J’ai Rencontré le Diable

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Titre Original : Akmareul Boatda

De : Kim Jee-Woon

Avec Byung-Hun Lee, Choi Min-Sik, Oh San-Ha, Chun Kook-Haun

Année: 2011

Pays: Corée du Sud

Genre : Thriller

Résumé :

Un agent secret recherche le serial killer qui a tué sa fiancée…

Avis :

« J’ai rencontré le diable » est le dernier film que Kim Jee-Woon a réalisé chez lui pour l’instant, puisque après le succès de ce film, il s’est fait courtiser par la Mecque d’Hollywood et il est parti réaliser « le dernier rempart« , un film qui devait signer le retour tant attendu d’Arnold Schwarzenegger.

Immense surprise, ce thriller est d’une noirceur absolue qui ferait pâlir de terreur un fantôme. Incroyable, violent, politiquement très incorrect, sadique, déchaîné, jubilatoire, « J’ai rencontré le diable » est l’une des confrontations les plus impressionnantes et prenantes du cinéma.

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Un soir d’hiver, quelque part non loin d’une ville, Ju-yeon a crevé une roue. Elle attend une dépanneuse qui n’arrivera jamais. Un homme, Kyung-Chul, va lui enlever la vie de la plus terrible des façons et découper son corps en morceaux. Ju-yeon était la fille du chef de la police aujourd’hui à la retraite. Elle était fiancée depuis peu à Soo-hyun, dont elle attendait le premier enfant. Soo-hyun est agent secret qui travaille pour l’état. Dévasté par la douleur et la haine, il se jure de retrouver le meurtrier de sa femme et de lui faire endurer mille souffrances avant de le tuer. Très vite, alors que la police piétine, il va retrouver l’auteur de ce crime. Commence alors entre lui et cet homme un affrontement qui pourrait bien lui broyer l’âme à tout jamais.

Décidément, le cinéma coréen regorge de films démentiels. Dans les films coréens ayant pour thème la vengeance, il est impossible de passer à côté du chef d’œuvre de Park Chan-wook, « Old Boy« . Mais depuis, même si le cinéma coréen n’a pas arrêté de proposer des films fabuleux, jamais l’un d’eux n’était arrivé à se hisser à la hauteur du film de Chan-wook. « J’ai rencontré le diable » est le film que je citerais comme une référence en la matière, car à bien des égards, ce film mérite tout autant de louanges que le film de Park Chan-wook.

« J’ai rencontré le diable » est un film comme l’on en voit que trop peu. Un film qui ne fait aucune concession, et ça qu’importent les conséquences et les belles paroles. La vengeance et faire justice soi-même c’est mal, mais le film s’en fout, il en fait même son sang, et il va partir plus loin que la limite ne le permet. Le scénario est extraordinairement sadique, riche en rebondissements, pointu dans son drame, incroyable dans son écriture. Les personnages sont à mille lieux de ce que le cinéma offre d’ordinaire. Quand on le regarde, on est oppressé, captivé, comme hypnotisé et il est impossible, une fois commencé, de penser à ne serait-ce que mettre pause. Ce film, c’est une chasse entre deux hommes, deux mondes, qui se rejoignent dans la haine et la violence. Traquant le meurtrier de sa femme comme une bête sauvage, s’amusant avec lui, le faisant souffrir, le relâchant volontairement pour mieux le trouver pour lui infliger sa sentence, le moins que l’on puisse dire, c’est que le rythme est intense. Le personnage est épuisé moralement et physiquement, mais ne lâchera rien de sa haine. Cet homme est le diable incarné et on le découvre très vite. Bluffant dans sa réalisation, Kim Jee-woon ne lâchera rien lui aussi de sa tension et de sa violence pendant pratiquement deux heures et demi. Résultat ? On en ressort les jambes coupées. On en ressort essoufflé, bouleversé, déboussolé, mal à l’aise, devant ce déchaînement de haine amoureuse.

Scénaristiquement, c’est donc la perfection, mais cette dite perfection ne s’arrête pas là, car elle est aussi présente à l’image. Une ambiance effroyable et ça dès les premières minutes avec un meurtre d’une violence inouïe et filmé de manière brutale. La lumière, le rythme, les cadres, les angles, les mouvements de caméra, le gore, le montage, la musique, tout est maîtrisé pour nous écraser et nous tenir devant. Kim Jee-woon nous a même concocté des scènes dont on va se souvenir. Celle du taxi est une leçon de mise en scène à elle seule. Celle d’ouverture aussi. Plusieurs affrontements sont incroyables et il y a ce final, qui m’a tiré les larmes, tant il est bouleversant, cruel et en même temps libérateur. Bref, on ne sait plus que faire avec nos émotions, tant « J’ai rencontré le diable » bouscule les codes de la société.

Puis enfin, « J’ai rencontré le diable » c’est l’affrontement entre deux immenses acteurs du cinéma coréen. Deux acteurs incroyables dans des rôles très opposés et qui se ressemblent en même temps. Byung-Hun Lee (qui est déjà l’acteur principal de « A Bittersweet Life« ) est magnifique dans le rôle de la vengeance au doux visage. L’acteur qui a peu de répliques exprime énormément avec sa gestuelle et son regard. Le diable quant à lui est incarné par le « Old Boy » en personne, Choi Min-sik. L’acteur tient là le rôle d’un meurtrier d’une froideur implacable. Impressionnant dans tous les sens, on aurait presque du mal à soutenir son regard.

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Bref, vous l’aurez compris, ce film est une bombe atomique! Une bombe à ne pas mettre devant tous les yeux et toutes les psychologies. Impeccable leçon de cinéma, Kim Jee-woon livre un film démentiel en tout point. Un film qui au cours de sa diffusion s’est magnifiquement élevé au rang de chef d’œuvre !

Note : 20/20

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Par Cinéted

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