février 25, 2021

Sinister

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De : Scott Derrickson

Avec Ethan Hawke, Juliet Rylance, Fred Thompson, James Ransone

Année: 2012

Pays: Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Ellison est un auteur de romans policiers inspirés de faits réels. Dans l’espoir d’écrire un nouveau livre à succès, il emménage avec sa famille dans une maison où les anciens propriétaires ont été retrouvés inexplicablement pendus. Ellison y découvre dans le grenier des bobines 8mm contenant les images de meurtres d’autres familles. Qui a filmé ces tueries et pour quelle raison ? Ellison va tenter de répondre à ces questions tandis que le tueur présumé, une entité surnaturelle présente sur les films, menace de plus en plus sa famille.

Avis :

De l’avis de beaucoup d’amateurs de films d’horreur, 2012 était une période de vache maigre en matière de flippe cinématographique. Entre des délires potaches et ratés comme La Cabane dans les Bois, les suites à répétitions n’ayant plus aucun intérêt comme Paranormal Activity 4 ou encore les laborieuses réalisations en found-footage comme Devil Inside, on peut voir que cette année n’aura pas été terrible. Heureusement, certains films ont fait leur petit effet comme La Dame en Noir de la Hammer qui renouait un peu avec les vieux films de fantômes des années 70/80. Sinister a quant à lui pas mal divisé les gens et selon les sites, on peut voir que les avis divergent (ça fait beaucoup dix verges !). Ainsi, certaines personnes ont bien aimé le film, alors que d’autres pensent plutôt à un pétard mouillé. Mais qu’en est-il chez nous ? Vrai moment de peur ou réputation usurpée ? Allons voir de plus près ces petites vidéos en 8mm !

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Je crois que le monsieur ne va pas très bien, il est un peu livide non ?

Le scénario du film s’appuie sur une relation très étroite entre un écrivain et l’histoire qu’il écrit. Ellison Oswalt est un peu le Stephen King du coin, sauf qu’il est à la recherche d’un fait divers pour écrire un grand livre qui lui permettrait de renouer avec le succès. Il aménage donc avec sa famille dans une immense maison, où un meurtre a eu lieu. En effet, quatre personnes de la même famille sont retrouvées pendues à un arbre. Alors qu’il s’installe dans son bureau et fait les cartons, il trouve dans le grenier une vieille boîte contenant des films en 8mm. Il décide de les regarder et tombe sur le meurtre de la famille. Mais plus bizarre encore, il se rend rapidement compte que les autres films qu’il trouve dans la boîte sont des meurtres d’autres familles. En menant une enquête, il va trouver un lien entre tous les crimes, un symbole et la présence en arrière-plan d’une entité nommée Baghul. Quand des choses étranges se produisent dans sa maison et que sa famille est en danger, il décide de tout laisser tomber, mais c’est trop tard. Du coup, on voit bien que Sinister reprend quelques poncifs du genre, oscillant entre film de fantômes et thriller rondement mené, mais il faut dire que tout cela est bien fichu et surtout, le film demeure à la fois dynamique et malsain.

Car oui, l’ambiance du film est très glauque. Alors bien évidemment, elle est glauque dans son ensemble et dans l’histoire de cette entité païenne, qui enlève des enfants pour se nourrir de leur âme. On touche ici à quelque chose d’innocent, qui va être perverti et qui va devenir le serviteur d’un mal absolu. Les lumières utilisées par Derrickson sont très sombres, privilégiant une obscurité constante même en plein jour, que ce soit dans la maison avec des rideaux constamment tirés ou encore à l’extérieur avec un mauvais temps constant. Cela renforce une sensation de malaise pesant et une sorte de mélancolie morbide. Mais là où le métrage est malin, c’est que le film n’est pas seulement glauque et malsain dans son histoire, il l’est aussi dans le relationnel entre les personnages. D’entrée de jeu l’ambiance est posée avec le shérif qui accueille de manière austère les nouveaux arrivants, jusqu’à la constante complication de vie de famille, entre la petite fille qui dessine des choses affreuses sur les murs et le fiston qui fait des terreurs nocturnes. Jouant ainsi sur deux tableaux distincts, on ne sait jamais où le héros trouve le temps de respirer et c’est dans ce climat anxiogène que l’on évolue. Et grâce à cela, le film fait partie des bonnes surprises de 2012. Tout comme l’emploi du 8mm, renforçant ce côté austère et antique de la créature.

