septembre 28, 2020

La Mort en Tête – Sire Cédric

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Auteur : Sire Cédric

Editeur : Le Pré aux Clercs

Genre : Thriller

Résumé :

Le duo d’enquêteurs, à présent incontournable, Svärta/Vauvert est de nouveau sur la brèche. Comme toujours, ils traquent sans relâche les tueurs psychopathes mais cette fois ils sont eux aussi les proies de malfaisants.

Le suspens est à double sens, vous n’aurez pas une seconde de répit. Tout commence par la mort d’un enfant de huit ans au domicile d’un faux prêtre exorciste.

Le désenvoûtement a tourné au drame. Eva, enceinte d’Alexandre Vauvert, se rend sur les lieux. Depuis quelques jours déjà, elle se sent observée, une impression désagréable, ou mauvais pressentiment ?

Elle sait que le danger rôde même si les mois qui viennent de s’écouler ont été plus doux que d’habitude. Sa relation amoureuse avec Alexandre s’est installée, il vient tous les week-ends à Paris, ils s’aiment, ils sont heureux. Eva ne lui dit rien de son appréhension, elle préfère garder pour elle cette nouvelle angoisse.

Avis :

Depuis L’enfant des cimetières, Sire Cédric n’a cessé de nous emporter dans un univers à la lisière de la folie. Entre investigations policières et phénomènes paranormaux, il tisse au fil de ses livres une œuvre singulière proprement inquiétante. Ces quatre précédents romans étant d’une qualité exceptionnelle, La mort en tête devait poursuivre sur cette lancée sans grandes difficultés. Une simple formalité étant donné l’indéniable talent de l’auteur à nous conter les plus sombres récits. Seulement…

… Cette histoire est bien loin de faire l’unanimité. Si l’on reprend aisément ses marques en compagnie du duo fétiche de l’écrivain (Eva Svärta et Alexandre Vauvert), la suite des réjouissances s’avérera mitigé, voire décevante à certains égards. La raison ? Sire Cédric nous a habitués à jouer aux frontières des genres. Entre thriller et fantastique, il jonglait sur les deux genres avec brio. Cela définissait toute son originalité, le rapprochant d’un certain Clive Barker dans la violence et l’horreur. Or, l’intrigue qui nous intéresse nous plonge dans un polar pur et dur ou presque…

L’exorcisme qui dégénère en guise d’introduction avait pourtant posé d’excellentes bases pour s’épanouir sur les deux tableaux. Puis, l’on tombe rapidement dans le conventionnel avec un psychopathe qui prend pour cibles nos protagonistes. Certes, la progression se révèle dynamique avec des chapitres courts et un suspense de rigueur. Même le style d’écriture reste intact pour susciter quelques émotions sans pour autant procurer des frissons, comme dans les précédents livres. Mais les tenants et les aboutissants s’avèrent terriblement prévisibles avec des situations qui jouent en défaveur des personnages principaux.

Assez réaliste dans les méthodes policières et les comportements provoqués, la crédibilité de l’intrigue s’amoindrit face à un déluge de péripéties pas forcément nécessaires. À force de tirer sur la corde, la progression se concentre uniquement sur des événements subis avec quelques arguments plus ou moins plausibles pour relier tous les fils. Et le surnaturel ? Il faut atteindre les deux tiers du roman pour voir quelques phénomènes se produire. Explications non moins décevantes lorsque le bagage fantastique teinté d’ésotérisme demeure aux abonnés absents. Autrement dit, ceux qui apprécient particulièrement cet aspect dans l’œuvre de Sire Cédric en ressortiront amer, quelque peu lésés par l’enrobage.

Dommage, car l’on sent un réel effort pour faire évoluer les intervenants en bien ou en mal. Les caractères s’entrechoquent. La verve de Vauvert est présente tandis qu’Eva change sensiblement de comportement au vu de sa nouvelle situation. Les personnages secondaires vont en ce sens, mais les antagonistes sont moins bien lotis. La faute à des motivations bancales ou peu claires, ainsi que des réactions pas toujours opportunes. En revanche, le côté névrosé contraste avec des actes prémédités. Une manière habile et originale de déstabiliser le lecteur sur deux aspects aux antipodes. À savoir, l’imprévisibilité et la mûre réflexion qui deviennent complémentaires au lieu de se contredire.

Au final, La mort en tête demeure tout de même une déception. En d’autres circonstances, il aurait pu être un (très) bon thriller. Mené tambour battant sur un suspense et un rythme soutenus, le cinquième livre de Sire Cédric pâtit d’une trame trop conventionnelle au vu de son talent et de sa bibliographie. Mais l’on pestera surtout contre une absence plus qu’évidente de l’aspect fantastique/horrifique. Celui-ci contribuait majoritairement à développer la poésie macabre qui se répand des lignes. Dépourvu de la singulière atmosphère de L’enfant des cimetières ou Le jeu de l’ombre, La mort en tête manque d’originalité. Efficace, divertissant, mais qui pâtit d’un traitement trop classique pour un auteur de cette envergure.

Note : 13/20

Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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