décembre 2, 2020

Fenêtre sur Cour

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Titre Original : Rear Window

De : Alfred Hitchcock

Avec James Stewart, Grace Kelly, Wendell Corey, Thelma Ritter

Année: 1954

Pays: Etats-Unis

Genre: Thriller

Résumé:

A cause d’une jambe cassée, le reporter-photographe L. B. Jeffries est contraint de rester chez lui dans un fauteuil roulant. Homme d’action et amateur d’aventure, il s’aperçoit qu’il peut tirer parti de son immobilité forcée en étudiant le comportement des habitants de l’immeuble qu’il occupe dans Greenwich Village. Et ses observations l’amènent à la conviction que Lars Thorwald, son voisin d’en face, a assassiné sa femme. Sa fiancée, Lisa Fremont, ne le prend tout d’abord pas au sérieux, ironisant sur l’excitation que lui procure sa surveillance, mais finit par se prendre au jeu…

Avis:

Après avoir tourné quelques films de nouveau en Angleterre, Alfred Hitchcock est de retour au Etats-Unis au début des années 50. Le réalisateur qui jouit déjà d’une réputation et d’une admiration incroyable, entre alors dans la période de sa carrière que beaucoup qualifieront comme l’apogée. En l’espace de très peu de temps, alors que le réalisateur avait déjà proposé de sacrés chefs d’œuvre, il va imposer film sur film des œuvres qui deviendront des classiques presque instantanément, comme « La corde« , « Le grand alibi« , « L’Inconnu du Nord-Express« , « Le Crime était presque parfait« , « Fenêtre sur cour« , « Sueurs froides« , « La Mort aux trousses« , « Psychose« , « Les oiseaux« , bref, en l’espace de très peu de temps, Hitchcock qui avait déjà marqué l’histoire du cinéma.

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Jeff Jefferies est un grand photographe qui n’hésite pas à prendre des risques pour avoir le cliché qu’il faut. Mais cette fois-ci, il est allé un peu trop loin et lors d’une course sur un circuit automobile, il s’est retrouvé gravement blessé à la jambe. Cet accident lui vaut quatre mois de plâtre. Il est donc immobilisé chez lui. Pour Jeff, cette immobilité est une horreur, alors pour s’occuper, il a commencé à espionner ses voisins. Armé de ses jumelles ou du zoom de son appareil photo, il espionne les différentes vies qui l’entourent. Un soir, l’un de ses voisins, à cause d’un comportement étrange, va aiguiser sa curiosité. Ce voisin fait des allers retours bien étranges par une nuit d’averse et le lendemain sa femme a disparu. Jeff est presque sûr que ce voisin a tué sa femme. Mais comment le prouver ? Il va alors demander de l’aide à Lisa Carol Fremont, sa petite amie, et à Stella, son infirmière à domicile. Ensemble, ils vont essayer de trouver des preuves pour espérer résoudre le mystère concernant le voisin d’en face.

J’avais une vague idée de quoi parlait ce film, j’y suis donc entré avec le minimum d’informations et la découverte fut vraiment excellente et l’intrigue ô combien passionnante. Le scénario, même s’il est quelque peu simpliste, est terrible. D’entrée de jeu, je me suis laissé prendre dedans et Hitchcock m’a emmené jusqu’au bout de son film sans aucune longueur. Bien écrit, bien raconté et magnifiquement filmé, j’ai pris un petit plaisir presque malsain à espionner ces voisins, cherchant celui qui allait avoir le petit truc en plus. Celui qui allait forcément nuire à autrui et une fois que l’intrigue est lancée, alors le réalisateur nous entraîne dans une enquête étrange, mystérieuse, faite de petites choses, de petits éléments, de comportements et c’est terrible à analyser. Car l’analyse est une grande force du film d’Hitchcock. Filmé pour beaucoup de manière subjective, le réalisateur nous place directement à la place de son héros coincé sur son fauteuil roulant et il nous invite en plein dans son suspens, dans sa curiosité et son angoisse. Les dernières scènes sont vraiment bien fichues du côté de l’angoisse et des conséquences de certains actes.

« Fenêtre sur cour« , c’est un film qui est tout simplement impressionnant du point de vue des décors et de la photo. Comme le réalisateur n’arrivait à avoir la photo qu’il désirait dans un environnement naturel, il a donc recrée ces immeubles et ces appartements en studio. A l’époque, ce décor fut donc l’un des plus grands jamais crée et à l’image, l’illusion est incroyable. A aucun moment on ne peut deviner le subterfuge, tout est parfaitement impeccable et les images, la photo et les couleurs, particulièrement le soir et les couchers de soleil, sont magnifiques ou encore le noir de cet appartement d’en face avec cet homme qui fume un cigare. Bref, encore une fois, Hitchcock façonne l’image et c’est beau et bon.

Hitchcock retrouve pour ce film des comédiens avec qui il avait déjà tourné. Pour le premier rôle, il l’offre à James Stewart qui compose très bien le personnage de ce journaliste désemparé par sa situation. L’acteur joue l’intrigue et le doute à merveille, mais sait aussi de temps à autre être drôle face au quotidien de ses voisins. Le réalisateur retrouve aussi son actrice du  » Crime était presque parfait« , la magnifique Grace Kelly qui a un rôle drôle, plein de charme et troublant, presque onirique. La première scène de son personnage est si étrange qu’elle m’a lancé sur une fausse piste. L’actrice est magnifiquement mise en lumière par le réalisateur, si bien que chacune de ses apparitions est un rayon de beauté aussi captivant qu’il crève l’écran. Pour si bien la filmer et la mettre en valeur, on peut se dire qu’Hitchcock devait en être amoureux. On appréciera beaucoup la pétillante Thelma Ritter qui joue l’infirmière de Jeff. L’actrice apporte une touche de drôlerie dans chacune de ses scènes. Enfin, filmé de loin, Raymond Burr, le fameux voisin, est presque flippant. Hitchcock a su le rendre angoissant, ne le filmant presque pas, le dissimulant dans l’ombre et c’est génial.

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Hitchcock a encore une fois fait ce qu’il a voulu de moi et même si « Fenêtre sur cour » ne sera pas dans mon top du réalisateur, car d’autres m’ont laissé totalement ko, il n’en reste pas moins que le réalisateur britannique a fait un très grand film. Un film passionnant, un peu comme un huis-clos assez inédit. Un film angoissant, mystérieux, où l’enquête et les personnages sont géniaux.

Note : 18/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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