mars 5, 2021

Sharktopus Vs Pteracuda – Le Ridicule Tue

076550

De : Kevin O’Neill

Avec Robert Carradine, Katy Savoy, Tony Evangelista, Conan O’Brien

Année : 2015

Pays : Etats-Unis

Genre : Nanar

Résumé :

Après la découverte de l’ADN d’un ptérodactyle, le Dr Rico Symes combine ce dernier à celui d’un barracuda, créant ainsi un monstre capable de terroriser terre, mer et air. Il perd le contrôle de sa créature et ne trouve qu’une solution ultime : lui opposer le nouveau Sharktopus. Un combat titanesque s’engage.

Avis :

Dans l’univers nacré des nanars contemporains, on trouve de tout, mais surtout n’importe quoi. Seulement, avec le temps et l’arrivée du numérique, on a perdu tout le sens du mot nanar. Petit budget, cinéaste amateur, effets spéciaux artisanaux avec trois bouts de ficelle, il fut un temps où le nanar devenait un genre à part entière, conquérant un public avide de bêtises crasses et de version française abjecte. Cet art ancestral visant la dernière lettre de l’alphabet s’est vu déchu dans les années 90/2000 avec l’arrivée au pouvoir du numérique. Les pixels ont commencé à remplacer le sirop de framboise et une certaine valeur sûre s’est envolée dans le néant. Et c’est avec plus ou moins de réussite que certaines boîtes ont fait du beurre avec des bestioles géantes s’attaquant à tout et n’importe quoi dans des lieux improbables. Indétrônable, le requin est le tueur préféré des compagnies low cost qui en ont fait un monstre capable de se faufiler partout. Souvent géant, dans la neige, dans le sable, dans des prisons, à Venise, avec deux ou trois têtes, le requin est devenu le monstre ringard par excellence. Alors quand il est mixé avec une pieuvre et qu’il combat un ptéranodon qui a forniqué avec un barracuda, ça donne n’importe quoi.

Sharktopus-Vs.-Pteracuda-trailer

Plus ou moins suite du premier Sharktopus, Sharktopus Vs Pteracuda est un nanar digne de ce nom qui ne fait absolument rien pour se faire pardonner. Le pitch de départ est tellement ridicule que le réalisateur s’en donne à cœur joie dans une débandade de conneries toutes plus grosses les unes que les autres. Dès le départ, on se doute bien que rien ne sera crédible, lorsque la jeune femme tient dans ses mains un bébé sharktopus et tente de l’élever dans un aquarium. Seulement, le film essaye tout de même de se justifier et de trouver des arguments pour avancer quelques théories fumeuses, ce dont il n’a absolument pas besoin. On sait pourquoi on regarde ce genre de film, nous n’avons pas besoin de critiques sociétales derrière. Parce qu’en effet, Sharktopus Vs Pteracuda tente de montrer le vice de l’argent, sacrifiant n’importe quel innocent pour avoir du fric, ou encore l’aveuglement face à la réussite personnelle. Tout ça n’est pas nécessaire, surtout que c’est très mal foutu, les acteurs ne pouvant véhiculer aucune émotion ou empathie tant ils sont mauvais.

On retrouvera aussi le sempiternel crédo autour du gouvernement qui fait des recherches inappropriées pour la guerre et un savant fou qui veut faire sa propre arme pour se faire du blé, mais cela n’est que le prétexte à un déluge de pixels qui pique littéralement les yeux. Profondément mal foutu, le film ne fait aucun effort sur ses effets spéciaux, allant même jusqu’à laisser des bugs de collision sur les créatures ou à montrer une mer digne d’un jeu de Playstation 2. C’est plutôt drôle, mais cela reste illisible et le spectateur est plus halluciné qu’autre chose devant tant de mépris et de marasme. Parce que même si c’est pour rigoler un bon coup, il faut garder en tête que le spectateur n’est pas forcément un débile profond et qu’il cherche peut-être des efforts dans la mise en scène ou dans les mises à mort. Et pour le coup, c’est la douche froide, car hormis des décapitations hideuses, on se retrouve avec que dalle et c’est assez triste. Le seul moment débile et drôle, c’est lorsque le présentateur Conan O’Brien se fait bouffer par le sharktopus et que des volleyeurs jouent avec sa tête sans s’en rendre compte. Clin d’œil sympathique, sauf que cette scène arrive comme un cheveu sur la soupe, petit saynète qui n’a pas trop de rapports. Et tout le film et comme ça, de petites scènes qui se succèdent sans trop de liant et avec des personnages ingrats.

On retrouve toujours les mêmes protagonistes, à savoir le soldat héros qui fut mercenaire mais qui est gentil au fond, la jolie héroïne qui cherche à se racheter, le savant fou prêt à tout pour récupérer sa créature, le marchand véreux qui fait tout pour le thune, bref, une galerie éculée qui n’apporte aucun mordant au métrage. En fait, et malgré le fait que le film soit divertissant ne s’arrêtant pas une seconde, c’est le manque d‘imagination autour des créatures qui est gênant. On crée deux bestioles à la con, mais rien autour n’est fait pour attirer le chaland ou pour sembler un petit peu original.

sharktopus-vs-pteracuda-13

Au final, Sharktopus Vs Pteracuda est bien évidemment un piètre film qui n’a pas vraiment d’arguments pour lui. Car si on lui retire sa crétinerie et son rythme frénétique, on tombe vraiment très bas, notamment en ce qui concerne les personnages et les effets spéciaux qui sont effarants. C’est un film qui rentre parfaitement dans la catégorie des nouveaux nanars, les volontaires, ceux qui assument leur statut mais qui n’arriveront jamais à la hauteur de ceux des années 80 où un esprit libertaire soufflait avec véhémence.

Note : 02/20

Image de prévisualisation YouTube

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.