octobre 27, 2020

Hunger Games – La Révolte Partie 2 – Révoltant

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Titre Original : The Hunger Games – Mockingjay: Part 2

De: Francis Lawrence

Avec Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson, Liam Hemsworth, Woody Harrelson

Année: 2015

Pays: Etats-Unis

Genre : Science-Fiction, Action

Résumé :

Alors que Panem est ravagé par une guerre désormais totale, Katniss et le Président Snow vont s’affronter pour la dernière fois. Katniss et ses plus proches amis – Gale, Finnick, et Peeta – sont envoyés en mission pour le District 13 : ils vont risquer leur vie pour tenter d’assassiner le Président Snow, qui s’est juré de détruire Katniss. Les pièges mortels, les ennemis et les choix déchirants qui attendent Katniss seront des épreuves bien pires que tout ce qu’elle a déjà pu affronter dans l’arène…

Avis :

Saga devenue culte pour un bon nombre d’adolescents, Hunger Games s’est rapidement imposé comme le mètre étalon du teen movie contemporain. Il faut dire que cette saga est la première à sortir sur grand écran, annonçant une flopée de petits frères avec plus ou moins de réussite. Et pour ceux qui doutent encore de l’impact de Hunger Games sur le Teen Movie s’inspirant de la littérature, il suffit de regarder Le Labyrinthe, The Giver, Divergente ou encore Twilight. Seulement, à la différence de pas mal d’adaptations de bouquins, Hunger Games avait la particularité de parler d’un sujet assez lourd, celui de la domination d’un peuple par un régime totalitaire et de la naissance d’une figure emblématique pour la rébellion. Sauf que derrière tous ces bons sentiments, la saga se perd complètement, essayant d’aseptiser l’ensemble pour plaire à un maximum de jeunes ados. Le résultat est réussi du point de vue des producteurs qui s’en sont mis plein les fouilles avec cette saga, mais il est plutôt morose du côté des cinéphiles.

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Deuxième partie de la Révolte, ce quatrième volet a, à peu de choses près, autant de valeur que son prédécesseur, c’est-à-dire pas grand-chose. Le film précédent était un pur vol, offrant une intrigue tenant sur dix minutes et s’étirant sur deux heures d’un film bavard et très immature dans son propos et dans sa critique de la société du voyeurisme. Celui-ci va essayer de brasser d’autres thèmes, délaissant de côté le trio de réalisateurs, passant au second plan, pour montrer aux jeunes personnes que la notion de bien et de mal est assez floue. Mais ce qui aurait pu être intéressant et relativement intelligent ne l’est pas du tout, offrant un récit manichéen qui laisse peu de place à la réflexion et qui enfonce des portes ouvertes avec un final attendu et sans surprise. De ce fait, dans son fond, le film ne va pas au bout des choses et continue d’être politiquement correct, lisse, pour n’offrir qu’un spectacle attendu et non un spectacle dont on a besoin.

Mais le film échoue aussi dans son intrigue principale. Puisque le fond est relativement niais, peut-être que le film se suit avec intérêt grâce à des sous-intrigues intéressantes. Mais là encore, c’est la douche froide puisque le film est vide et se résumé à une marche semée d’embûche vers le Capitole pour buter le président. Et les sous-intrigues sont tellement vaines, voire inexistantes, que le film nous répète trois ou quatre fois son enjeu principal, à travers un écran télé, pour ne pas que le spectacle, dans un état proche de léthargie profonde ne s’endorme. Du coup, le film ne tient pas son public sous tension, hormis lors d’une scène dans les égouts, qui se rapproche de The Descent de Neil Marshall, tant on sent un certain malaise, attendant une menace invisible. Mais c’est une bien maigre consolation pour un film qui s’apitoie sur le trio amoureux qui casse les bonbons depuis le début, dans lequel Katniss ne sait qui choisir. On aura droit à toutes les discussions superflues sur l’amour et qui choisir et l’ensemble sera perclus d’incohérences et de choix hasardeux. Mais les adolescentes seront sûrement contentes de ce point de vue-là, puisque c’est clairement ce public qui est visé. Néanmoins, pour essayer d’apporter un peu de mixité dans le film, on aura droit à un passage sulfureux et une prise de conscience que lever une armée de rebelles et faire la guerre peut couter la vie à des gosses. Cela arrive bien trop tardivement et ne sera absolument pas exploité, ce qui est une grossière erreur, car cela aurait pu amener une réflexion beaucoup plus profonde sur la notion de guerre, de terrorisme et de guérilla.

Enfin, Hunger Games ne se démarque absolument pas des autres blockbusters du même genre. Outre l’aseptisation de l’ensemble avec une absence totale de sang (alors qu’un mec se fait exploser), la réalisation n’est pas marquante et l’objet filmique devient vraiment quelque chose d’impersonnel. Francis Lawrence ne trouve à aucun moment un plan intéressant ou iconique et il utilise parfois des poncifs du genre, comme un paysage verdoyant, pour combler le vide qui parsème son métrage. Mais il faut reconnaître que le cinéaste a enfin laissé tomber la shaky cam lors des scènes d’action, les rendant ainsi plus lisibles. Malheureusement, les trois scènes d’action du film sont toutes identiques, à savoir un couloir avec deux angles, l’un derrière la file des personnages les suivant et l’autre devant, les faisant arriver. Il y a une réelle répétition de ces scènes et on sent vraiment un manque d’idées pour innover un petit peu. Alors déjà qu’il est difficile de s’attacher à l’héroïne tant elle semble indestructible, même en étant vulnérable (elle passe beaucoup de temps sur un lit d’hôpital), et qu’elle tire la gueule tout le long du métrage, on ne peut même pas se rattacher à la réalisation.

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Au final, Hunger Games La Révolte Partie 2 est une amère déception, qui termine cette saga de la pire des façons. Long, bavard, interminable, pas forcément beau, ce dernier tome signe la fin de quatre films qui ne méritent pas le succès obtenu. Et c’est peut-être le moment de se poser la question sur ce que doit être un film pour adolescents. Doit-on garder les sentiments niais qui baignent tous les films de ce style ? L’aseptisation est-elle obligatoire ? Et surtout, tous ces films doivent-ils se ressembler ? Bien entendu, tout cela est une histoire de pognon et non de cinéma, mais à quoi ressembleront les cinéphiles de demain s’ils ne sont nourris qu’à ça ?

Note : 06/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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