octobre 29, 2020

The Bastard Executioner Saison 1

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D’Après une Idée de : Kurt Sutter

Avec Lee Jones, Katey Sagal, Stephen Moyer, Flora Spencer-Longhurst

Pays : Etats-Unis

Genre : Drame, Historique

Résumé :

Au XIVème siècle, sous le règne d’Edouard II, alors que des révoltes font rage au nord du Pays de Galles, un chevalier du nom de Wilkin Brattle, abîmé par les ravages de la guerre, voit sa vie prendre un nouveau tournant, quand un messager divin lui demande de rendre son épée. Ivre de vengeance après un énième drame, il se glisse dans la peau d’un bourreau, guidé dans sa quête de vérité par Annora, une mystérieuse guérisseuse aux motivations obscures. Il doit également faire face à Milus Corbett, un chambellan fourbe et ambitieux, qui n’hésite pas à le manipuler.

Avis :

Réalisateur de séries à succès, Kurt Sutter est un homme actif, aussi bien à l’écriture que derrière la caméra ou devant. Créateur de deux séries majeures, The Shield et Sons of Anarchy, il était évident que son prochain projet était attendu comme le messie, voire même comme une réponse. Une réponse à Game of Thrones qui détient le pouvoir absolu sur les séries de Fantasy ou même moyenâgeuse. Ainsi, tout en étant complètement différent, The Bastard Exeutioner promettait beaucoup de choses, dont un univers violent et sanguinaire. Mais la loi des séries est implacable et c’est seulement après une saison que le show s’arrête, faute d’audience, mais aussi et surtout faute de dynamisme et de cohérence au sein même de la première saison qui compte dix épisodes.

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L’histoire de cette série raconte l’épopée d’un homme laissé pour mort sur un champ de bataille. Devenu alors cultivateur d’orge, il défie l’ordre du baron en tuant les précepteurs qui abusent sur les prix. Un beau jour, il rentre d’un combat et se rend compte que le baron a pillé le village et assassiné toutes les personnes présentes, dont sa femme enceinte. Annora, la guérisseuse du village, lui confie alors comme mission d’intégrer le château en tant que bourreau afin d’assouvir sa vengeance auprès des soldats du baron. Mais Wilkin, notre héros, va être confronté au Chambellan qui le reconnait et l’utilise pour manipuler la baronne et faire main basse sur le pouvoir.

Bien plus intime et humain que les Game of Thrones, on sent directement que les deux séries ne jouent pas sur le même terrain. En termes d’écriture, The Bastard Executioner demeure très brouillon d’entrée de jeu. Affichant une équipe de villageois rebelle qui sera vite réduite, la série prend un ton réaliste du point de vue gore, mais délaisse parfois ce réalisme au profit d’un lyrisme qui n’est pas forcément bienvenu, puisqu’il annonce des retournements de situation qui frôlent parfois la pirouette scénaristique. Rien de bien grave en soi, sauf que l’on sent certaines failles dans l’écriture, chose qui n’était pas forcément présente dans les Sons of Anarchy, hormis peut-être sur les deux/trois premiers épisodes, qui installaient une ambiance particulière. Ici, la série tire trop en longueur et affichera bien trop de similitude avec la série précédente du créateur, allant même jusqu’à donner un rôle similaire à sa femme.

Ensuite, la série manque effectivement de cachet. Il faut comprendre par là que la série fait brut et manque très souvent de finesse dans la réalisation (on a souvent des caméras tremblotantes), mais aussi et surtout dans le décor. On reste figé en Angleterre et les termes employés pour désigner les différents comtés se ressemblent et il est parfois difficile de s’y retrouver. Certes, c’est sûrement du chipotage, mais même Game of Thrones demeure plus clair alors qu’il y a une pléiade de personnages et de lieux. On notera aussi un manque flagrant de charisme chez le héros. On est bien loin de Jax et Opie et on aura du mal à s’attacher à ce bourreau qui fait cela par dépit, au risque de perdre la raison, attendant le bon moment pour assouvir sa vengeance.

Mais tout n’était pas mauvais dans cette première saison et on sent qu’il fallait laisser un peu plus de temps à la série pour se développer. Tout d’abord, chaque personnage est ambigu. On sent un réel travail sur les backgrounds de chaque protagoniste mais en plus, ils ont tous leur part d’ombre, leurs intérêts et il n’y a pas vraiment de chevaliers blancs. A titre d’exemple, le chambellan (excellent Stephen Moyer, ce qui est plutôt incroyable) est détestable dès le départ, mais il va paraître plus complexe sur la fin. La même chose se produit avec la baronne ou encore le préfet, qui possèdent une dichotomie fluctuante et finalement très humaine. On appréciera aussi les fulgurances gores de la série, n’hésitant pas à tuer femme et enfant, et essayant de retranscrire au mieux la barbarie de l’époque, avec des têtes mal coupées ou des couteaux qui ne se plantent pas forcément sur la tempe. Enfin, difficile de ne pas voir le pamphlet religieux de la série, qui serait devenu un brûlot sulfureux concernant la religion catholique. En effet, Kurt Sutter évoque les templiers ainsi que les séraphins, groupe descendant directement de Jésus et ne correspondant pas au catholicisme imposé. Il est dommage que la série n’ait pas le temps d’exploiter au mieux ce thème, y ajoutant aussi une note de tolérance lorsqu’un juif et un maure se rencontrent.

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Au final, The Bastard Exceutioner n’est pas une si mauvaise série que cela et ne mérite peut-être pas son annulation au bout d’une toute petite saison. Certes, il y a beaucoup de défauts, avec notamment des redites par rapport aux séries précédentes de Kurt Sutter, et il manque clairement un souffle épique, mais il y a aussi pas mal de bonnes choses qui auraient pu donner un tournant différent à la série et la faire devenir plus intéressante. C’est un coup d’épée dans l’eau mais cela permettra sans doute au créateur de se concentrer sur le spin-off des Sons of Anarchy, se focalisant sur les Mayans.

Note : 13/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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