coup et qui donna malheureusement lieu à une saga lorgnant vers le torture-porn sans saveur ni scénario. Mais le domaine de l’horreur se fait rare et Jason Blum a littéralement bouffé le domaine, étant omniprésent sur quasiment tous les films de genre proposés, autant au cinéma qu’en DTV. Du coup, cette rareté fait que les producteurs (dont Blum et son Blumhouse) sont plutôt frileux et se focalisent sur des valeurs sûres qui feront des entrées en salles. On se retrouve alors avec des suites qui n’ont pas lieu d’être ou des films en found-footage qui sont faciles à faire et ne coutent pas cher. Et Sinister subit la malédiction des suites inutiles qui ne parviennent pas à faire décoller le spectateur, et pire que cela, risque fort de couter une carrière de réalisateur.

066327.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Parce que Ciaran Foy, ce n’est pas n’importe qui. Encore inconnu il y a quelques années, il s’est fait remarquer l’année dernière avec Citadel, un film d’horreur irlandais qui n’a pas eu les honneurs des salles obscures. Injustement. Véritable film d’épouvante social prenant lieu dans un quartier défavorisé, Citadel avait non seulement un vrai parti pris, mais il se révélait aussi très effrayant dans sa mise en scène, dans son mystère et dans son reflet sociétal crédible, ainsi que dans le regard désespéré d‘un père de famille devenu agoraphobe. Véritable capsule anxiogène, le premier film de Ciaran Foy était une véritable réussite et encore plus si l’on est père de famille. Forcément, après un tel coup d’éclat, le jeune réalisateur se fait remarquer et se voit proposer un film de commande qu’il ne peut refuser, la suite du très réussi Sinister. Mais il est difficile de concilier vision personnelle et choix artistique imposé.

Car clairement, si l’on ressent la présence de Ciaran Foy derrière la caméra, c’est surtout sur le côté dramatique de l’histoire, une famille décomposée qui essaye de fuir un mari violent. Et bizarrement, c’est le seul point sur lequel le film est assez réussi et où l’on peut deviner la sensibilité d’un réalisateur qui s’intéresse aux drames quotidiens pour apporter une horreur qui servira d‘exutoire et de révélation aux protagonistes torturés. Mais malheureusement, le premier Sinister ne se reposait pas sur ça mais plutôt sur une enquête à base de films 8mm révélant des horreurs commises par des gosses. Et c’est là que l’on voit les faiblesses du réalisateur qui va essayer de réajuster les morceaux pour coller au maximum au mythe de Bughuul et du rituel des films en 8mm. Seulement, si l’évolution est plutôt maline sur les intentions du démon et de ses petits fantômes, le film devient vite répétitif et ces films ne seront que des notes d’intention pour remplir le vide horrifique du métrage. Alors certes, certains pièges sont bien foutus, comme le coup du crocodile, mais l’ensemble sonne creux car voir à répétition ces images ne servent pas l’intrigue. Bien au contraire, à la longue cela devient répétitif et clairement ennuyeux, ne suscitant jamais dégout ou frousse. D’ailleurs, l’effet de peur est anesthésié puisque le spectateur sait qu’il va voir quelque chose qui es censé faire peur. Le film souffre de l’effet pancarte, indiquant trop clairement les endroits om il faut avoir peur.

Et c’est bien dommage car le film est parsemé de quelques bonnes idées comme une visite dans l’ancienne chapelle du précédent meurtre avec des apparitions fantasmagoriques plutôt bien fichues. Mais encore une fois, le cinéaste cède aux cloches du scare jump inutile et puéril qui ne fait plus peur à personne. Tout comme l’incohérence finale et cette course-poursuite dans la baraque, alors que le gamin était terre plus d’une fois et qu’il aurait simplement fallu l’assommer. Mais là encore, il s’agit d’une note d’intention pour faire intervenir les autres esprits. Malheureusement, ils ne sont pas aussi charismatiques que Bughuul qui devient une version macabre de Michael Jackson, se contentant de balancer ses mignons faire le taf à sa place. Les acteurs ne sont guère convaincants malgré une relation sympathique entre les deux héros, qui s’avère assez touchante même si elle va très vite.

Mais le pire dans ce métrage, c’est qu’il échoue là où brillait le premier, dans son enquête et dans l’implication du spectateur. Dans le premier Sinister, Scott Derrickson laissait volontairement des indices pour le spectateur que l’acteur (Ethan Hawke) ne voyait pas de suite. De cette manière, on était impliqué dans le scénario, on essayait de trouver des indices avant le personnage principal afin de résoudre une énigme macabre. Là, le film reste très linéaire, et même s’il explore une autre facette des découvertes des films (avec des fins différentes), il manque vraiment l’implication du spectateur. D’autant plus que lorsque le spectateur est happé par le film, il devient plus facile de lui faire peur.

188294.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Au final, Sinister 2 est un échec retentissant tant sur le fond que sur la forme. On sent que Ciaran Foy n’a pas pu faire ce qu’il avait envie et qu’il est face à une commande plus qu’à une demande originale. Ainsi, le film se repose sur ses acquis, saturant la pellicule de scare jumps éculés et de morceaux de torture sans grand intérêt pour un scénario convenu est décevant. Bref, nous sommes clairement face à un film qui n’avait pour but que d’engendrer des entrées en salles en surfant sur le succès surprise du premier métrage. Reste à savoir si Ciaran Foy va pouvoir se remettre de cet échec pour continuer à explorer un cinéma de genre avec un vrai fond social, ce qui manque grandement aux films de genre d’aujourd’hui.

Note : 05/20

Image de prévisualisation YouTube

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.