Billy Elliot

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De : Stephen Daldry

Avec Jamie Bell, Julie Walters, Gary Lewis, Jamie Draven

Année : 1999

Pays : Angleterre

Genre : Drame

Résumé :

Dans un petit village minier du Nord-Est de l’Angleterre, Billy, onze ans, découvre avec stupeur qu’un cours de danse partage désormais les mêmes locaux que son club de boxe. D’abord effaré, il devient peu à peu fasciné par la magie de la gestuelle du ballet, activité pourtant trop peu virile au regard de son père et de son frère Tony, mineurs en grève.
Billy abandonne les gants de cuir pour assister discrètement aux leçons de danse professées par Mme Wilkinson. Repérant immédiatement un talent potentiel, elle retrouve une nouvelle énergie devant les espoirs que constitue Billy.
Les frustrations larvées explosent au grand jour quand son père et son frère découvrent que Billy a dépensé l’argent consacré au cours de boxe pour des cours de danse.
Partagé entre une famille en situation de crise et un professeur de ballet têtu, le jeune garçon embarque alors dans un voyage à la découverte de lui-même.

Avis :

Stephen Daldry est l’une des plus belles surprises que le Royaume-Uni nous ait offerte ces quinze dernières années. En très peu de films, le réalisateur a su se créer une belle réputation, en offrant à chaque fois d’excellents films. On notera aussi qu’il a même offert deux Oscars à deux actrices plus que talentueuses, puisque Nicole Kidman l’a reçu pour le second film de Daldry, « The Hours« , et Kate Winslet l’a gagné pour le bouleversant « The Reader ».

Mais bien avant d’offrir ces deux films que je considère aussi comme des chefs d’œuvre, il a bien fallu commencer quelque part. Toute carrière a un début et celle de Daldry, après un court-métrage, commence ici et quel début ! Alors autant vous le dire immédiatement, devant « Billy Elliot« , je perds toute objectivité, tant ce film a été un bouleversement pour moi !

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1984, Nord-Est de l’Angleterre, dans une petite ville, Billy est un jeune garçon de onze ans. Ayant perdu sa mère, il vit avec son père et son frère aîné. La vie n’est pas au plus beau fixe, puisque son père et son frère, travaillant dans les mines, sont en grève depuis des semaines pour essayer, avec les syndicats, d’imposer au patronat et au gouvernement de Margaret Thatcher le maintien de plusieurs mines. Billy, loin de tous ces problèmes, est partagé entre l’école et ses cours de boxe imposés par son père. Un an après, les grévistes réquisitionnent la salle de danse de Madame Wilkinson. Cette dernière est donc obligée, avec l’accord de l’entraîneur du club de boxe, de donner ses cours dans la salle d’entraînement des garçons. Alors que Billy, après une défaite, est tenu par son coach de s’entraîner plus tard que les autres, il va se laisser fasciner par cette expression corporelle et sans vraiment savoir pourquoi, il se laisse entraîner et envahir par la danse. Mrs Wilkinson découvre alors chez lui du talent et le pousse toujours plus loin. Billy, alors en est sûr, il veut devenir danseur étoile, mais comment faire ? Comment avouer cette passion naissante à son père et à son frère, qui viennent de ce milieu d’ouvrier macho, fermé et plein de préjugés ?

Ce que j’aime tout d’abord dans « Billy Elliot« , c’est son histoire et la façon très anglaise qu’a Stephen Daldry de nous raconter ce petit parcours passionnant et passionné. Bien souvent, on réduit « Billy Elliot » à un simple film sur un gamin qui veut être danseur étoile dans un monde de macho, mais c’est faux. Si bien entendu cette ligne rouge est le sang du film, Stephen Daldry va beaucoup plus loin et pousse son scénario sur plein d’autres sujets. Derrière les cabrioles de Billy, le film parle de la plus grande grève jamais tenue en Angleterre. Il parle de la difficulté des mineurs qui sont restés une année complète à tenir, ou du moins essayer, face au gouvernement de Thatcher. Il parle des rivalités entre les mineurs et les jaunes, ceux qui « trahissaient » la cause et retournaient travailler. Le film aborde aussi, et de très belle manière, l’homosexualité à travers le regard des enfants. Rarement un film aura été aussi juste, sincère et pudique de ce côté-là. « Billy Elliot » parle aussi de l’éveil des sentiments ou de cette passion que le jeune homme n’arrive pas à contrôler et à comprendre vraiment. Le film parle du passage de l’enfant à l’adolescent, peut-être même du passage à l’âge adulte. Puis il aborde aussi le deuil, l’effort, la confiance en soi ou encore les compromis, l’esprit de famille et le don de soi pour le bonheur de ses enfants. Bref, « Billy Elliot » est loin d’être le simple film de danse que beaucoup croient. Il aborde des sujets très durs et d’actualité. Ce qui est aussi parfait, c’est que malgré les sujets durs que le film aborde, il garde un côté très lumineux, plein d’espoirs, de drôlerie et d’espièglerie, un peu comme si tout le film était parcouru par le regard d’un enfant.

Pour un premier film, en plus de se mettre des bâtons dans les roues en ne cherchant pas la facilité pour son histoire, Stephen Daldry s’est mis pas mal de contraintes pour la réalisation et tout fonctionne très bien. Fluide, rythmé (la bo année 80 est terrible), très bien éclairé avec de bons décors et une ambiance des années 80 très bien reconstituée, Daldry assure à chaque minute et ça jusqu’au bout de son film. Les scènes de danse sont extraordinaires, quelque peu maladroites et en même temps parfaitement maîtrisées, elles communiquent beaucoup de passion au spectateur. La conquête sociale est très réussie, et parfois, on sent même une vraie tension, comme si le film pouvait déraper avec les scènes d’émeute et d’affrontement avec la police.

Enfin, « Billy Elliot« , c’est bien sûr Jamie Bell qui apparaît pour la première fois à l’écran et malgré le fait que l’acteur a une belle carrière depuis, le rôle lui va tellement qu’il restera à jamais Billy Elliot. Stephen Daldry l’avait casté car le jeune garçon était très bon danseur, et le réalisateur nous a révélé un très bon acteur, touchant, tendre, émouvant, plein de vie et de danse. Bref, il porte le film sur ses petites épaules et l’on ne voit que lui, malgré les excellents comédiens qui sont derrière comme Julie Walters, Gary Lewis, Jamie Draven et Stuart Wells.

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« Billy Elliot » fait donc partie des claques de ma vie de cinéphile et ça, dès le générique de début. Fabuleux moment de cinéma tout en simplicité, alors qu’il est bien plus complexe qu’il n’en a l’air, « Billy Elliot » est un film indémodable. Ce film, c’est une bouffée d’air frais qui fait du bien, surtout en cette période si sombre. Stephen Daldry, en un film, a tout compris au cinéma et depuis il n’a cessé de prouver encore et encore son talent.

Note : 20/20

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Par Cinéted

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