mars 7, 2021

Star Wars – Le Réveil de la Force – La Force Sceptique

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Titre original : Star Wars – Episode VII- The Force Awakens

De : J.J. Abrams

Avec John Boyega, Daisy Ridley, Oscar Isaac, Adam Driver, Mark Hamill, Harrison Ford, Carrie Fisher

Année : 2015

Pays : Etats-Unis

Genre : Science-Fiction

Scénario : J.J. Abrams, Lawrence Kasdan, Michael Arndt

Résumé :

Plus de trente ans après la bataille d’Endor, la galaxie n’en a pas fini avec la tyrannie et l’oppression. Les membres de la Résistance combattent les nouveaux ennemis de la république, menés par le leader suprême Snoke. À ses côtés, le jeune Kylo Ren dirige les troupes du « Premier Ordre » Dépassés, les résistants ont besoin de Luke Skywalker. Mais ce dernier se cache depuis bien longtemps. La résistance envoie son meilleur pilote, Poe Dameron, sur Jakku pour récupérer une carte qui les mènera à Luke. Mais l’arrivée de Kylo Ren et de ses soldats leur complique la tâche. Poe Dameron a juste le temps de cacher la carte dans son droïde BB-8 qui s’échappe de la bataille en traversant les déserts de Jakku. Il tombe sur une jeune femme nommée Rey, pilleuse d’épaves. Pourchassés par le Premier Ordre, ils vont recevoir l’aide inespérée de Finn, un stormtrooper en fuite.

L’Avis de Trasher:

Ça y est, on y est. Après des mois d’attente interminable pour certains, le voile se lève enfin sur le nouveau visage de la saga Star Wars. Dire que, depuis l’annonce du rachat de LucasFilm par Disney, ce nouveau film déchaîne les passions est un doux euphémisme. En effet, on ne compte plus les multiples débats entre les défenseurs de la prélogie et les puristes qui ne jurent que par la trilogie originale. Contenter l’intégralité des fans semble mission impossible tant les avis divergent entre ceux-ci. Mais l’on ne peut néanmoins pas reprocher à Disney d’avoir voulu faire les choses dans les règles de l’art pour ce septième opus, notamment en engageant Lawrence Kasdan, responsable du scénario de l’Empire contre-Attaque. Mais la firme aux grandes oreilles ne s’est pas arrêtée là, avec le choix de John Williams à la musique, des anciens (le trio HamillFisherFord), le retour d’un maximum d’effets spéciaux live (plus de gloubiboulga numérique indigeste). A la réalisation également, Disney a frappé fort en engageant un fanboy de la première heure car, après tout, qui mieux qu’un fan acharné pour imaginer ce que les fans du monde entier veulent voir.

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Il faut rappeler que Abrams est celui qui a donné un solide bol d’air frais à la saga Star Trek avec son reboot et sa suite, tout comme à la franchise Mission : Impossible dont il a réalisé avec brio le troisième opus. Mais tous ces éléments suffisent-ils pour faire un vrai bon Star Wars ? Alors, glorification ou peloton d’exécution pour Abrams ?

Le nouveau casting est plutôt convaincant ; tant Daisy Ridley (Scrawl) que John Boyega (Attack The Block) sont très bons dans leurs rôles respectifs. Le fait d’avoir choisi des acteurs principaux quasiment inconnus du grand public est une des grandes forces du film. A l’instar de la prélogie et ses stars (Ewan McGregor, Liam Neeson, Samuel L. Jackson ou encore Nathalie Portman), ici on a l’impression que les acteurs sont leurs personnages, pas qu’ils jouent un simple rôle parmi tant d’autres.

On regrette néanmoins que les personnages secondaires ne sont que très peu (voire pas du tout pour certains) exploités : c’est principalement le cas du Capitaine Phasma (Gwendoline Christie ; Game Of Thrones) que l’on voit à peu près 1min30 dans le film.

La star incontestable de ce film, c’est le nouveau méchant ; Kylo Ren (Adam Driver ; Girls) qui réussit à faire oublier complétement Dark Vador. Le personnage est des plus intéressants, notamment par rapport à ses émotions.

Les anciens par contre (Luke, Leia, R2-D2 et C3PO) n’apparaissent au final que très peu, seuls Han et Chewie bénéficieront d’un temps de passage plus qu’honorable ! Pour ceux qui craignaient que Han Solo ne soit « trop vieux pour ces conneries », qu’ils soient rassurés, ce n’est pas le cas ici.

