octobre 27, 2020

Le Goût des Merveilles

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De : Eric Besnard

Avec Virginie Efira, Benjamin Lavernhe, Lucie Fagedet, Léo Lorléac’h

Année : 2015

Pays : France

Genre : Romance

Résumé :

Au cœur de la Drôme provençale, Louise élève seule ses deux enfants et tente de préserver l’exploitation familiale. Un soir, elle manque d’écraser un inconnu au comportement singulier. Cet homme se révèle vite différent de la plupart des gens. Et sa capacité d’émerveillement pourrait bien changer la vie de Louise et de sa famille.

Avis :

Eric Besnard est un réalisateur français qui ne fait pas de vague, mais qui pourtant séduit presque à chaque fois qu’il propose un film sur les écrans. Entre « 600 kilos d’or pur« , « Ca$h » et « Le sourire du clown« , cela fait bientôt vingt ans que le réalisateur apporte de la comédie à notre cinéma.

En cette fin d’année « Star Warsienne », d’autres petits films essayaient tant bien que mal de se faire un chemin face au géant d’Hollywood. Si on vous a déjà parlé de « L’attente » de Piero Messina, un excellent drame, aujourd’hui, on revient pour vous parler de cette petite pépite française qu’on n’a vraiment pas vu arriver. Peu de monde attendait le nouveau film d’Eric Besnard et pourtant, c’est sans aucun doute son meilleur film. « Le goût des merveilles » sera une belle leçon de délicatesse aussi enchanteresse et lumineuse qu’elle fait du bien et aère l’esprit.

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Au cœur de la Provence, Louise élève seule ses deux enfants après la mort de son mari. Louise tient une exploitation de poires, mais a bien du mal à joindre les deux bouts. Un soir, alors qu’elle rentre chez elle, après avoir travaillé sur un marché, elle manque de reverser Pierre, un jeune homme au comportement pour le moins singulier. Pierre est un homme gentil, simple, bref, et vrai et très vite, sa présence dans la vie de Louise va changer bien des choses.

Délicat, tendre, beau, plein de poésie, on peut dire que le nouveau film d’Eric Besnard porte magnifiquement son nom. Totalement inattendu, « Le goût des merveilles » est un petit film succulent qui surprend aux moments où on ne s’y attend pas.

Pour son film, Eric Besnard a décidé cette fois de parler et de mélanger deux sujets emportés par deux personnages. D’un côté, on trouve Louise, femme seule, travailleuse et courageuse et de l’autre Pierre, atteint du syndrome Asperger. D’un côté, le réalisateur met en lumière les petits exploitants et les difficultés pour survivre face à un monde en perpétuel mouvement. Un monde qui change et dans lequel, il faut s’adapter et on peut dire qu’il en parle de manière simple et admirable, sans forcer le trait ou tomber dans la leçon de morale et la dénonciation. De plus, on apprend plein chose et l’on sent que la recherche faite en amont par le réalisateur rend l’ensemble juste. Et de l’autre côté, il met en avant la maladie, mais filmée de manière différente. Alors, c’est vrai qu’exposé comme ça, on pourrait se dire que l’on se lance dans un film lourd, dont les deux sujets ont déjà été traités maintes et maintes fois et dans un sens, c’est vrai, à la différence qu’ici, le réalisateur évite avec un certain brio tout ce qui a déjà été fait sur ledit sujet. Et c’est de belle façon, en évitant tout pathos, d’une manière légère et originale, qu’il nous emmène dans cette histoire.

Le scénario est un petit bijou de tendresse qui en plus d’éviter la facilité de la comédie romantique qu’on attend en voyant l’affiche du film (affiche quelque peu mensongère), va prendre tout le temps dont il a besoin pour présenter ses personnages et parler de ses sujets. Parcouru avec un petit humour toujours rafraichissant, « Le goût des merveilles » est le genre de film qu’on ne voit pas passer, qui est même trop court tant on aurait aimé prolonger un peu le plaisir d’être en compagnie de ces gens. C’est un film qui nous dépayse, qui nous touche par son ton et sa justesse, par ses personnages savoureux et ses situations qui touchent à la réalité de manière très simple et sincère.

Bons nombres de films sont déjà sortis abordant différentes maladies, et bien souvent peu de films arrivent à vraiment bien parler de ces maladies. Le piège de la caricature ou du misérabilisme et de l’apitoiement n’est pas loin, mais ici le réalisateur arrive à bien saisir son personnage et c’est avec subtilité et humour qu’il nous décrit un personnage différent et en même temps, pas tant que ça. Certes, Pierre est différent, mais dans ses regards, dans ses silences et ses espoirs, ses non-dits aussi, il n’est pas différent et Eric Besnard arrive parfaitement à transcrire ceci. Alors qu’il était si simple et facile de faire un film sur la différence, le réalisateur a fait un autre choix. Un choix plus judicieux et bien plus intelligent. Un choix qu’on peut même qualifier d’audacieux et très loin de toute facilité et c’est ce qui fera un peu plus la force de ce « Goût des merveilles« .

Pour donner vie à ces deux personnages superbes, le réalisateur a choisi la belle et discrète Virginie Efira qui surprend dans le rôle de cette agricultrice. Un rôle fort et délicat que la comédienne tient avec beaucoup de douceur et un regard bienveillant. En face d’elle, pour jouer Pierre, on prend plaisir à découvrir Benjamin Lavernhe. Le jeune comédien, qui est une révélation, pose un regard magnifique et touchant sur ce personnage et son état. Le comédien arrivera même à nous émouvoir à plusieurs reprises et au moment où l’on s’y attend le moins. On retiendra aussi, dans un excellent second rôle, Hervé Pierre, sorte de père spirituel pour le personnage de Pierre.

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« Le goût des merveilles« , c’est un instant de simplicité et de poésie dans son intrigue, mais cet instant est aussi partagé avec la magnifique mise en scène d’Eric Besnard. Le réalisateur soutient ses personnages avec de très beaux plans, avec une ambiance lumineuse, très bien choisie, pleine de couleurs, de soleil, de nature. Le film nous ferait presque avoir la tête dans les nuages, tant le ton donné pousse à l’évasion. Cette sensation d’évasion est accompagnée par une belle bande originale composée par Christophe Julie.

Ce « Goût des merveilles » est donc la très belle surprise de cette fin d’année. C’est un film qu’on n’attendait absolument pas et on en ressort conquis, touché, et séduit par deux personnages d’une justesse magnifique.

Note : 17,5/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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