octobre 29, 2020

Weezer – Everything Will Be Alright in the End

Weezer_-_Everything_Will_Be_Alright_In_The_End

Avis :

Fondé au début des années 90, Weezer est un groupe californien qui allie le rock alternatif avec ce que l’on qualifie maintenant de pop power. Mais qu’est-ce que le pop power ? Il faut croire que cela combine la musique pop (entendez par cela, la musique dégueulasse et commerciale) avec un soupçon de rock, puisant dans des riffs de guitare. Rien de bien méchant donc, sauf que cette pop power a le mérite d’utiliser de vrais instruments et non pas des redondances électroniques que l’on entend déjà énormément à la radio, tellement que l’on a envie de se taper la tête contre les murs. Sauf que Weezer, si l’on enlève le tube retentissant Island in the Sun, garde plus son aspect rock que son aspect pop, ce qui en fait un groupe relativement majeur de la scène rock américaine. A tel point que certains groupes comme Deftones avouent trouver de l’inspiration en écoutant Weezer. Sauf que depuis le tube précité, le groupe n’a pas eu le succès escompté, ou tout du moins, n’a pas réussi à franchir les barrières imperméables de la radio ou des chaînes de télé spécialisées. Everything Will Be Alright in the End est le neuvième album du groupe et c’est en écoutant ce skeud que l’on regrette amèrement que cette barrière radiophonique ne laisse passer que la merde, comme un k-way qui laisserait passer l’eau.

Le skeud commence avec Ain’t Got Nobody et il sera assez représentatif de l’album dans sa globalité. Alliant des riffs de gratte relativement pêchus avec une ambiance festive et un chant plutôt pop, le groupe arrive à combiner tout ça dans une osmose pertinente et énervante. Le plus intéressant est que le groupe livre tout de même des partitions assez lourdes, presque proche du Hard Rock, tout en arrivant à rester en équilibre sur un fil invisible pour ne pas tomber dans quelque chose qui n’a pas de sens. Cette structure fragile va se poursuivre avec les trois morceaux suivants, qui restent assez similaires. Back to the Shack est un peu plus rythmé, un peu plus rock, que le morceau précédent, mais on reste sur une structure similaire où il n’y a pas beaucoup de variations, mais on entend bien toute la technicité du guitariste. Eulogy for a Rock Band et Lonly Girl sont du même acabit, alternant encore une fois un rock teinté de pop par du tout désagréable, bien au contraire. Mais le plu dommage dans tout cela, c’est que lorsque l’on voit les qualités techniques du groupe, on ne peut qu’être en colère contre eux, se demandant pourquoi ils ne délaissent pas ce côté pop pour fournir une musique plus rock, plus rentre dedans et moins conventionnelle. Certes, on aura quelques passages un peu punk, mais cela reste trop discret. D’autant que certains titres sont un peu en deçà du reste, à l’image de Da Vinci ou The British are Coming, qui détient quand même un joli solo.

WEEZER-2014

Mais bizarrement, une fois ce ventre mou passé, l’album délivre toute sa quintessence avec pas moins de cinq morceaux bien plus rock et plus intéressants que tout le reste du skeud. Cela commence avec Cleopatra, qui, à ses débuts, semble être un titre transparent et dans la veine de ce que fournit le groupe habituellement. Sauf qu’en son milieu, les riffs deviennent plus lourds, bien plus chargés et Weezer livre une nouvelle facette de sa musique, plus hard. On retrouvera cette sensation avec Foolish Father, un titre sombre, bien plus complexe que les autres titres et avec une structure plus recherchée, ce qui se voit sur la durée, puisque le morceau dépasse allègrement les quatre minutes. Et si sur les deux morceaux précédemment cités la guitare prend une toute autre dimension avec des solos très intéressants montrant une technicité incroyable, le groupe touche le firmament avec la trilogie de fin, The Futurescope. Découpé en trois parties, le titre a de quoi énerver puisque l’on peut entendre toute la qualité du groupe, faisant du rock, du vrai, avec deux parties ne comportant que de l’instrumental, et on peut se demander pourquoi le groupe ne suit-il pas plus souvent ce crédo, pouvant rivaliser avec les plus grands groupes de rock du moment.

Au final, Everything Will Be Alright in the End, le dernier album de Weezer, est une bonne surprise car le groupe trouve un bon équilibre entre pop et rock, même si on sent qu’il serait bien meilleur uniquement dans le rock. Il en résulte un album plaisant, assez varié, et qui possède une dernière partie excellente, délaissant justement le côté pop, pour montrer un talent de guitariste ébouriffant, agaçant l’auditeur qui se dit que finalement, Weezer, ça pourrait être encore mieux. Bref, un album sympathique dans la veine de ce que propose le groupe depuis maintenant plus de vingt ans.

  1. Ain’t Got Nobody
  2. Back to the Shack
  3. Eulogy for a Rock Band
  4. Lonely Girl
  5. I’ve Had It Up to There
  6. The British are Coming
  7. Da Vinci
  8. Go Away
  9. Cleopatra
  10. Foolish Father
  11. The Futurescope: I. The Waste Land
  12. The Futurescope: II. Anonymous
  13. The Fuurescope: III. Return to Ithaca

Note: 15/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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