décembre 2, 2020

The Corrs – White Light

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Avis :

Parmi les influences les plus fortes dans le domaine musical, le folklore celtique pourrait s’imposer comme une référence pour beaucoup de groupe. En effet, si on retrouve toujours une trace dans les groupes originaire d’Irlande, on retrouve ces sonorités particulières chez d’autres groupes, notamment dans le domaine du métal symphonique ou encore de certains chants nordiques. On a moins l’habitude de l’entendre dans de la pop, et pourtant, au tout début des années 90, un groupe fit son apparition, The Corrs, composé de trois sœurs et un frère (moins chevelu que les Hanson), utilisant de façon adéquate un fond celtique pour le faire découvrir au public. Ironie, c’est en Australie que le groupe cartonne en premier avec le tube Runaway. Le succès fut ensuite mondial et les racines irlandaises n’y étaient sûrement pas pour rien. Après seize années, le groupe décide de prendre une pause, qui durera dix ans et qui permettra au groupe de faire des projets solos, pour revenir cette année avec White Light, le sixième effort de la formation. Et en cette période de grise mine musicale où juste le buzz et le succès comptent, que donne cet album ? A-t-on droit à des consonances irlandaises ? Avons-nous un album pop frais et intéressant ? Le résultat est mitigé.

Le skeud commence vraiment très mal. I Do What I Like est une musique tout ce qu’il y a de plus pop et sans intérêt. Le plus surprenant est que le groupe n’affiche clairement pas ses origines et propose même une batterie électro qui n’a aucun sens. Et du coup, non seulement le titre ne marque pas les esprits, mais en plus de cela, il accuse dix ans de retour en matière de pop. Très clairement, jusqu’à la moitié du skeud, on sera vraiment très déçu de ce que produit et offre le groupe. Entre ballades déjà entendues un milliard de fois comme Bring me the Night ou encore Kiss of Life, ou encore des titres pop acidulés comme Unconditionnal que l’on a l’impression d’avoir déjà entendu. Alors tout n’est pas foncièrement mauvais et on pourra tout de même apprécier les différents instruments qui vont venir ponctuer les chants, comme le piano ou encore quelques relents de violons, mais tout cela est enfoncé bien profond autour d’un marasme pop qui ne prend aucun risque. De ce fait, il y a de quoi être inquiet pour la suite de l’album qui va réussir le tour de force d’être beaucoup mieux que le tout début. Comment ? Tout simplement en incluant plus de folklore, délaissant les sonorités faussement électro et gentillet et essayer de fournir autre chose tout en gardant l’esprit irlandais qui caractérise le groupe.

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A partir de Ellis Island, une ballade qui pourrait sembler anecdotique au départ, le groupe commence enfin à se lâcher et à prendre les devants pour changer les choses dans son album. Le piano et la voix de la chanteuse principale sont en osmose et il se dégage vraiment quelque chose de ce titre qui semble être une clé de voute de l’album. Sans être vraiment apparent, on ressent vraiment les origines irlandaises du groupe et on s’imagine aisément les plaines vertes ouvertes au vent le long des côtes. Le summum étant atteint avec Gerry’s Reel, un titre uniquement musical, sans parole, et qui est une ode à l’Irlande et à ses chants ancestraux. Très traditionnel, le titre est subtil, dynamique, beau et touchant et offre enfin ce que l’auditeur était venu chercher. C’est une bouffé d’air frais qui donne envie de bouger les jambes comme dans les danses folkloriques. Et c’est très intelligent de la part du groupe de fournir ça en 2015, montrant clairement qu’ils ne céderont pas facilement aux appels du pied de la pop commerciale. La suite s’inscrit dans quelque chose de plus folk et de plus réussi, à l’image de Stay et de sa guitare sèche entrainante ou encore Harmony, une ballade sublime et qui pourrait facilement s’introduire dans un film médiéval. C’est beau, c’est touchant, c’est pur et pour une fois, ça ne pue pas la superficialité.

Au final, White Light, le dernier album de The Corrs et le premier depuis la reformation, ménage la chèvre et le chou sans faire trop de choix imposant. Mettant en avant une première partie très pop et insignifiante, le groupe remonte la pente avec une seconde moitié folklorique, belle et énergique, qui démontre que le groupe est loin, très loin du monde mercantile de la musique pop. Un album qui n’est pas parfait mais qui reste néanmoins sympathique.

  1. I Do What I Like
  2. Bring on the Night
  3. White Light
  4. Kiss of Life
  5. Unconditional
  6. Stange Romance
  7. Ellis Island
  8. Gerry’s Reel
  9. Stay
  10. Catch me When I Fall
  11. Harmony
  12. With me Stay

Note : 12/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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