Les effets spéciaux sont également une réussite. Si, depuis le début, on ne cesse de mettre en avant l’utilisation d’effets live plutôt que d’infâmes bouillies exclusivement numériques, il faut bien reconnaître que le résultat est des plus convaincants et donne raison à Abrams quant à l’utilisation de ces techniques old-school. Cependant, les effets numériques sont également somptueux, tout comme l’animation des personnages interprétés en motion capture : Snoke (Andy Serkys ; le seigneur des anneaux) et MazKanata (Lupita Nyong’o ; 12 Years a Slave)

L’humour est omniprésent, mais jamais dérangeant ni infantilisant. BB-8 et Han Solo étant systématiquement responsables des (nombreux) fous rires dans la salle.

Contrairement à ce que l’on pouvait craindre, le film n’est pas un simple fan service. S’il y a bien évidemment une bonne dose de clins d’œil (les échecs holographiques, le remake de la Cantina, les références aux événements de la Trilogie), Le réveil de la Force a SA propre histoire, la première partie notamment est exceptionnelle en matière d’innovation et de noirceur. On eût souhaité néanmoins que la seconde soit un peu plus aboutie et personnelle. Cet épisode garde néanmoins les codes narratifs de la saga, notamment dans sa quête du Héros (Joseph Campbell).

Mais si en effet le fait d’avoir caressé dans le sens du poil les Fanboys fait plaisir la première fois, il faut bien avouer que le contenu se révèle curieusement creux. Si l’on excepte une première partie de qualité, le soufflé retombe, la cause à un scénario parfois improbable (c’est quoi ce délire de la base Starkiller ? Attention Spoiler : la planète aspire l’énergie du soleil pour son arme destructrice : admettons. Mais il s’agit d’une planète, on ne peut donc pas la déplacer selon son bon vouloir… Une fois la totalité de l’énergie du soleil aspirée, on attend qu’il se recharge? La vie sur la planète en question est-il encore possible? FIN du Spoiler.)

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De plus, était-il utile de prétendre que l’intégralité du casting serait de la partie? Après tout, à part Han Solo et Chewie, on ne voit que très peu les autres. Le costume de Star Wars était sans doute trop grand pour Abrams qui n’a pas osé aller jusqu’au bout de son trip. Les clins d’œil, c’est sympa, mais ça manque cruellement de consistance. Star Wars VII n’est pas un film raté, loin de là, mais il promettait tant de choses dans ses trailers qu’une petite déception était quasiment inévitable. Mais maintenant que les hommages ont été faits à la saga, espérons que le côté nostalgique disparaîtra vite et que cette trilogie trouvera son identité propre.

Si l’on peut faire un autre reproche à ce film, c’est qu’il veut beaucoup trop en montrer et en fin de compte, 2h15 c’est beaucoup trop court pour tout raconter. Seul vrai point négatif du film, c’est la bande originale de John Williams qui se révèle curieusement inconsistante. La faute au mixage son? Nous verrons lors de l’écoute du CD.

Un petit mot sur la 3D pour finir qui se révèle de très bonne facture, à plusieurs moments, certains éléments viennent nous chatouiller la rétine (notamment le plan du destroyer qui crève littéralement l’écran).

Au final, Abrams a laissé de solides bases pour la suite d’une saga qu’on espère au moins aussi bien que cet Episode VII. Le passage de flambeau s’est fait d’une très belle manière. Le résultat final est quasiment inespéré tant les réactions négatives lors de l’annonce du rachat de LucasFilm par Disney avait fait débat en son temps.

Note : 13/20

L’Avis d’AqME

Matraquage marketing, des sabres laser de partout, des cartes à collectionner dans les supermarchés, des oranges avec le logo Star Wars, pas de doute, Disney a mis les bouchées doubles pour s’assurer un monde fou dans les salles et dès le mercredi de sortie. Et pourtant… le film ne fera que le douzième meilleur démarrage de tous les temps, loin, très loin derrière Spider-Man 3 de Sam Raimi. Alors pourquoi une telle déception dès le départ et un public aux abonnés absents ? Certainement l’attente du weekend et des vacances mais aussi et surtout que Star Wars, hormis les dessins animés ou les figurines, il n’y a plus grand-chose de vraiment cinématographique. Alors certes, cela appelle le vieux geek qui espère revivre sa découverte du premier film sur grand écran, mais Star Wars ne serait-il pas passé de mode ? Bien sûr que non et il est certain que dans sa globalité, le film fera un carton. Mais depuis son rachat avec Disney, que doit-on vraiment en attendre ? Pas grand-chose, si ce n’est un film bien fait, bien rythmé, mais qui ne prend aucun risque.

