Meantime

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De : Mike Leigh

Avec Tim Roth, Alfred Molina, Marion Bailey, Phil Daniels

Année: 1983

Pays: Angleterre

Genre: Drame

Résumé:

La famille Pollock vit dans une banlieue grise et pauvre de Londres. Le père et les deux fils sont au chômage, et tous tentent de survivre à l’ennui et au désœuvrement.

Avis :

« Be Happy« , « Another Year« , « Vera Drake« , « Secrets et mensonges« , cela fait maintenant plus de quatre décennies que le talentueux et discret Mike Leigh officie sur nos écrans et c’est toujours avec plaisir. Et tout en étant discret, le petit gars originaire de Manchester a réussi à s’imposer comme l’une des plus belles valeurs de l’Angleterre.

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L’Angleterre est au plus mal. Les chiffres du chômage ne cessent de grimper en flèche. La famille Pollock n’est pas épargnée. Le père et le fils aîné n’ont pas d’emploi et tuent le temps comme ils le peuvent. Colin, le plus jeune de la famille, est handicapé mental. Il erre dans les rues grises et sans saveur d’une des banlieues de Londres. Chacun à sa manière essaie de survivre en attendant des jours meilleurs.

Difficile d’écrire quelques lignes sur « Meantime« , tant je suis resté tout le temps en dehors de ce film. « Meantime« , c’est le portrait d’une Angleterre touchée par un chômage de masse sous le régime de la dame de fer, Margaret Thatcher.

Mike Leigh a toujours su capter les ambiances et c’est ce qui fait la petite « force » de ce film. Si beaucoup de choses m’ont énormément déplu et ennuyé, je dois dire que le réalisateur a su capter l’ambiance triste et sans vie de l’existence d’une partie de la population dans les années 80. Alors dans ce sens, le film est réussi, c’est indéniable, on pourra au moins lui laisser ceci.

Car pour la suite, le portrait de ces personnages n’est absolument pas touchant. Ce portait est très brouillon, très agaçant et surtout, il donne dans le misérabilisme, alors qu’il n’en avait pas vraiment besoin. L’ambiance est très lourde d’emblée et dès les premières images, on comprend que l’on ne va pas se marrer, alors pourquoi avoir enfoncé le clou plus loin, alors même que l’atmosphère de la ville et le contexte de l’époque suffisaient amplement ?

Mettre en scène un quotidien, sans vraiment d’intrigue, est assez compliqué. Mais venant de la part de Leigh, on avait franchement de quoi espérer un film tout en subtilité, comme il l’a si souvent fait. Mais malheureusement, ici, je suis resté sur le bas-côté à regarder le bus passer.

Pour que le film fonctionne, avec un tel contexte, il aurait fallu au moins que Mike Leigh nous donne des personnages qui soient quelque peu attachants, pour nous donner envie de les suivre à travers leurs malheurs, leur morosité, leurs incertitudes face à cet avenir indécis. Mais là, à aucun moment on arrive à s’attacher à eux. C’est même le contraire qui se passe puisqu’on les rejette en bloc. Incapable de se parler normalement, ils ne font que s’engueuler pour rien et se chercher des poux en permanence, si bien qu’on finit par se demander ce qu’ils peuvent bien faire ensemble et à la fin, ça devient terriblement agaçant, surtout qu’ils sont méchants les uns envers les autres. D’ailleurs, plusieurs scènes où les parents s’engueulent ne font pas avancer les choses. Au contraire, ça enfonce encore un peu plus le film et le rejet qu’on en fait.

Et cette misère va plus loin encore. Le sentiment de rejet et la peur de l’avenir se faisant sentir, le film tombe (comme souvent dans la vraie vie) dans les extrêmes. Ainsi, on aura le droit à du racisme, de l’indignité, de l’intolérance et de la misogynie. Bien entendu, c’est une vision des choses et ça peut aller avec le contexte de l’époque et sa difficulté (aujourd’hui par exemple, avec la monté du FN, on en a encore une fois la preuve), mais on aurait aimé plus de subtilités, d’écriture et de rythme de la part du réalisateur, car ici, tout parait gratuit et comme le ton donné sur la misère est déjà bien lourd, le film n’avait pas besoin de ça en prime.

Autre petit point avec lequel j’ai eu beaucoup de mal, les comédiens, enfin du moins les personnages qu’ils incarnent. Si Tim Roth joue les attardés à merveille, si Gary Oldman est très bien en skinhead, si Pam fait parfaitement le gueule, les réactions des personnages les uns envers les autres restent un mystère.

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Je ressors très déçu de « Meantime » et d’autant plus déçu que c’est la première fois que je ressors comme ça d’un film de Mike Leigh. Lourd, méchant pour rien, plus il avance et moins on accroche avec ces personnages, si bien qu’on finît par guetter les minutes interminables qui nous délivreront de ces personnages insupportables. De « Meantime« , on en retiendra que l’ambiance de cette ville presque déserte.

Note : 06/20

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Par Cinéted

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