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Tiens, de vieux films pornos en 8mm, intéressant…

Bien entendu, pour que l’ambiance soit au top, et en dehors des jeux de lumière ou encore de la nature même du scénario, il faut de bons acteurs. Et pour le coup, c’est Ethan Hawke qui s’y colle, signant pour le coup sa première participation à un film d’horreur. Acteur confirmé, il démontre encore une fois tout son talent dans ce film, où il joue un auteur à la recherche d’un nouveau moment de gloire, quitte à mettre en danger sa famille, ou tout du moins la stabilité de sa famille. Désabusé, maladif, parfois déprimé, il joue avec toutes les humeurs mélancoliques et il le fait avec une grande maestria. Il tient d’ailleurs le film sur ses épaules. On regrettera par contre la contre performance du jeune acteur jouant son fils. Néanmoins, le reste du casting demeure assez bon. Juliet Rylance, jouant sa femme est assez bonne (actrice bien entendu) et montre qu’il n’est pas facile de vivre avec une personne hantée par son métier et par une affaire morbide. On pourra aussi nommer l’apparition de ce cher caméléon de Vincent d’Onofrio, qui joue ici un rôle mineur, un professeur de sciences occultes que l’on ne verra que par deux fois au travers d’un écran d’ordinateur. Mais encore mieux que tout cela, on s’attardera sur le grand méchant lui-même, sorte de mix entre le batteur du groupe Slipknot et le tueur de Boogeyman 2. Sans être vraiment classe, il inspire une certaine crainte de par ses apparitions dans les différentes vidéos.

Bien entendu, le gore est absent du métrage, préférant jouer sur le tableau de l’angoisse latente et sur l’imagination des spectateurs. Ainsi, on ne verra pas une goutte de sang dans le film, ce qui n’empêche pas une certaine angoisse d’émerger. Les différents meurtres des familles, que l’on retrouve dans les films en 8mm sont relativement malsains et tout à fait faisables. C’est ce qui rend l’ambiance si forte, comme la pendaison, mais aussi la noyade ou le pire, le massacre à la tondeuse à gazon, image très fugace, mais qui reste imprimée et qui fera sursauter plus d’une personne. On retrouve d’ailleurs un peu la méthode de Tobe Hooper pour Massacre à la Tronçonneuse, suggérant plutôt que montrant. Mais l’autre point rendant le film hautement recommandable, c’est que l’on prend part à l’enquête, car les éléments sont visibles si l’on suit bien et on se prend au jeu du héros, scrutant notre écran en même temps que lui pour trouver l’indice dans la vidéo ou encore essayant de mettre en lien ce que l’on voit entre les différentes vidéos. Tout cela rend le film dynamique et très intéressant. La fin est, elle aussi, très sympathique, bien loin des poncifs du genre à Hollywood et demeure une belle petite surprise. On regrettera par contre les apparitions fantomatiques ratées des enfants, ne faisant ni peur, ni rire et qui sont surement le point faible de l’histoire.

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Merde, sur le porno… c’est ma mère !!

Au final, Sinister est une très bonne surprise. Sans être le film d’horreur de la décennie, il est un bon film d’horreur, surtout pour sa partie enquête et découverte. Jouant sur une ambiance malsaine et glauque et s’amusant avec les codes du genre, il tient plus du thriller horrifique que du film d’horreur pur. Néanmoins, l’emploi du 8mm, l’enquête et le méchant bien charismatique font que ce film est fortement recommandable et demeure l’une des bonnes surprises de l’année 2012. Et en plus, Ethan Hawke est très bon dans son rôle, s’impliquant réellement. Bref, si le film ne fait pas peur, il instaure quand même un sentiment de malaise bien fichu.

Note : 15/20

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AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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