Mortel Transfert

12270009_1196378973708843_311925392_n

De : Jean-Jacques Beineix

Avec Jean-Hugues Anglade, Hélène de Fougerolles, Miki Manojlovic, Valentina Sauca

Année : 2000

Pays : France, Allemagne

Genre : Policier

Résumé :

Michel Durand, psychanalyste, mène une vie somme toute banale. Ses journées s’écoulent dans la torpeur feutrée de son cabinet entre les petites plaintes d’une professeur de mathématiques chahutée, les fureurs d’un éjaculateur précoce et les récits sadomasochistes d’Olga Kubler, une perverse kleptomane. Mais cette dernière, alors que son médecin est assoupi, se fait étrangler sur le divan.

Que s’est-il passé ? Qui a tué l’épouse du promoteur escroc, Max Kubler ? Pourquoi Michel Durand a-t-il si mal aux avant-bras ? Peut-on commettre un assassinat en dormant ? Trêve de questions. Il faut se débarrasser du corps. Et vite. Car le commissaire Chapireau mène l’enquête et Max Kubler recherche sa femme…

Cette course délirante, dans laquelle Michel est entraîné malgré lui, le mène dans un monde, où rêve et réalité se confondent et où meurtres et fantasmes le disputent à toutes les perversions.

Avis :

Jean-Jacques Beineix, dans le paysage du cinéma français, est un ovni à lui seul. Cette année, il fête ses trente ans de carrière et le moins que l’on puisse dire, c’est que le réalisateur se fait rare (seulement six films), pour ne pas dire anonyme, depuis près de quinze ans maintenant, puisqu’il n’a rien réalisé depuis ce film justement.

12273015_1196379147042159_1658050885_n

Michel Durand est un psychanalyste qui mène une vie tout à fait banale. Enfin, ça c’est jusqu’à ce qu’il accepte Olga Kubler, une patiente à tendance soumise et provocatrice. Olga aguiche son psy, tout en confessant la confusion de son mal de vivre. Le psy ne sait comment réagir face à cette cliente particulière. Il décide alors de parler de ces séances si spéciales à son psy. Un soir, alors qu’Olga est allongée sur le divan, Michel s’endort et tout en écoutant les discours d’Olga, rêve que son mari l’assassine. Mais à son réveil, il retrouve Olga morte sur son divan. Que s’est-il passé ? Comment prévenir la police quand tout le désigne comme coupable ? D’ailleurs, peut-être est-il l’auteur de ce crime. Il décide donc de se débarrasser du corps.

La bande-annonce laissait présager un sacré thriller et à la place de ça, il s’agit d’un film intéressant de par son visuel, et parfois très drôle dans l’absurdité des situations dans lesquelles se retrouve le personnage de Jean-Hugues Anglade, mais ça s’arrêtera là.

Avant d’aborder l’ennui, le scepticisme et les doutes qui m’ont envahi, j’ai plutôt envie de parler des bons éléments qui se trouvent dans ce « Mortel transfert« . Car oui, même si je suis passé totalement à côté, je dois dire que Jean-Jacques Beineix a quand même un sacré coup d’œil. « Mortel transfert » est un film dément visuellement parlant. C’est un film truffé de bonnes idées et si l’on prend certaines scènes totalement à part, on peut dire que le film referme des éléments incroyables. Jean-Jacques Beineix impose un vrai style, une vision assez unique et une lumière lugubre remarquable.

Autre élément de taille, c’est l’humour que détient le film. C’est entre absurdité totale et burlesque que Beineix essaie de nous entraîner dans cette histoire et j’avoue que le film m’a plus d’une fois fait sourire. Beineix joue très bien avec l’humour et apporte des situations parfois très malsaines, comme une scène dans un cimetière, que j’ai trouvé très plaisantes dans leur grand n’importe quoi. Beineix me bouscule et c’est très bien.

Enfin, dernier point fort, les comédiens. Même si je n’ai pas été réceptif et touché par les personnages, je dois dire que les acteurs sont très bons, particulièrement le couple Hélène de Fougerolles et Yves Rénier qui sont au top, dans le genre je t’aime moi non plus. On notera aussi dans un petit rôle l’excellente Catherine Mouchet qui se trouve être le seul personnage attachant de l’histoire, alors qu’elle n’est qu’une patiente parmi tant d’autres.

Mais en dehors de ces gros points forts, il reste quoi ? Et bien pas grand-chose. Même si tous les points développés plus haut sont très plaisants, un film, c’est aussi une histoire et l’histoire que nous raconte le réalisateur ne fonctionne pas. A force de vouloir faire dans l’absurde et chercher le style de son film, comédie, thriller ou drame, Jean-Jacques Beineix se perd et nous ennuie. Le scénario est complément tiré par les cheveux. Plus l’intrigue évolue et moins on voit où le réalisateur veut nous emmener. De plus, l’histoire installe un faux mystère qui n’offre aucun suspens. J’ai eu beaucoup de mal avec le propos aussi. Quand on regarde ce film, on a la vague impression que le réalisateur nous explique que la plupart des femmes ont besoin de souffrances pour atteindre le nirvana et j’ai franchement du mal avec cette vision des choses.

12285707_1196379903708750_677449546_n

Moi qui espérais passer un moment aussi beau et fort que « Roselyne et les Lions« , j’en suis revenu. « Mortel Transfert » est un film que j’ai suivi, tout en restant en permanence à côté. Si j’ai rigolé parfois, la plupart du temps, c’est la question du pourquoi qui hantait mon esprit. Que s’est-il passé en l’espace de dix ans pour que Jean-Jacques Beineix passe du chef d’œuvre de trois heures à celui-ci, qui fait passer ses deux heures comme cinq ? Comme je le disais en début, je suis on ne peut plus déçu. J’espère que les autres films du réalisateur ne sont pas du même acabit. Bref, « Mortel Transfert« , malgré les bons points, reste un film à oublier.

Note : 06/20

Image de prévisualisation YouTube

Par Cinéted

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Facebook : Lavisqteam.fr – Contact: lavisqteam@laposte.net