octobre 1, 2020

L’Hermine

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De : Christian Vincent

Avec Fabrice Luchini, Sidse Babett Knudsen, Eva Lallier, Corinne Masiero

Année : 2015

Pays : France

Genre : Drame

Résumé :

Michel Racine est un Président de cour d’assises redouté. Aussi dur avec lui qu’avec les autres, on l’appelle  » le Président à deux chiffres « . Avec lui, on en prend toujours pour plus de dix ans. Tout bascule le jour où Racine retrouve Ditte Lorensen-Coteret. Elle fait partie du jury qui va devoir juger un homme accusé d’homicide. Six ans auparavant, Racine a aimé cette femme. Presque en secret. Peut-être la seule femme qu’il n’ait jamais aimée.

Avis :

Diplômé de l’institut des hautes études cinématographiques (IDHEC), Christian Vincent est un réalisateur français plutôt discret et qui pourtant présente de manière très régulière de nouveaux projets. Césarisé en 1990 dans la catégorie meilleure première œuvre pour « La discrète« , le réalisateur a depuis tourné pas moins de onze films, dont les sympathiques, « La Séparation » ou « Quatre étoiles« . Après un retour moyennement accueilli avec « Les saveurs du palais« , Christian Vincent revient en compagnie de l’inimitable Fabrice Luchini en président de cours d’assise.

« L’hermine » est le petit film qu’on n’attendait pas vraiment et dont on ne savait que trop en penser à la découverte de sa bande-annonce. Jonglant entre une histoire d’amour perdu et un film de procédure, le nouveau Christian Vincent s’annonçait joli sans pour autant être affolant. Sans être un essentiel de cette année de cinéma, Christian Vincent a réalisé un petit film inégal, mais qu’on regarde sans ennui, avec un soupçon d’instruction et de divertissement. En fait, on peut dire de « L’hermine » que c’est de son inégalité que naît sa surprise.

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Michel Racine est un président de cour d’assise que chaque prévenu et avocat redoute. Ses condamnations sont si sévères qu’il est surnommé le « président à deux chiffres », car avec lui, tout le monde en prend pour minimum de dix ans. Froid, dur et intransigeant, il va voir son quotidien chamboulé lors de son nouveau procès. Alors qu’il s’apprête à juger un homme qui a tué sa petite fille de trois mois à coup de pied, dans le jury choisi, il va retrouver Ditte Lorensen-Coteret, une femme dont il est tombé amoureux, il y a quelques années.

Comme dit plus haut, « L’hermine » est un film appréciable, mais étrangement inégal. La bande-annonce laissait présager de jolies retrouvailles entre deux personnages, dans un contexte effroyable, puisque l’on va assister au procès d’un homme qui a tué (ou non) sa petite fille. La bande-annonce laissait entrevoir que le film serait bien plus axé sur la relation assez ambiguë entre Monsieur le président et ce membre du jury choisi totalement au hasard.

Alors dans un sens, le film de Christian Vincent nous donne parfaitement ce qu’il promettait dans sa bande-annonce. Mais étrangement, dans « L’hermine« , c’est cette relation que la bande-annonce met trop en avant qui sera le moins intéressant dans le film. Tout en étant jolie, cette relation sera très survolée et presque anecdotique dans tout ce contenu et si le but était de toucher le spectateur avec ces deux personnages, alors ce sera loupé, car elle ne sera pas le plus intéressant du film. Même si elle offre de beaux moments emmenés par de beaux dialogues et des silences qui en disent long, elle ne sera pas aussi fouillée, détaillée et riche que le procès sur lequel le Président Racine va statuer.

Belle surprise de « L’hermine« , l’affaire sur laquelle on arrive est passionnante. Christian Vincent nous offre un film très procédurier, avec un rythme assez lent et pourtant, jamais on s’ennuie, tout est intéressant, instructif. La façon de choisir les jurés, leurs débats, leur implication ou non, le poids qui pèse sur eux, etc. « L’hermine« , de ce côté, est totalement juste, crédible et réussi. On appréciera énormément la complexité du personnage de l’accusé. Ce père de famille est bouleversant et l’on reste pendu aux lèvres des différents témoins qui se succèdent. Ce qui est particulièrement bien fait et appréciable, c’est que « L’hermine » nous met à la hauteur du jury et l’on écoute attentivement des témoins, mais aussi le président et les différents avocats pour essayer de découvrir la vérité. Cet homme a-t-il tué sa fille? Le doute règne en permanence, on est au plus près du jury et les débats qu’il va avoir en dehors de la salle de la cour d’assise sont très bons. Les questions sont posées, les éventuelles preuves analysées, cette affaire rebondit tout le temps, et Christian Vincent, tout en subtilité, garde le mystère entier, même après le procès.

Du coup, on se régale avec ce procès, mais on retombe aussi avec cette histoire d’amour perdu, jamais vécu, qui va venir plomber le récit, puisque même si elle reste jolie, elle nous sort de ce procès et à notre grande surprise, on aurait préféré que tout le film soit dédié au procès. C’est assez étonnant comme ressenti.

Inutile de préciser que Fabrice Luchini fait des merveilles dans la peau du Président Racine. Il compose un juge tout en retrait, sensible et impliqué à la fois. Un juge dur et tendre une fois le rideau tombé. Le casting qui l’accompagne est plus ou moins affiché. On sera bouleversé par la composition de Victor Pontecorvo en accusé qui nie avoir tué sa petite fille. L’acteur n’a presque pas de répliques et pourtant, il est incroyable passionnant et touchant. C’est une superbe révélation. On appréciera l’humour toujours aussi décalé de Corinne Masiero. Et enfin, on sera envoûté à défaut d’être touché, par la « rayonnante » Sidse Babett Knudsen.

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« L’hermine » est donc un bon film, très appréciable. Il reste très intéressant à découvrir. Alors qu’il nous promettait une histoire d’amour pleine de non-dits (ce qu’il offre), c’est bien sûr avec son procès et toute sa procédure que le film tient son spectateur.

Note : 14/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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