Lythronax – The Architect

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Avis :

Il est assez décevant de voir comme il est difficile pour un groupe, même outre-Atlantique, de percer dans le milieu de la musique, surtout si ce dernier officie dans le métal. Genre souvent méprisé et exclu radicalement des ondes radios, c’est en cherchant sur internet ou en allant dans des petits concerts, que l’on trouve des formations fort intéressantes avec un son puissant ou tout du moins inhabituel. Et le domaine du Death Métal n’est pas en reste puisqu’il s’agit d’un sous-genre extrême qui n’est pas à la portée de n’importe quel quidam souhaitant se lancer à corps perdu dans une musique qui peut sembler violente et sans grand intérêt. Et Lythronax, qui est un petit groupe originaire de l’Oregon, ne fait pas exception à la règle. En faisant quelques recherches sur le net, on se rend compte que ce nom est celui d’un dinosaure, l’ancêtre du Tyrannosaure, mais aussi que le groupe ne jouit pas d’une réputation grandiloquente, bien au contraire, il faut aller dans les méandres du net pour trouver quelques éléments concernant le groupe. Sorti de manière indépendante, The Architect est le second effort du groupe qui fait dans le Death, le Brutal le Trash mais aussi l’Ambiant et l’Electro de temps à autre. Un groupe complet qui arrive à ne pas perdre de vue son objectif premier, cracher tripes et boyaux pour un cocktail détonant et étonnant.

Le skeud commence avec The Room, qui instaure d’entrée de jeu une ambiance assez malsaine. Quelques bruits de papiers froissés, un clavier qui livre des notes lugubres et lourdes, puis une voix gutturale surgit et les guitares saturées font leurs apparitions. The Room est là pour mettre à l’aise l’auditeur et le groupe y parvient avec aisance, mélangeant habilement des sonorités électro avec un death brutal bien senti. C’est réellement avec Hubris que le groupe prend son ampleur. Entre une batterie endiablée et des riffs très rapides et violents, le groupe ne laisse rien au hasard et envoie rapidement la sauce. Mais le plus intéressant c’est que la formation explore différent style de métal dans un seul titre. Et ce deuxième titre en est un parfait exemple. Passant du death au black avec un petit détour entre le trash et le djent, le groupe ne laisse rien au hasard et fournit quelque chose d’hybride, de long mais de terriblement bien construit et limpide. On aura même droit à une rupture électro qui calme le jeu avant de repartir dans des stratosphères de violence. On retrouvera le même schéma avec Altar of Concrete, un morceau qui démarre en trombe, à la limite du supportable, avant de devenir l’un des morceaux références de l’album. Si l’on doit trouver un petit défaut à l’album, c’est que certains morceaux se ressemblent parfois comme Ignis Fatuus ou The Architect, qui sont d’excellents titres, mais qui n’arrivent pas à se démarquer du reste, ce qui est dommage. Néanmoins, dans son ensemble, le groupe tient bien sa ligne de conduite et propose quelque chose de véritablement complet comme en atteste Denouement le dernier morceau, qui est tout simplement magistral.

Cependant, dans cet océan de virilité et de violence assumée (le début de The Summoning est tout simplement ébouriffant), on retrouve quelques pistes qui sortent totalement de l’album pour donner une pause bien méritée. En premier lieu, on trouvera A.P.D, un titre instrumental mais seulement électro. Vraiment lent, le morceau a le mérite de mettre très mal à l’aise alors qu’il n’utilise clairement que trois sons différents. Il se dégage de ce morceau une ambiance malsaine, presque hérétique, qui accroche pourtant l’oreille. Ensuite, on trouve aussi The Sea, une œuvre d’une simplicité sidérante qui calme de suite. Un bruit de mer au loin, une petite guitare lancinante, et le tour est joué, on se retrouve au bord de l’océan, une nuit de pleine lune, à regarder l’horizon. C’est d’une beauté implacable et le groupe démontre qu’il peut aussi faire des choses poétiques et calmes, bien plus proche d’un métal progressif, avec quelques sonorités discordantes qui n’entachent en rien la mélancolie qui se dégage du morceau, mais qui montre bien que nous sommes dans un album de métal et pas face à une ballade comme une autre. Pour une production indépendante, The Architect est excellemment bien produit et bien foutu, avec un son flamboyant.

Au final, The Architect, le dernier effort de Lythronax, est un excellent album de Death Métal à tendance Ambiant et Progressif. Un album qui pourrait sembler froid et trop violent, mais qui pourtant détient de vrais pépites et profite d’un mélange adéquat et mixé avec précision. Il est dommage de Lythronax galère tant pour avoir des auditeurs et des fans, car le groupe en vaut vraiment la chandelle et livre une prestation digne des plus grands groupes de ce genre.

  1. The Room
  2. Hubris
  3. Altar of Concrete
  4. P.D.
  5. The Architect
  6. Ignis Faatus
  7. Avowal of Contrition
  8. The Sea
  9. The Descent
  10. The Summoning
  11. Denouement

Note : 17/20

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Par AqME

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