Ill Nino – Epidemia

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Avis :

Il est difficile de faire son choix aujourd’hui dans les groupes de Nu Métal qui ont bercé notre adolescence, du moins pour les presque trentenaire comme moi. En effet, après des albums percutants et novateurs, comme l’ont fait Limp Bizkit, Korn ou encore Chimaira, il est triste de voir comment les groupes ont tourné de nos jours. Soit ils ont pris un tournant vers l’électro en essayant des mélanges pas toujours intéressants, soit en revenant aux bases, mais cela ne fait plus vendre. C’est alors qu’arrive le tour du groupe Ill Nino. D’origine américaine mais avec un frontman brésilien, le groupe avait su fournir un premier skeud percutant, violent et très intéressant. Ainsi est né le groupe avec Revolution/Revolucion puis plus tard avec Confession, qui sera plus accessible. Mais depuis 2008, le groupe perd peu à peu de son ambition et livre trois albums très décevants. Après un stand by d’une année, le groupe revient aujourd’hui avec Epidemia, un album qui semble renouer avec les fondamentaux qui ont fait leur succès et qui annonce peut-être le renouveau de leur groupe mais aussi du Nu Métal. Alors qu’en est-il vraiment ? Le groupe continue-t-il dans sa mauvaise lancée ? Surfe-t-il sur la vague du zombie pour faire vendre un produit imbuvable ? Moi, je me laisserais bien tenter pour une petite épidémie.

Le premier constat que l’on voit quand on regarde la jaquette et la playlist, c’est qu’il n’y a que 10 pistes pour une écoute d’un peu plus de 37 minutes. C’est court mais cela peut-être présager un skeud agressif, ne faisant pas dans la dentelle. Et c’est ce qui arrive en effet. Avec The Depression, l’album commence très fort, balançant des riffs percutants et ravageurs et laissant augurer le meilleur pour la suite. Et on sera gâté avec des morceaux comme Only the Unloved ou encore Eva, qui sont des morceaux rappelant les premiers albums du groupe, alternant phases violentes et phases plus calmes. On sent aussi une volonté de revenir au fondamentaux avec La Epidemia, le premier tube du groupe, qui va voir du côté du hardcore, avec un duo avec le chanteur de Emmure. Bref, on pourrait dire que tout cela est très bon et que le groupe s’est enfin décidé à revenir vers les origines de son succès. D’ailleurs, certains morceaux comme Demi God ou Death Wants More sont vraiment percutants, malheureusement, il réside un petit je ne sais quoi qui dérange dans l’ensemble. En effet, les morceaux sont toujours basés sur la même structure est cela devient relativement lassant au fur et à mesure des écoutes. Autre point important, les percussions latines si intéressantes dans les premiers albums disparaissent presque entièrement dans ce skeud, et ne sont qu’anecdotiques. D’ailleurs, on pourrait facilement les enlever que personne ne s’en rendrait compte ! Enfin, on pourra toujours se jeter sur la piste Escape, véritable moment de violence et de grâce dans les chants clairs. Au niveau des guitares, on retrouvera très peu de solos clairs, la volonté étant de faire rapide et agressif, ce qui fonctionne à merveille, rappelant par moments des groupes cultes comme Sepultura ou encore Soulfly.

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Au niveau du chant, Ill Nino se démarquait des autres groupes avec un mélange d’espagnol et d’anglais, qui n’était pas si dégueulasse que ça. Qui n’a pas hurlé dans sa chambre Revolution/Revolucion ou encore I am Loco du premier album. Dorénavant, on comptera les chants en espagnol sur les doigts de la main. En effet, surement pour ratisser plus large, le groupe délaisse la langue de Cervantès pour celle de Shakespeare. C’est assez dommage car cela donner des intonations particulières et savoureuses. Néanmoins, le chanteur, Cristian Machado a fait d’énormes progrès vocaux. Alors que les chants hurlés et gutturaux n’étaient pas trop son fort, préférant les parties claires et lancinants, il revient ici comme un bon gros thon et assure une voix grave et puissante. Le titre La Epidemia est d’ailleurs là pour s’en assurer et rassurer aussi le public. On pourra aussi entendre quelques jolis gargarismes dans Escape. Bref, on sent que le monsieur s’est entrainé pour parfaire ce chant. Autre point important, le chanteur arrête les effets vocaux qui trainaient sur le premier skeud et revient dans une version plus sobre et plus attrayante comme l’atteste le futur hit du groupe Forgive Me Father.

Au final, Epidemia, le sixième et dernier album de Ill Nino n’est pas si mal foutu que cela. Agressif, percutant et revenant vers une base plus saine, le groupe remonte une pente qui s’annonçait difficile à gravir. Néanmoins, les chansons restent sur le même schéma et une certaine lassitude pointe le bout de son nez après plusieurs écoutes. Il en résulte un album sympathique mais pas inoubliable, annonçant surement un retour encore plus fracassant. Le Nu métal n’est pas mort et ça me fait rajeunir tout cela !

  1. The Depression
  2. Only the Unloved
  3. La Epidemia
  4. Eva
  5. Demi God
  6. Death Wants More
  7. Escape
  8. Time Won’t Save you
  9. Forgive me Father
  10. Invisible People

Note : 14/20

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