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Et ce sera là le principal problème du film. Si le départ est tonitruant, avec une première demi-heure de folie où les nouveaux personnages imposent une direction différente et salvatrice, le film se vautre lamentablement sur la suite, proposant tout simplement une resucée du quatrième épisode, Un Nouvel Espoir. D’un point de vue scénaristique, le film accumule les incohérences et les tares, tout en essayant vainement de se rattraper aux cordes du quatrième épisode, rappelant aux doux fans que J.J. Abrams essaye de satisfaire tout le monde. Seulement, caresser le fan dans le sens du poil ne fait pas un bon film pour autant, surtout quand le scénario contient quelques indigences et trouve l’excuse imparable du « ça fait quand même rêver et voyager ». Non, clairement, il en faut plus aujourd’hui qu’un simple travail de copie avec les effets spéciaux du moment. Et ce n’est pas quelques animatronics qui font faire passer la pilule.

D’ailleurs, le film est bourré de références, ce que l’on appelle aujourd’hui les Easter Eggs, aux films précédents et notamment aux épisodes IV, V et VI. Le spectateur ayant été nourri aux biberons lasers sera certainement heureux de voir autant de références au sein du film, mais ces clins d’œil se font sous l’apparence de gimmicks, comme pour excuser la nouveauté. Disney ne cherche pas à innover et préférer essayer l’excellence dans la redite, mais cela ne marche qu’à moitié. Et il est difficile de tenir un film sur des références non assumées, un peu comme l’a fait Jurassic World, annonçant d’entrée de jeu qu’il ne pourra jamais être aussi bon que le premier film. On a exactement cette même sensation de frustration et cette volonté de la part du réalisateur de ne jamais se surpasser pour offrir quelque chose de nouveau. Alors que l’on se rassure, le film est loin d’être mauvais, mais il ne va à l’encontre de rien et reste bien trop sur ses acquis, ciblant un public jeune, qui va adorer cet épisode. D’ailleurs, l’humour est un peu too much par moments, montrant l’orientation infantile que prend le métrage pas moment.

D’autant plus qu’hormis Chewbacca et Han Solo, les autres personnages de la première trilogie ne font que de courtes apparitions, ce qui n’est pas plus mal, puisque les nouveaux ont de grands potentiels. Notamment la mignonne Daisy Ridley, très naturelle et offrant un personnage attachant. John Boyega et Oscar Isaac ne sont pas en reste, mais ils sont plus effacés, ayant certainement plus d’importance dans les prochains films. Par contre, le gros ratage du film, c’est clairement son grand méchant Kylo Ren. Si ses origines sont plutôt bien vues, il n’arrivera pas à faire oublier Dark Vador. En fait, il n’est pas attachant et sa fissure psychologique aurait pu tenir la route si elle n’était pas clairement dite à voix haute durant le métrage. Symptomatique des films contemporains, on mâche tout le travail de réflexion aux spectateurs pour qu’il ne puisse pas réfléchir. De ce fait, le méchant n’est pas attachant et on ne ressentira aucune empathie pour lui, tant son avenir et ses actions sont téléphonés. Cependant, le manque d’émotion est assez flagrant dans tout le film et c’est un peu la patte de J.J. Abrams qui n’arrive pas à se démarquer des autres productions. Véritable blockbuster lambda, ce Star Wars ressemble à bien d’autres grosses productions et n’arrive pas à se détacher de cette image par sa réalisation, du fait du manque d’émotion et d’humanisme.

Alors que reste-t-il au film ? On aurait tendance à dire pas grand-chose, mais ce serait être de mauvaise foi, car le film possède tout de même quelques avantages. En premier lieu, la première demi-heure est une réelle réussite, parce qu’elle est innovante et propose vraiment quelque chose de frais. Ensuite, le rythme du film est très soutenu et on ne s’ennuie pas une seule seconde dans le métrage. D’un point de vue purement rythmique, J.J. Abrams gère son film d’une main de maître. Enfin, les décors demeurent somptueux, présentant de jolies planètes et invitant le spectateur à s’évader dans des contrées inconnues avec des extraterrestres aux designs intéressants. Si cela peut sembler être une maigre consolation par rapport aux défauts du film, on passe tout de même un bon moment devant ce Star Wars qui a le mérite de ne pas renier ses origines, bien au contraire.

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Au final, et malgré l’abattement médiatique du film, Star Wars le Réveil de la Force ne soulèvera pas les foules et il est justement en train de diviser grandement la critique. Beaucoup s’offusque de la direction prise par le film et de son manque d’engagement, alors que d’autres le trouvent vraiment formidable. En fait, cet épisode est une mise en bouche qui installe certainement une nouvelle mythologie et on attend d’autant plus le prochain épisode que l‘on espérera meilleur.

Note : 12/20

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AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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